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Notre aspiration, notre appel,

notre désir d’une vie authentique

consiste à voir la vérité

de ce que nous sommes vraiment,

à voir que la nature de notre Être est unité et amour,

et non l’illusion d’un « moi » séparé

auquel notre souffrance s’accroche.

C’est à partir de cette prise de conscience

que la Vie peut affluer en nous,

l’Inconditionné se manifestant librement

sous la forme de notre corps conditionné.

 

Et quelle est la voie ?

Apprendre à accueillir tout ce que la vie nous apporte.

Apprendre à prendre soin

de tout ce qui peut faire obstacle au flux naturel

d’une vie plus ouverte

et considérer ces mêmes obstacles

comme la voie de l’Éveil.

Envisager ainsi toutes ces fabrications mentales,

les images de soi, la réserve,

l’autoprotection, les peurs,

les jugements sur nous-mêmes, le blâme :

tout ce qui nous sépare du flot naturel de la vie.

 

Et quelle est la voie ?

Cesser de toujours chercher l’agréable

et d’éviter le désagréable.

S’ouvrir à la possibilité de simplement Être,

dans l’instant, exactement tel qu’il est.

Ne plus se laisser si facilement piéger

par les pensées obsessionnelles.

La pratique consiste à s’éveiller

à notre véritable nature :

n’être personne de spécial,

n’avoir nulle part où aller,

simplement Être.

 

Nous sommes tellement plus que ce corps,

que ce petit drame personnel.

Quand nous nous accrochons à la peur, à la honte et à la souffrance,

nous oublions de rendre grâce à la vie

qui nous vient de l’Être.

 

Alors, à cet instant précis,

en quoi sommes-nous attachés à nos opinions ?

En atténuant les jugements incessants de l’esprit,

nous éveillons le cœur

qui ne demande qu’à être éveillé.

 

Et quand le voile de la séparation se lève,

la Vie se déroule simplement, comme il se doit.

N’étant plus piégés dans un rêve égocentrique,

nous pouvons faire don de nous-mêmes,

comme un oiseau blanc dans la neige.

 

Le temps passe très vite, abandonnez votre réserve.

Goûtez à cette précieuse vie.

 

Ezra Bayda

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– ‘Quand nous faisons de la douleur un ennemi, nous la solidifions.

Et cette résistance est le point de départ de notre souffrance.’

 – ‘Nous devons d’abord comprendre que notre douleur et notre souffrance

sont vraiment notre voie, notre maître.’

 

«  En général, nous n’avons pas très envie d’avoir affaire à la douleur. La plupart des êtres vivants partagent cette aversion. Il semble que ce soit un élément naturel et même intelligent dans le processus de l’évolution. Pourtant, les êtres humains semblent être les seules créatures à pouvoir transformer leur douleur en ce que l’on appelle communément ‘souffrance’. Imaginez que votre conjoint vous quitte. Il y a en vous un vide très douloureux, lourd de peur et de nostalgie. Les croyances ne cessent d’affluer : ‘Personne ne sera jamais là pour moi’, ‘Pourquoi la vie est-elle si dure ?’, ‘À quoi tout cela sert-il de toute façon ?’ Bien entendu, votre impulsion naturelle est de refuser de rester en contact avec ce vide douloureux fait de rejet et de solitude. Il y a évidemment souffrance. Comment la douleur est-elle devenue souffrance ? Que se passe-t-il réellement dans l’instant ?

Ou bien imaginez que vous vous réveillez en ayant mal partout. Les jours deviennent des semaines et les semaines deviennent des mois, tandis que la douleur et le mal-être sont de plus en plus débilitants. L’esprit hurle, aspirant au répit : ‘Pourquoi cela m’arrive-t-il ?’, ‘C’est trop dur !’, ‘Que va-t-il m’arriver ?’ Il y a, naturellement, une grande résistance à la douleur physique et au mal-être, et il y a de la souffrance. Mais comment la douleur est-elle devenue souffrance ? Que se passe-t-il réellement dans l’instant ?

Le processus commence avec notre tendance naturelle à éviter la douleur. Il s’agit là d’une réalité : nous n’aimons pas la douleur. Nous souffrons parce que nous conjuguons notre aversion instinctive pour la peur avec la croyance profonde que la vie ne devrait pas être douloureuse. Cette croyance nous fait résister à la douleur et nous renforçons ainsi précisément ce que nous essayons d’éviter. Quand nous faisons de la douleur un ennemi, nous la solidifions. Et cette résistance est le point de départ de notre souffrance.

Comme nous l’avons dit, quand nous ressentons de la douleur, nous résistons presque toujours immédiatement. À l’inconfort physique, nous ajoutons très vite une épaisseur de jugements négatifs : ‘Pourquoi cela m’arrive-t-il ?’, ‘Je ne peux pas le supporter’, etc. Que nous exprimions ces jugements à voix haute ou non, nous y croyons vraiment, ce qui renforce leur force dévastatrice. Au lieu de les voir comme un filtre greffé sur la situation réelle, nous les acceptons sans les remettre en question, comme une vérité. Cette croyance aveugle en ce que disent nos pensées solidifient encore davantage notre ressenti physique de la douleur et lui donne la lourdeur dense de la souffrance. Alors, même si nous acceptons intellectuellement la première Noble Vérité du Bouddha – que la vie est source de souffrance -, quand la souffrance nous arrive à nous, nous souhaitons rarement avoir affaire à elle.

Comment poursuivre notre vie de pratique quand nous sommes dans la douleur ? Appliquer des phrases comme : ‘Ne faire qu’un avec la douleur’, ou ‘Il n’y a pas de soi !’ (et donc personne qui souffre), n’est ni réconfortant ni utile. Nous devons d’abord comprendre que notre douleur et notre souffrance sont vraiment notre voie, notre maître. Même si cela ne suffit pas à nous faire aimer notre douleur ou notre souffrance, cela évite tout de même que nous les considérions comme des ennemis à vaincre. Avec cette compréhension – qui marque un tournant majeur dans notre vision de la vie -, nous pouvons commencer à travailler sur les couches de douleur et de souffrance qui représentent une part si importante de notre existence. »

 

Ezra Bayda, Vivre le Zen, Poche Marabout, 2014, pp. 144-147. Traduction Jeanne Schut

VIE DE SUBSTITUTION :

C’est la vie que nous menons quand nos ‘croyances profondes’ déterminent

la façon dont nous ressentons les choses ;

quand nous croyons aux histoires que nous nous racontons,

aux images que nous avons de nous-mêmes,

comme si tout cela était intrinsèquement vrai.

C’est le contraire d’une vie menée avec honnêteté, dans l’authenticité,

où nous voyons de plus en plus clair

dans nos images, nos croyances erronées et nos schémas de comportement.

Jeanne Schut

 

« L’origine [de nombre de nos problèmes] est que nous menons ce que j’appelle ‘une vie de substitution’. À cause de notre profond besoin de protection, de sécurité et de confort, nous avons fabriqué tout un dédale de constructions mentales et de stratégies pour éviter d’être présents à notre vie telle qu’elle est. Et comme nous croyons à la réalité de ce qui n’est qu’une vie de substitution, nous sommes déconnectés de la conscience de notre véritable nature, et donc de notre cœur, qui est, lui, naturellement ouvert.

Notre vie de substitution se compose de nombreuses fabrications mentales : notre identité, l’image que nous avons de nous-mêmes, notre idée de ce qu’est la vie, nos opinions et nos jugements, nos attentes et nos exigences …, que nous tenons pour absolument réelles. Comme nous sommes très fermement attachés à ces croyances, nous développons, pour faire face à la vie telle que nous l’interprétons, des stratégies de comportement qui deviennent des habitudes.

Toutes ces stratégies sont basées sur des conclusions – ou ‘décisions’ – auxquelles nous sommes arrivés quand nous étions très jeunes, à propos de qui nous sommes et du sens de notre vie. Ce sont des décisions que nous prenons pour nous aider à affronter les nombreuses souffrances qui sont inévitables quand on grandit. Au départ, l’enfant se lance peut-être dans la vie avec un profond sentiment d’unité, mais quand il commence à souffrir, même superficiellement, il s’écarte peu à peu de ce sentiment d’être relié à un tout. Peut-être sent-il qu’il y a un vide en lui qu’il faut remplir. Peut-être même ressent-il la terreur d’être complètement impuissant ou absolument seul au monde.

Quand, enfant, nous sentons ce frémissement d’angoisse au fond de nous, notre instinct de protection se réveille et, à partir d’un désir naturel de sécurité et de confort, nous commençons à remplir ce vide pour occulter le noyau de souffrance.

Prenez l’exemple du tout jeune enfant qui éprouve la souffrance d’être abandonné trop longtemps dans son berceau (trente secondes peuvent suffire). Si cette expérience se répète souvent, l’enfant va développer certaines images et commencer à tirer des conclusions – à prendre des décisions fondamentales – sur ce qu’est la vie. Il peut ainsi décider que la vie n’est pas rassurante. À partir de cette croyance, il va développer des stratégies de comportement. Par exemple, choisir de s’isoler pour se sentir en sécurité. Ou décider que la vie est trop difficile, et sa stratégie consistera alors à essayer de toujours mieux se comporter, à faire tout ce qu’il faut pour dissimuler ce sentiment d’inaptitude qu’il ressent. Il peut aussi chercher l’oubli ou faire de son mieux pour être aimé. Il y a enfin, également, des stratégies de contrôle, d’agressivité ou de gaieté factice.

Dans tous les cas, nous tissons ces décisions fondamentales avec des stratégies de comportement pour en faire une étoffe d’apparence très solide, qui devient notre ‘vie de substitution’. Nous croyons que cette image de la réalité fondée sur nos pensées représente qui nous sommes et ce qu’est la vie. Plus nous croyons à cette vie artificielle, plus nous nous éloignons de la vie telle qu’elle est réellement. »

Ezra Bayda, Vivre le Zen, Poche Marabout, 2014, pp. 97-99. Traduction Jeanne Schut

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