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(suite aux attentats terroristes de Paris, le 13/11/2015)

Vendredi soir vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils mais vous n’aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir, vous êtes des âmes mortes. Si ce Dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a fait à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son cœur.

Alors non je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant mais répondre à la haine par la colère ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Vous voulez que j’aie peur, que je regarde mes concitoyens avec un œil méfiant, que je sacrifie ma liberté pour la sécurité. Perdu. Même joueur joue encore.

Je l’ai vue ce matin. Enfin, après des nuits et des jours d’attente. Elle était aussi belle que lorsqu’elle est partie ce vendredi soir, aussi belle que lorsque j’en suis tombé éperdument amoureux il y a plus de 12 ans. Bien sûr je suis dévasté par le chagrin, je vous concède cette petite victoire, mais elle sera de courte durée. Je sais qu’elle nous accompagnera chaque jour et que nous nous retrouverons dans ce paradis des âmes libres auquel vous n’aurez jamais accès.

Nous sommes deux, mon fils et moi, mais nous sommes plus fort que toutes les armées du monde. Je n’ai d’ailleurs pas plus de temps à vous consacrer, je dois rejoindre Melvil qui se réveille de sa sieste. Il a 17 mois à peine, il va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours et toute sa vie ce petit garçon vous fera l’affront d’être heureux et libre. Car non, vous n’aurez pas sa haine non plus.

Antoine Leiris sur FB

 

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« (…) L’amour ou l’authentique souci de l’autre n’est-il pas toujours une forme d’attachement ? Si le but véritable du bouddhisme est la fin de tous les attachements, ne faut-il pas en fin de compte viser à abandonner tout geste d’amour ? Nous rencontrons ici une autre erreur très répandue concernant l’éthique bouddhique – une erreur qui cependant nous amène à ce que nous pourrions considérer comme le cœur de la spiritualité bouddhique, à savoir, la pratique conjointe de l’amour et du non-attachement.

Un certain nombre de passages du canon Pali semblent à première vue confirmer l’incompatibilité de l’amour et du détachement. Il y a par exemple l’exclamation du Bouddha face au père pleurant le décès de son fils unique : ‘C’est ainsi, maître de maison, les êtres chers sont source et cause de chagrin, de lamentations, de souffrances physiques et morales et de désespoir’ (MN 87) ou, en une occasion similaire, ces propos : ‘Ceux qui abandonnent tout ce qui est cher … déterre la racine du chagrin (Udana 2.7). Quant au sage, il est déclaré libre de toute forme d’avidité ou de rejet (…), etc. Par contre, l’amour bienveillant (maitri, P. : metta) est souvent considéré comme ‘libérant l’esprit’ (P. : cettovimutti) et ceci renvoie clairement à la libération de l’attachement. Un chant de louange à l’amour bienveillant dit : Pour celui qui, présent en esprit, développe / La bienveillance sans limitation, / Les corruptions de l’esprit s’estompent, / Et l’attachement au devenir disparaît. (Iti 27, Mettābhā-vanā Sutta)

Le bouddhisme fait la distinction entre des formes d’amour qui ne sont rien d’autre que des variantes d’attachement et un amour qui à la fois dépasse l’attachement et est parfaitement compatible avec le non-attachement total. Si les adeptes du bouddhisme ancien n’en avaient pas été complètement convaincus, ils n’auraient pas été capables de présenter le Bouddha comme un être ayant abandonné toute forme d’attachement tout en pratiquant de manière parfaite l’amour bienveillant et la compassion !

La distinction entre des formes d’amour avec et sans attachement repose apparemment sur deux critères essentiels. Le véritable amour bienveillant, sans attachement, sera 1) désintéressé, autrement dit motivé par l’intérêt de l’autre et pas le sien propre, et, 2) non-discriminant, c’est-à-dire s’adressant de la même manière à l’ami et à l’ennemi. Tant que l’amour reste discriminant, tant que nous aimons celui-ci / celle-ci et détestons celui-là / celle-là, il y a attachement : l’un est aimé en raison des avantages que nous en retirons, l’autre est rejeté pour le motif opposé – de sorte qu’il y a attachement à la fois sur le mode positif et le mode négatif. Mais même cet amour qui distingue, qui discrimine peut avoir un effet libératoire, si et dans la mesure où s’y mêle un authentique élément de sollicitude désintéressée. La deuxième strophe du texte cité ci-dessus dit : Si, avec un esprit pur, / Il embrasse de pensées d’amour bienveillant / Ne fût-ce qu’un seul être – / Il en retirera du mérite.

L’idéal reste toutefois de cultiver ‘un esprit de compassion vis-à-vis de tous les êtres vivants’. C’est ce que dit également (…) le Metta-Sutta (Sn 143-152) :

Comme une mère, Au péril de sa vie, Protège son enfant, Son unique enfant, Ainsi doit-on ouvrir son cœur à l’infini à tous les êtres vivants, Rayonner la bienveillance envers le monde entier : Ouvrir son cœur dans toutes les directions – En haut, en bas et tout autour, sans limites – Libre de toute haine et de toute aversion. (Traduction Jeanne Schut)

Ici, les deux critères de l’amour sans attachement sont présents : il devrait être aussi désintéressé que l’amour d’une mère qui donnerait sa vie pour son enfant, et il devrait s’adresser indistinctement à tous les êtres. Il n’est pas rare que les écritures bouddhiques soulignent la valeur du sacrifice de sa propre vie par  amour pour les autres. Les Jataka, ces récits de vies antérieures du Bouddha relatent que le ‘Bodhisattva’, à savoir la personne qui est en route pour devenir un Bouddha, a sacrifié sa vie plusieurs fois et développé ainsi une compassion et un amour désintéressés (p.ex. Jat 12, 316, 407). Sacrifier sa propre vie est considéré comme le sommet de la vertu du ‘don’ (dana – cf. BCV 7:25).

Mais ce n’est pas tout : non seulement, il y a une forme d’amour parfaitement compatible avec le non-attachement, mais de plus, l’amour et le détachement ont besoin l’un de l’autre et s’influencent mutuellement de manière cruciale. Ils sont davantage que simplement compatibles, ils sont complémentaires. »

Perry Schmidt-Leukel, Understanding Buddhism, Edinburgh 2006. Tr. Mokusho

« Et dieu dans tout ça ? » le magazine des philosophies et des religions

RTBF.Be – La Première

Dimanche 31 octobre 2010

1ère diffusion de 11h00 à midirediffusion de 23h15 à minuit
Cette émission sera disponible en podcast ici pendant environ un mois.

Sujet principal :  Ésotérisme chrétien et franc-maçonnerie

A priori, la franc-maçonnerie semble être très éloignée du christianisme. Pourtant, les historiens sont unanimes à considérer que le développement de cette étrange société doit beaucoup à une approche particulière de l’héritage philosophique chrétien…C’est en tout cas le sujet d’un cycle de conférences qui commence en ce moment à l’ULB.

De la fin du XIXe siècle à la Seconde Guerre mondiale, l’ésotérisme connaîtra une vogue certaine et sera l’objet de nombreuses publications. Les années 1960 et suivantes verront également une certaine résurgence de ce courant, malgré les errances de certains de ses chefs de file en direction du fascisme et du nazisme. Curieusement, ce courant n’avait qu’assez peu mobilisé la recherche universitaire qui a eu longtemps tendance à n’y voir qu’un fatras de dangereuses élucubrations. Mais, derrière une façade qui se veut volontiers immuable, comment la « pensée ésotériste » a-t-elle évolué avec son temps ? Que nous dit-elle sur les nostalgies de l’homme d’aujourd’hui ? Et a-t-elle encore de l’influence sur un mouvement comme la franc-maçonnerie contemporaine ? C’est le sujet d’un cycle de conférences ouvertes au grand public qui est organisé par le Groupe de recherches et d’études des mouvements maçonniques et ésotériques (GREMME) au sein du Centre interdisciplinaire d’étude des religions et de la laïcité à l’ULB.

Avec Jean-Pierre Laurant, chargé de conférence à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales à Paris et biographe de René Guénon ; Olivier Santamaria,  chercheur en histoire des religions au CIERL/ULB, Sophie Pérenne, philosophe, auteure de « La Vision paradoxale » et de « L’Obscure lumière des sages – introduction à la voie ésotérique » (éd. Acarias)

Infos: http://gremmenews.blogspot.com/p/seminaire-2010.html

Sujet livre : « Et si de l’amour on ne savait rien ? » Rencontre avec Fabrice Midal.

Fabrice Midal est un philosophe français atypique : juif de naissance, bouddhiste d’adoption ; c’est aussi un remarquable philosophe des arts plastiques. Dans l’un de ses derniers livres en date, il revient sur ce qui est sans doute l’un des moteurs les plus fondamentaux de l’être humain : l’amour. Vaste entreprise, sans aucune doute, que de revisiter une notion qui a mobilisé les penseurs de tous les temps et de toutes les civilisations ! Mais Fabrice Midal, le fait avec une fraîcheur inédite, en décloisonnant joyeusement tous les champs du savoir et de la connaissance… Et il nous donne à voir soudain l’amour avec de nouveaux yeux. Ceux de Chimène ?

Fabrice Midal « Et si de l’amour on ne savait rien ? », éd. Albin Michel 2010

Site de Fabrice Midal : http://www.prajna-philia.com/

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