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« La pratique consiste à apprendre à vivre à partir de  notre nature véritable, c’est-à-dire avec un cœur ouvert. Nous devons apprendre à pratiquer en gardant à l’esprit cette vue d’ensemble et en observant ce qui fait obstacle à notre unité fondamentale. Qu’est-ce qui nous sépare de notre cœur ouvert ? Qu’est-ce qui ferme les portes à la vie ?

Il nous arrive souvent de perdre la vue d’ensemble. Le but de la pratique n’est pas de se sentir mieux mais d’apprendre et de voir. Nous devons voir à l’intérieur de notre propre fonctionnement, voir la façon dont nous nous vidons de notre énergie à cause de nos réactions et de nos stratégies habituelles. Nous devons apprendre à arrêter ces fuites d’énergie pour ne pas nous retrouver sans cesse épuisés par le quotidien.

Quand la colère nous saisit, par exemple, nous nous coupons systématiquement de la vue d’ensemble et de notre sentiment d’unité fondamentale. Si nous pouvions voir clairement nos réactions émotionnelles de colère, nous réaliserions qu’elles nous épuisent et amoindrissent notre vie. Nous verrions qu’il s’agit d’une forme d’aversion de la vie qui nous sépare et nous enferme.

Pourtant, bien que la colère nous fasse autant de mal qu’à ceux auxquels elle s’adresse, nous nous accrochons à cette émotion étouffante avec une ténacité déconcertante. Alors même que nous infligeons de la peine aux autres, tout en nous vidant de notre énergie, alors même que notre vie devient étriquée, mesquine et centrée sur nous-mêmes, nous continuons à nous complaire dans des pensées et des comportements de colère avec un entêtement qui défie le bon sens.

Que nous dit vraiment la colère ? Quand la vie ne va pas comme nous le voudrions, nous réagissons. Si nous avons des espérances, nous nous attendons à ce qu’elles se concrétisent. Si nous avons des exigences, nous insistons pour qu’elles se réalisent. Si nous avons des souhaits très forts, nous ne serons pas satisfaits tant qu’ils n’auront pas été exaucés. Bien que la vie soit neutre, qu’elle ne fasse rien pour entrer dans le cadre de notre vision particulière des choses, nous continuons à croire qu’elle devrait aller dans le sens de nos attentes. Et quand ce n’est pas le cas, la colère surgit, sous une forme ou une autre.

Je ne parle pas seulement des grosses explosions. Même les jours où tout va à peu près bien, nous laissons subtilement notre énergie se dissiper dans la colère, du matin au soir. Notre colère peut prendre la forme de l’impatience si nous sommes arrêtés par un feu rouge. Elle peut prendre la forme de l’agacement si la télécommande de la télévision ne fonctionne pas. Elle peut prendre la forme de l’arrogance si je suis à l’heure et qu’un autre arrive en retard. Elle peut prendre la forme de la frustration si mon équipe perd. Elle peut prendre la forme de l’indignation s’il me semble que l’on me néglige ou si je ne me sens pas apprécié.

La plupart du temps, nous ne voyons même pas que la colère épuise notre énergie, que notre vie en devient étriquée, que nous perpétuons notre souffrance en insistant pour que la vie aille comme nous le voulons. En général, quand la colère se manifeste, nous suivons simplement l’une des deux voies que l’on nous a apprises pour y faire face. »

 

Ezra Bayda, Vivre le Zen, Marabout, 2014, pp.109-111. Trad. de l’anglais : J. Schut

 

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(suite aux attentats terroristes de Paris, le 13/11/2015)

Vendredi soir vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils mais vous n’aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir, vous êtes des âmes mortes. Si ce Dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a fait à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son cœur.

Alors non je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant mais répondre à la haine par la colère ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Vous voulez que j’aie peur, que je regarde mes concitoyens avec un œil méfiant, que je sacrifie ma liberté pour la sécurité. Perdu. Même joueur joue encore.

Je l’ai vue ce matin. Enfin, après des nuits et des jours d’attente. Elle était aussi belle que lorsqu’elle est partie ce vendredi soir, aussi belle que lorsque j’en suis tombé éperdument amoureux il y a plus de 12 ans. Bien sûr je suis dévasté par le chagrin, je vous concède cette petite victoire, mais elle sera de courte durée. Je sais qu’elle nous accompagnera chaque jour et que nous nous retrouverons dans ce paradis des âmes libres auquel vous n’aurez jamais accès.

Nous sommes deux, mon fils et moi, mais nous sommes plus fort que toutes les armées du monde. Je n’ai d’ailleurs pas plus de temps à vous consacrer, je dois rejoindre Melvil qui se réveille de sa sieste. Il a 17 mois à peine, il va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours et toute sa vie ce petit garçon vous fera l’affront d’être heureux et libre. Car non, vous n’aurez pas sa haine non plus.

Antoine Leiris sur FB

 

  1. LA COLÈRE CRÉE NOTRE PROPRE MONDE !

Il y a quelques années, je suis partie à Gand suivre un cours de Tai-Chi avec une amie. La première fois, nous avions pris sa voiture, et… curieusement, tous les chauffards étaient de sortie ! Queues de poisson, coups de klaxon, bras d’honneur, injures malgracieuses… Elle avait raison, la route était un enfer ! Je n’avais jamais vu cela ! La semaine suivante, nous avons pris mon propre véhicule : et là, tout doux, tout calme. Rien à signaler. La route était de velours, aucune anicroche sur le trajet… J’ai alors réalisé que mon amie avait toujours des routes pleines d’ornières et de butors… Et j’en ai conclu que probablement, son élément étant une colère permanente, elle attirait, comme un aimant, tous les rustres… Alors que ma récente transformation/métamorphose, me permettait de naviguer dans un monde beaucoup plus amène et souriant…

Une superbe histoire soufie le résume ainsi :

« À vingt ans, je n’avais qu’une seule prière : « Mon Dieu, aide-moi à changer le monde, ce monde insoutenable, invivable, d’une telle cruauté, d’une telle injustice. » Et je me suis battu comme un lion. Au bout de vingt ans, peu de choses avaient changé. Quand j’ai eu quarante ans, je n’avais qu’une prière : « Mon Dieu, aide-moi à changer ma femme, et mes enfants, et ma famille », et je me suis battu comme un lion pendant vingt ans, sans résultat. Maintenant je suis un vieil homme et je n’ai qu’une prière : « Mon Dieu, aide-moi à me changer » et voilà que le monde change autour de moi. » Cité par Christiane Singer.

 

  1. ÊTES-VOUS SÛR(E) D’AVOIR RAISON ?

Je me suis, moi-même, rendue parfaitement ridicule, il y a deux ou trois ans. Ce fut ma dernière colère … enfin, jusque là !!! Attention, cela ne veut pas dire que je ne ressens plus jamais de colère ! Non, la colère est encore une émotion que je connais, bien sûr, mais elle ne dégringole plus en trombe sur mes interlocuteurs. Et c’est incontestablement, une visiteuse qui espace ses tournées… Ouf ! Ce n’est plus une invitée en tout cas !

Je change de téléphone fixe. Achète un nouveau combiné sans fil[*], élégant, fonctionnel, tout biau ! Je rentre chez moi, l’installe… las ! Rien à faire : pas de tonalité ! Je retourne au magasin d’électroménager. Interpelle un vendeur, suis baladée entre quelques personnes, je sens la colère monter. On refuse de me changer l’engin : on me soutient que toutes les prises téléphoniques ont désormais deux lamelles et non quatre – je pensais avoir décelé la raison de la défectuosité –, on me traite un peu gentiment, comme une demeurée, puis avec condescendance… ce qui exaspère mon côté féministe ! Puis comme je commence à taper le scandale, on m’emmène au service après-vente, où on me remet strictement le même appareil… donc à 2 lamelles… Grrr ! Arrive un gentil monsieur du magasin, très courtois. « Que se passe-t-il ? » Je raconte. « Vous habitez loin ? » « Non, à deux pas… » « Si vous voulez, je viens vous l’installer chez vous ? » Ma colère tombe. Le gentil vendeur m’accompagne, on parle de menues choses. Il installe le combiné. Me tend l’appareil. Tout est parfait, ça fonctionne ! ? Je réalise alors que je n’avais pas branché la prise électrique, juste la prise téléphonique (à deux lamelles !)… Ça ne risquait pas de marcher ! Honte sur moi, je suis confuse ! Je me répands en excuses pitoyables. « Ce n’est rien, Madame, ça peut arriver »… Puis, je m’écroule de rire !!! Qu’on est sot(te) parfois dans ses colères !!!

Thich Nhat Hanh raconte une histoire beaucoup moins drôle, dans son merveilleux livre sur la colère. Un jour, un homme dut quitter sa maison pour une longue période. Avant son départ, sa femme était déjà enceinte mais il l’ignorait. À son retour, elle avait donné naissance à un garçon. L’homme douta que cet enfant fût le sien, et porta ses soupçons sur un voisin qui avait l’habitude de venir travailler chez lui. Il se mit à haïr l’enfant. Il voyait le visage de son voisin dans celui du petit garçon. Et puis, un jour, le frère de cet homme vint lui rendre visite pour la première fois. Quand il vit le petit garçon, il dit au père : « Il te ressemble comme deux gouttes d’eau ! La visite de son frère fut un événement heureux, parce qu’elle permit au père de se débarrasser de sa perception erronée. Mais celle-ci avait tenu le père sous son emprise pendant douze ans. Elle avait fait profondément souffrir cet homme, sa femme et, bien entendu, le petit garçon confronté à cette terrible haine.

 

Carole Braéckman http://www.lhibiscus.fr/La-colere-comment-la-lacher-ou-la.html

[*] Note de mai 2014 : cela fait quelques dix ans que je n’ai plus que des téléphones à fil ! Les filaires vrillent beaucoup moins la tête, et aident à garder les neurones alertes ! Moins de maux de tête, moins de trous de mémoire !…

  1. RÉALISER QU’ON N’A PAS QUE ÇA À FAIRE !

« Il nous manque d’aller dans notre vie comme si nous n’y étions plus… » dit Christian Bobin.

En général, les personnes âgées sont excellemment réceptives à mes bons traitements. Une séance ou deux suffit souvent à les débarrasser de leur problème de comportement. Je me suis demandée pourquoi ? La réponse est, je crois, qu’ils/elles sont en urgence de vivre. Sentant la fin approcher, on n’a plus trop envie de perdre de temps.

Robert, près de 80 ans, vient me consulter. « J’ai entendu dire que vous pourriez quelque chose pour moi : Cela fait 80 ans bientôt que je suis colérique… ça m’empoisonne la vie ! — Ma foi, sans rien vous promettre, nous pouvons tenter… »

Robert est un homme soigné, un intellectuel, un brin charmeur. Lors de notre première séance, il s’enflamme dans une discussion politique, un monologue devrais-je écrire, car bien évidemment, je me garde de lui donner la réplique ! Je reste calme et parviens à glisser quelques conseils et historiettes, lui raconte ma propre transformation…

La semaine suivante, Robert revient. « Alors, comment s’est passée votre semaine ? – Incroyable ! J’ai vécu une histoire comme vous les aimez ! J’étais chez le buraliste pour acheter mes journaux, quand quelqu’un me grille la place ! Le genre de comportement qui, habituellement, me met dans une bouillante colère… Et bien, ce jour-là, pareil : je commence à monter, et j’allais apostropher violemment le malotru, quand une petite dame me tire gentiment par la manche : « Vous n’allez pas vous énerver pour si peu, regardez, il fait beau ! » Et pouf ! Ça m’a instantanément calmé ! Alors, j’ai fait un brin de route avec cette petite dame (assez gracieuse, je dois dire !) (NDLR : ;-)) et depuis la semaine dernière, j’éteins ma télé dès que je sens que je m’échauffe. C’est mieux que d’envoyer mes pantoufles ou ma tasse à café en direction du poste, vous en conviendrez ! Je n’avais jamais pensé que je pouvais éteindre ma télé !!… »

Robert va beaucoup mieux. Il me téléphone régulièrement pour me donner de ses nouvelles. Il a définitivement intégré qu’il pouvait éteindre son poste ! Et vous, pourquoi attendre un certain âge ? Pourquoi ne pas couper tout de suite le téléviseur (ou l’émetteur quel qu’il soit) pour éviter les fureurs ?

 

  1. QUELLE ÉNERGIE DÉPENSÉE !

C’est exténuant une colère. Ça vous fatigue le foie, vous le met à mal. Ça vous chahute vos facultés de récupération, votre dynamisme. Les répercussions au niveau de la santé peuvent être multiples…

Et puis, rire est bien meilleur pour la santé !

« Car n’oubliez pas que la santé d’un individu est proportionnelle à la quantité de son rire. » James Walsh

La colère, comme toute émotion mal traversée, nous épuise ! Elle nous pompe une énergie phénoménale. Une énergie que nous pourrions bien évidemment beaucoup mieux employer à jouer de la musique, profiter d’un coucher de soleil ou de nos ami(e)s, aller au cinéma, savourer un bon repas ou rire… etc.

Pour chaque minute de colère, vous perdez soixante secondes de bonheur.

 

© Carole Braéckman http://www.lhibiscus.fr/La-colere-comment-la-lacher-ou-la.html

 

La colère fait mal, elle vous empoisonne, ainsi que votre entourage. Quelques conseils pour la maîtriser, pour la gérer, cette colère : conseils issus de la tradition bouddhiste, et du cœur d’une ancienne colérique : moi ! Car oui, c’est possible de la gérer et même de s’en débarrasser ! Et à tout âge ! Confiance !

Il y a quelques années, alors que j’étais encore une sacrée irascible, – mais que je commençais à percevoir que d’autres conduites étaient possibles –, j’ai cheminé vers l’absence de colère grâce (notamment) à Thich Nhat Hanh. Ce moine bouddhiste vietnamien a publié de nombreux commentaires de Sutras très érudits, mais aussi quelques guides pratiques simples pour nous guider dans notre v(o)ie quotidienne vers plus de sagesse. Dans deux de ses ouvrages, la Sérénité et la Plénitude de l’instant, il emploie des images qui ont impressionné ma caboche d’énervée, et ce, de manière durable…

Il s’agit, pour la première, de l’image d’une personne handicapée.

Quand une personne en fauteuil vous empêche d’avancer, vous ne vous mettez pas à lui hurler dessus, sous prétexte qu’elle vous retarde… Non, vous allez la devancer pour lui ouvrir la porte, lui proposer de pousser son fauteuil… etc. Et bien, les personnes qui vous dérangent dans votre vie, considérez-les donc comme des handicapés émotionnels ! Nous sommes tous et toutes des handicapé(e)s émotionnel(le)s ! À partir de cette image, mon monde a basculé. Bien sûr, je ne vais pas prétendre que du jour au lendemain, je suis entrée en pleine compassion avec ceux qui avaient jusqu’alors le don de me mettre en pelote, non ! Ce serait mensonge ! Par contre, doucement, très doucettement, j’ai commencé à les envisager d’un autre œil…

Et pour me soutenir dans mes résolutions, j’ai découpé une photo de laitue dans le prospectus publicitaire d’une supérette voisine et je l’ai collée sur mon agenda.

Car, la deuxième image employée par Thich Nhat Hanh concerne le jardinier dépité de ne pas voir sa laitue pousser comme il faut. Inutile pour lui de se planter (sic !) devant sa salade pour lui vociférer son courroux, tout à fait inutile ! Il va regarder si l’ensoleillement est suffisant, si les limaces ne sont pas passées à l’attaque, si la terre est assez arrosée… De la même façon, suggère Thich Nhat Hanh, quand une personne ne se conduit pas comme vous le souhaiteriez, il est vain de vous énerver ! Veillez plutôt à vérifier ce qui l’empêche de vous traiter comme vous pensez qu’elle le devrait…

Ainsi, à chaque fois que je partais en réunion de travail, – j’étais à l’époque responsable du service documentaire d’un centre où la houle régnait en maîtresse – je mettais mon agenda bien en évidence, et tâchais de me tenir… Quand un(e) collègue averti(e) me sentait sur le point d’exploser, il/elle me glissait en silence le mot magique, en articulant nettement « lai-tue ». Si bien que c’est l’implosion que je risquais alors, car je tentais, parfois victorieusement, de me contenir !

Je n’ai plus besoin d’image de laitue. Il m’aura fallu des années… Avec des récidives de plus en plus espacées, de moins en moins violentes, de plus en plus vite jugulées.

Ainsi, je suis fière de témoigner : les (sales) caractères ne sont pas inéluctables ! Je suis une preuve vivante que l’on peut changer et à tout âge. Mon exemple personnel m’a conduite à beaucoup de compréhension : si telle ou telle personne est trop ceci ou pas assez cela, c’est sans nul doute, parce qu’elle est en souffrance, elle manque de lumière ou est noyée dans ses émotions… Rien n’est jamais perdu ! Personne n’est ‘irrécupérable’ !

Carole Braéckman, http://www.lhibiscus.fr/La-colere-comment-la-lacher-ou-la.html

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