You are currently browsing the tag archive for the ‘Ezra Bayda’ tag.

VIE DE SUBSTITUTION :

C’est la vie que nous menons quand nos ‘croyances profondes’ déterminent

la façon dont nous ressentons les choses ;

quand nous croyons aux histoires que nous nous racontons,

aux images que nous avons de nous-mêmes,

comme si tout cela était intrinsèquement vrai.

C’est le contraire d’une vie menée avec honnêteté, dans l’authenticité,

où nous voyons de plus en plus clair

dans nos images, nos croyances erronées et nos schémas de comportement.

Jeanne Schut

 

« L’origine [de nombre de nos problèmes] est que nous menons ce que j’appelle ‘une vie de substitution’. À cause de notre profond besoin de protection, de sécurité et de confort, nous avons fabriqué tout un dédale de constructions mentales et de stratégies pour éviter d’être présents à notre vie telle qu’elle est. Et comme nous croyons à la réalité de ce qui n’est qu’une vie de substitution, nous sommes déconnectés de la conscience de notre véritable nature, et donc de notre cœur, qui est, lui, naturellement ouvert.

Notre vie de substitution se compose de nombreuses fabrications mentales : notre identité, l’image que nous avons de nous-mêmes, notre idée de ce qu’est la vie, nos opinions et nos jugements, nos attentes et nos exigences …, que nous tenons pour absolument réelles. Comme nous sommes très fermement attachés à ces croyances, nous développons, pour faire face à la vie telle que nous l’interprétons, des stratégies de comportement qui deviennent des habitudes.

Toutes ces stratégies sont basées sur des conclusions – ou ‘décisions’ – auxquelles nous sommes arrivés quand nous étions très jeunes, à propos de qui nous sommes et du sens de notre vie. Ce sont des décisions que nous prenons pour nous aider à affronter les nombreuses souffrances qui sont inévitables quand on grandit. Au départ, l’enfant se lance peut-être dans la vie avec un profond sentiment d’unité, mais quand il commence à souffrir, même superficiellement, il s’écarte peu à peu de ce sentiment d’être relié à un tout. Peut-être sent-il qu’il y a un vide en lui qu’il faut remplir. Peut-être même ressent-il la terreur d’être complètement impuissant ou absolument seul au monde.

Quand, enfant, nous sentons ce frémissement d’angoisse au fond de nous, notre instinct de protection se réveille et, à partir d’un désir naturel de sécurité et de confort, nous commençons à remplir ce vide pour occulter le noyau de souffrance.

Prenez l’exemple du tout jeune enfant qui éprouve la souffrance d’être abandonné trop longtemps dans son berceau (trente secondes peuvent suffire). Si cette expérience se répète souvent, l’enfant va développer certaines images et commencer à tirer des conclusions – à prendre des décisions fondamentales – sur ce qu’est la vie. Il peut ainsi décider que la vie n’est pas rassurante. À partir de cette croyance, il va développer des stratégies de comportement. Par exemple, choisir de s’isoler pour se sentir en sécurité. Ou décider que la vie est trop difficile, et sa stratégie consistera alors à essayer de toujours mieux se comporter, à faire tout ce qu’il faut pour dissimuler ce sentiment d’inaptitude qu’il ressent. Il peut aussi chercher l’oubli ou faire de son mieux pour être aimé. Il y a enfin, également, des stratégies de contrôle, d’agressivité ou de gaieté factice.

Dans tous les cas, nous tissons ces décisions fondamentales avec des stratégies de comportement pour en faire une étoffe d’apparence très solide, qui devient notre ‘vie de substitution’. Nous croyons que cette image de la réalité fondée sur nos pensées représente qui nous sommes et ce qu’est la vie. Plus nous croyons à cette vie artificielle, plus nous nous éloignons de la vie telle qu’elle est réellement. »

Ezra Bayda, Vivre le Zen, Poche Marabout, 2014, pp. 97-99. Traduction Jeanne Schut

Entrez votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par e-mail.

novembre 2021
L M M J V S D
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
2930