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Ne pas railler, ne pas déplorer,

ne pas maudire, mais comprendre.[1]

Spinoza

 « Tu préfères le corps des hommes à celui des femmes. Tu es né ainsi. Tu n’as pas choisi. Mais il y a la société, le poids de son regard. Un regard trop lourd à porter. Celui de la différence. À vingt-trois ans, tu fais le choix de te marier. Pendant neuf ans, tu fais semblant, mènes une double vie. L’engrenage est enclenché, tu pousses la comédie jusqu’à faire un enfant.

1971, je naîtrai de ce mensonge. Il faudra attendre encore quatre ans avant que la vérité n’éclate au grand jour.

Une vérité synonyme de honte.

Tu es homosexuel, nous sommes au cœur du monde rural au début des années 70.

J’aurais pu rester dans l’ombre, mais les mots ne m’ont pas laissé le choix, ils voulaient sortir, voir le jour.

Je lève le voile sur ce qui ne se montre pas, je tourne à l’envers du temps les pages d’un carnet vieux de quarante ans.

Je dis ce qui ne se dit pas, ce qui d’ordinaire doit rester tapi au fond des mémoires et des corps.

J’écris pour que la honte et le silence n’aient pas le dernier mot. J’écris pour oublier.

Naître d’une pantomime, drôle d’entrée en matière. Je suis arrivée dans un univers factice, avec pour seul élément réaliste le décor. Ton rôle de père de famille, inventé de toutes pièces pour les besoins du scénario que tu écrivais chaque soir à l’insu de ton entourage. Toi seul connaissais les dessous de la scène.

Personne ne se doutait de rien. Personne n’aurait pu imaginer pareil mensonge. On pourrait invoquer un mauvais rêve.

Je reste la preuve que tout ceci a bien existé, je rappelle ce que les mémoires auraient voulu effacer.

Avec toi, la honte est entrée dans la famille.

Avec moi elle n’a pu en ressortir.

Ma présence l’a retenue prisonnière.

Sous mes traits, elle s’est incarnée. »

 

Elsa Montensi, Désordres, Lettre à un père,

L’Harmattan, Collection Amarante, 2012, pp. 9-10

[1] Citation en exergue de l’ouvrage d’Elsa Montensi

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«  (…) le bouddhisme n’a pas élaboré de doctrine contre l’homosexualité. Les rares allusions au fait se trouvent dans le Vinaya, l’ensemble des règles disciplinaires édictées par le Bouddha à l’intention des communautés monastiques, contraintes à l’abstinence. Dans ces milieux clos, des mesures tentent de limiter la promiscuité, afin d’annihiler tout désir sexuel, quel qu’il soit, car il pourrait troubler l’harmonie de la collectivité. (…)

Le bouddhisme prône (…) une vision extensive de la compassion, et l’acceptation de l’homosexualité est de fait généralisée dans ses communautés. « Personnellement, je n’ai jamais entendu mes maîtres l’aborder comme un « problème », explique Stéphane Leluc, instructeur de méditation au centre Shambala de Paris, qui enseigne la tradition tibétaine. « Nous accueillons donc les homosexuels d’abord comme des hommes et des femmes. »

En 2011, une déclaration du dalaï-lama a été particulièrement décriée : « [L’homosexualité] fait partie de ce que nous appelons « une mauvaise conduite sexuelle ». Les organes ont été créés pour la reproduction entre l’élément masculin et l’élément féminin, et tout ce qui en dévie n’est pas acceptable d’un point de vue bouddhiste. » Il s’est ensuite empressé de la rectifier (« Seuls le respect et l’attention à l’autre devraient gouverner la relation d’un couple, qu’il soit hétérosexuel ou homosexuel »), notamment sous la pression des communautés bouddhistes des États-Unis. Là encore, c’est bien le contexte américain qui s’érige en exemple d’ouverture. (…) Marc, un Américain de 58 ans qui vit à San Rafael en Californie, raconte : « À 23 ans, j’ai commencé à méditer, et j’ai fait mon coming out un an plus tard. Mes maîtres ont toujours été très ouverts : ils s’en fichent de savoir avec qui vous couchez, ce qui importe, c’est l’énergie qu’il y a entre deux personnes. Même si aux États-Unis, il y a beaucoup d’homophobie, ces perceptions sociétales « glissent » sur la communauté bouddhiste. Tout mon entourage est tolérant, et je me sens très bien avec moi-même. »

 

Maïté Darnault, Enquête sur l’homosexualité,

in : Le Monde des Religions, n° 36, juillet-août 2009, p. 41 ss.

Un message important d’Olivier Wang-Genh, vice-président de l’Union Bouddhiste de France :

« Bonsoir à tous,
Je souhaite apporter un démenti vigoureux aux propos qui m’ont été prêtés dans le journal Libération du samedi 2 novembre.

J’ai été interviewé par l’AFP sur le thème  » la position des bouddhistes sur le mariage homosexuel ». J’ai répondu à la journaliste que les bouddhistes n’avaient pas d’opinion dogmatique sur ce thème, et surtout que notre religion laissait à chaque individu le choix en ce domaine. J’ai ajouté qu’il appartenait à chaque pratiquant bouddhiste de réfléchir à ses actes en faisant preuve de sagesse, de respect de l’autre et en adoptant un point de vue non-égoiste.

La journaliste a traduit mes propos de la façon suivante :
‘De son côté, Olivier Wang-Genh, vice-président de l’Union des Bouddhistes de France, souhaite « qu’on réfléchisse aux conséquences qui découlent d’actes individualistes et égoïstes’.Rien à voir avec mes propos, comme vous pouvez le constater.
Par ailleurs, j’ai souligné un point qui me semble très important et qui n’a pas été repris : nous n’avons pas à aller à contre-courant de grandes questions de société mais plutôt à les accompagner de la façon la plus favorable possible.  »
Merci pour votre attention.
Pour rappel, Edel Maex, alors Secrétaire général de l’Union Bouddhique Belge, avait publié en 2010 un communiqué sur le thème de l’homosexualité.

 

« Les récents propos de Mgr Léonard sur l’homosexualité ont fait beaucoup de bruit ces derniers jours. En tant que bouddhistes, nous avons assisté à ces passes d’armes avec étonnement. Mais de quoi, bon dieu, est-il question ici ?

Il n’est pas rare que l’on nous demande le point du vue du bouddhisme sur le sujet. Et nous sommes alors amenés à décevoir notre auditoire. Le bouddhisme, par essence rétif aux « points de vue », n’a pas de point de vue sur la question…

Cela voudrait-il dire que le bouddhisme n’a rien à dire sur la sexualité ? Bien sûr que non ! Mais il s’exprime de préférence de manière quelque peu plus nuancée que ce que nous avons pu lire dernièrement dans la presse.

Pour commencer, le bouddhisme ne s’intéresse pas à ce qui est permis ou pas. Nous n’avons du reste aucun être suprême ou autre critère ultime pour en décider. Ce qui préoccupe le bouddhisme, ce sont les causes de la souffrance et du bonheur.

Il est clair que la sexualité peut être un moteur important de l’une et de l’autre. Il y a malheureusement beaucoup de violence sexuelle. La presse s’en fait régulièrement l’écho, et ce n’est là que la partie émergée de l’iceberg. Mais les êtres humains peuvent aussi être parfaitement heureux dans une relation sexuelle.

Ceci n’a en soi rien à voir avec la nature homosexuelle ou hétérosexuelle de la relation. Étant moi-même psychiatre, j’ai entendu d’innombrables récits poignants d’abus sexuels cachés dans le cadre de relations parfaitement légitimes entre couples hétérosexuels mariés.

La souffrance ou le bonheur ne sont pas déterminés par la nature du désir sexuel mais par la manière dont ce désir est géré. Il n’y a rien de mal en soi dans le désir. Ce n’est que lorsque le désir devient une exigence dans le cadre de laquelle l’autre n’est plus respecté en tant que personne, lorsque l’autre doit se soumettre à mes exigences, que mon désir devient une source de souffrance.

Ne pourrions-nous donc pas cesser de nous perdre dans des questions accessoires ? Il y a suffisamment de souffrance comme cela. Et si nous faisions plutôt passer un message positif de respect et de compassion ? »

Edel Maex
psychiatre
Secrétaire-Général de l’Union Bouddhique Belge

in : La Libre Belgique, 02.02.2010

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