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Le moine vietnamien Thich Nhat Hanh a proposé tout récemment une reformulation du Soutra du Cœur en anglais. Cette version sera probablement critiquée par les uns, louangée par les autres. Quoi qu’il en soit, il me parait difficile de l’ignorer, ne serait-ce qu’en raison de la dimension de son auteur. Et il me semble personnellement qu’elle mérite toute l’attention des enseignants et des pratiquants à qui elle permettra un accès plus direct, plus facile au sens profond du soutra.

À ceux qui connaissent déjà le texte dans une version « classique », qui ont déjà entendu ou lu des commentaires, et qui lisent l’anglais, je recommande la lecture de ce texte sur http://plumvillage.org/news/thich-nhat-hanh-new-heart-sutra-translation/

Cette parution est l’occasion de reprendre l’étude de ce texte important du Mahayana. Contrairement à ce que sa réputation de texte difficile donne à penser, il se prête très bien à une introduction des notions de base du bouddhisme ancien et du bouddhisme mahayaniste. Nous en avons donc repris l’étude ce jeudi 9 octobre. À toutes les personnes intéressées, particulièrement à celles et ceux qui ont assisté à la première séance, je recommande vivement la vidéo proposée ci-dessous, qui facilitera la compréhension lors des soirées à venir. Commencez l’écoute à 10:20. Chaque enseignement sera donné deux fois, le mardi et le jeudi à 20h10, après la méditation.

http://www.youtube.com/watch?v=JTcshMaQ6wI

Bien cordialement,

Mokusho

Thich Nhat Hanh’s new translation of Heart Sutra FR

Nous savons qu’une émotion n’est qu’une émotion. Elle arrive, reste un moment et puis devra partir, comme une tempête. Une tempête arrive, reste un moment et s’éloigne. Nous ne devons pas mourir à cause d’une émotion : nous sommes tellement plus grand qu’une émotion, tellement, tellement plus. Donc quand vous sentez que l’émotion va se manifester, qu’elle arrive, il est très important que vous vous installiez dans une position assise, une position bien stable, comme la mienne pour l’instant. Vous pouvez même vous coucher, c’est aussi une position très stable et diriger votre attention sur votre ventre et vous êtes attentif à sentir votre ventre se soulever et à s’abaisser. Vous respirez profondément et vous concentrez toute votre attention à sentir votre ventre se soulever et s’abaisser. En position assise, je dirais que le niveau de ma tête est le sommet de l’arbre. Je ne reste cependant pas là, je déplace mon attention vers le bas, vers le tronc de l’arbre qui est juste en dessous du nombril. Vous savez qu’il est dangereux de rester dans l’œil de la tempête. L’œil de la tempête est dans la tête, donc descendez juste en dessous du niveau du nombril et commencez à pratiquer la respiration en pleine conscience, inspirez et expirez profondément et concentrez toute votre attention sur votre abdomen qui se soulève et qui s’abaisse. Vous pouvez pratiquer ainsi pendant dix, quinze ou vingt minutes et vous verrez que vous êtes fort, fort assez pour résister à la tempête. Dans la position assise ou couchée, accrochez-vous à votre respiration comme une personne s’accroche à son gilet de sauvetage, au milieu de l’océan, et vous remarquerez que vous êtes fort assez pour résister à l’émotion. Et un peu plus tard cette émotion partira. Pendant ce moment de respiration, vous pouvez observer qu’une émotion n’est qu’une émotion et que vous êtes beaucoup, beaucoup plus qu’une émotion. Une émotion est quelque chose d’impermanent. Elle vient, elle reste un moment et elle s’éloigne.

Vous serez étonné de constater que vous êtes capable de résister à une émotion rien qu’en pratiquant la respiration dans la pleine conscience et en vous concentrant sur le mouvement de votre abdomen qui se soulève et qui s’abaisse. Il se peut que vous ayez envie de dire à un autre ami ou à vos enfants, si vous en avez, comment pratiquer. Je connais des mamans qui aident leurs enfants à pratiquer ainsi. Elles tiennent la main de leur enfant et elles disent : « Mon chéri, respire avec moi. En inspirant, je suis consciente que mon abdomen se soulève. En expirant, je suis consciente que mon abdomen s’abaisse ». Et elles guident l’enfant à respirer avec elles en utilisant cette émotion. Si vous pratiquez ainsi, vous serez capable de générer l’énergie de la stabilité et quand vous tiendrez la main d’une autre personne, vous lui transmettrez l’énergie de votre stabilité et vous l’aiderez à pratiquer comme vous afin de traverser la zone de tempête. C’est très efficace, mais, s’il vous plaît, rappelez-vous une chose : n’attendez pas d’avoir une grosse émotion pour pratiquer parce que si vous attendez, vous oublierez la pratique. Il faut pratiquer maintenant. Aujourd’hui vous êtes bien, vous ne ressentez pas une grosse émotion. C’est le bon moment pour apprendre à pratiquer, pour commencer la pratique. Et si vous le faites pendant trois semaines, 21 jours, ça deviendra une habitude.

Pratiquez dix minutes par jour et quand l’émotion arrivera, vous vous rappellerez la pratique tout naturellement. (…) Je vous conseille de commencer aujourd’hui, dans la position assise, où que vous soyez, et de pratiquer pendant dix ou quinze minutes, et de faire la même chose demain. Dans trois semaines, ce sera devenu une habitude et, si vous ne pratiquez pas, vous sentirez quelque chose vous échapper, vous aurez le sentiment de rater quelque chose.

 

Thich Nhat Hahn, http://www.buddhaline.net/L-art-de-maitriser-une-tempete

« Il y a deux mille cinq cents ans, le Bouddha Sakyamuni a proclamé que le prochain Bouddha sera Maitreya, le « Bouddha de l’Amour ». Je pense que le Bouddha Maitreya pourrait être une communauté et pas seulement une personne. Nous avons besoin d’une bonne communauté pour nous aider à surmonter les difficultés de notre temps. Vivre en pleine conscience nous protège et nous aide à aller dans la direction de la paix. Avec le soutien d’amis dans la pratique, la paix sera possible.

Si vous avez une Sangha qui vous soutient, il est facile de nourrir votre bodhicitta. Mais si vous n’avez personne qui vous comprend, qui vous encourage dans la pratique du Dharma vivant, votre désir de pratiquer peut s’étioler. Votre Sangha – famille, amis et co-pratiquants – est le sol, et vous êtes la semence. Quelle que soit la vigueur de la semence, si le sol n’apporte aucune nourriture, votre semence mourra. Une bonne Sangha est essentielle pour la pratique. Je vous encourage vivement à trouver une bonne Sangha ou à contribuer à en créer une.

Le Bouddha, le Dharma et la Sangha sont les trois précieux joyaux du bouddhisme, le plus important des trois étant la Sangha. La Sangha contient le Bouddha et le Dharma. Un bon maître est important, mais les sœurs et les frères dans la pratique sont le principal ingrédient du succès. Vous ne pourrez pas atteindre l’éveil en restant enfermé dans votre chambre. La transformation n’est possible qu’avec le contact. Quand vous touchez le sol, vous pouvez sentir la stabilité de la terre et lui faire confiance. Quand vous observez la stabilité du soleil, de l’air, des arbres, vous savez que le soleil ne manquera jamais de se lever chaque jour, et que l’air et les arbres seront là. Quand vous construisez une maison, vous choisissez un terrain solide. Faites de même pour la pratique, en choisissant des amis stables sur lesquels vous pouvez compter. »

 

Thich Nhat Hanh, L’esprit d’amour, POCKET, 2000, pp. 99-101

– Combien de temps dois-je consacrer à la pratique ?

– La méditation que je préconise ici peut être faite à tout moment. Quand vous devez vous déplacer d’un endroit à l’autre, appliquez simplement les techniques de la méditation marchée. Quand vient le moment de travailler, vous pourriez éprouver l’envie de l’effectuer en pleine conscience, travailler en pleine conscience. Quand vient l’heure de dîner vous décidez de dîner en pleine conscience. Vous appréciez manger en pleine conscience. Il ne faut pas vous fixer une heure précise pour pratiquer car cette pratique que je préconise peut être réalisée tout au long de la journée, mais je dirais que vous pouvez vous fixer des plages horaires pour faire des choses que vous aimez, si la situation le permet. Peut-être aimez-vous vous lever un quart d’heure plus tôt que d’habitude afin de profiter de quinze minutes de méditation assise ou peut être avant d’aller dormir. Même si la lumière est éteinte, vous pouvez vous asseoir sur votre lit et pratiquer la respiration consciente pendant quinze minutes ! Cela dépend donc de notre intelligence, notre talent à nous organiser parce qu’il y a des choses que nous devons faire collectivement avec les autres et nous ne pouvons pas répondre que nous avons une période spécifique pour faire ce que nous préférons, mais en définitive, nous devons nous rappeler que la pratique peut être réalisée à tout moment, même lorsque vous allez aux toilettes ou que vous nettoyez le sol. Vous pouvez pratiquer. Vous pouvez frotter le sol en étant une personne libre ou un esclave – c’est à vous de décider. Vous faites les choses comme les autres personnes, mais vous êtes une personne libre. Tant d’américains pensent qu’ils agissent en étant victimes du système, mais vous pouvez agir en tant que personne libre. C’est très valorisant. Nous cultivons toujours notre liberté et cela nous apporte beaucoup de dignité, ce que chacun autour de nous voit. Avec la pratique, nous sommes vraiment une personne libre, quelle que soit la situation dans laquelle nous nous trouvons.

Vous vous lavez les mains et allez aux toilettes plusieurs fois par jour. Je propose que chaque fois que vous vous lavez les mains ou allez à la toilette, vous vous investissez à 100% dans votre acte. Arrêtez toute pensée et appréciez ce que vous faites. Cela peut être très amusant. Dans quelques semaines, vous verrez l’effet merveilleux de cette pratique.

 

Thich Nhat Hanh, http://www.buddhaline.net/L-art-de-maitriser-une-tempete

 

 

Bonjour à toutes et à tous,

A l’approche des vacances, certains regrettent parfois que le dojo cesse ses activités en juillet / août.
Dans son ouvrage The essence of zen (Existe en français, mais la traduction n’encourage guère à la lecture.), Sekkei Harada parle des deux aspects du zen: zen in stillness et zen in activity. Le zen tel qu’on le pratique dans le dojo (ou ailleurs) et le zen dans l’activité quotidienne.

Essence_du_zen

Les vacances constituent le moment idéal pour une retraite, qui inclut ces deux aspects de la pratique, mais aussi une excellente occasion de découvrir ce deuxième aspect trop souvent négligé. Or la voie spirituelle n’existe pas si nous n’incluons pas le zen dans notre vie quotidienne.

La première caractéristique (condition) d’une vie spirituelle (quelle que soit la tradition envisagée, bouddhiste ou non, religieuse ou non) me semble être la capacité d’entrer en intimité avec soi-même. Ce qui n’est pas nécessairement évident pour tout le monde.

Être intime avec soi-même suppose d’être à l’écoute de soi. Mais ‘être à l’écoute de soi’ ne veut pas dire suivre ses envies du moment. Être à l’écoute de soi, au sens d’être intime avec soi-même, c’est être simplement présent à soi-même comme nous pouvons être présent à l’autre, sans autre intention que « d’être là », sans projet, sans évaluation, sans recherche de solution, sans jugement, mais avec bienveillance. Dans l’intimité avec soi-même, l’autre c’est nous.

Il n’est pas de lieu ni de moments où on ne peut cultiver cette intimité-là. C’est une pratique que nous pouvons emmener à la plage ou à la montagne, seul ou en famille, au musée ou au concert. Idéal pour les vacances, non?

Je voudrais vous recommander un petit ouvrage qui peut vous aider, de manière concrète et pratique, à développer cette pratique en dehors du dojo: Thich Nhat Hanh, Commencer à méditer, POCKET (4,69 €). Dix chapitres très courts (s’arrêter, respirer, s’asseoir, une pièce de respiration, inviter la cloche, le gâteau dans le réfrigérateur, créer un autel, la méditation de la bonté aimante, cuisiner et manger, dormir) qui constituent un petit manuel du ‘comment pratiquer chez soi’.

Commencer_à_méditer

Je vous conseille aussi la lecture de deux autres livres, le premier destiné à approfondir notre compréhension du zen, le second destiné à ceux qui aimeraient s’y retrouver un peu mieux dans les écoles, les concepts, l’évolution du bouddhisme en général :

– Kôshô Uchiyama, Ouvrir la main de la pensée, Méditer dans le bouddhisme Zen, Eyrolles (18 €). Enfin une traduction de cet ouvrage d’un des grands maîtres contemporains qui ‘va droit au cœur de la pensée du Zen’.

ouvrir_la_main_de_la_pensée

– Dennis Gira, Le bouddhisme en 50 clés, Bayard, (17,50 €). Pour ceux qui ont parfois du mal avec les concepts d’arhat, de bodhisattva, nature de Bouddha, Trikaya, etc. : . Didactique donc clair, aucun pédantisme intellectuel, comportant de nombreuses citations (courtes) des canons Theravada et Mahayana / Vajrayana, cet ouvrage a l’avantage d’être rédigé par un grand connaisseur du bouddhisme, lui-même non-bouddhiste et donc libre de toute approche « sectaire ».

Bouddhisme_50_clés

J’espère avoir le plaisir de vous retrouver d’ici la fin du mois, et, bien entendu le 5 juillet, à l’occasion de la prise de rakusus de six d’entre nous qui sera un des grands moments de cette année 2014.

Je vous souhaite en tous les cas de très belles vacances,

Michel

 

 
 

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