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C’est pourquoi, dans le vide, il n’y a (…)

ni souffrance, ni origine, ni extinction, ni chemin.

Le Sûtra du Cœur de la Prajnâ Pâramitâ

Le Sûtra du Cœur semble nier non seulement les quatre nobles vérités mais aussi d’autres « fondamentaux » du bouddhisme tels les cinq agrégats ou (les douze liens de) la coproduction conditionnée. Le Sûtra du Cœur, un texte iconoclaste ? Ce serait négliger l’importance de ces trois mots : « dans le vide ».

Dans le chapitre (de son ouvrage référencé en bas de page) intitulé « Ni plein ni vide », Thich Nhat Hanh évoque au passage le Soutra du Cœur et montre comment toutes les « négations » qui le caractérisent ajoutent en réalité, sans les rejeter, un éclairage mahayaniste sur ces enseignements du bouddhisme ancien. Pour une meilleure compréhension de l’extrait ci-dessous, il est vivement conseillé de lire le chapitre entier. Dans une captation d’un enseignement donné en français au Villages des Pruniers (http://www.youtube.com/watch?v=JTcshMaQ6wI), Thich Nhat Hahn nous livre un commentaire remarquable de la phrase en exergue de cette rubrique des « Florilèges ».

[Le Bouddha explique aux moines la notion d’interdépendance en prenant l’exemple d’un bol.]

« Bhikkhus, ce bol ne peut pas exister indépendamment. Il est ici à cause de toutes les choses que nous considérons comme n’étant pas lui : la terre, l’eau, le feu, l’air, le potier, et ainsi de suite. C’est la même chose pour tous les dharmas. Tout dharma existe à cause de sa relation d’interdépendance avec tous les autres dharmas. Tous les dharmas existent grâce aux principes d’interpénétration et d’inter-être.

« Bhikkhus, regardez profondément ce bol, et vous y verrez l’univers tout entier qu’il contient dans son intégralité. Il n’y a qu’une chose dont le bol soit vide, un soi individuel et séparé. Un soi individuel et séparé serait un soi existant par lui-même, indépendant de tous les autres éléments. Aucun dharma ne peut exister indépendamment des autres ni posséder un soi essentiel et séparé. Ceci est le sens de la vacuité. « Vide » veut dire « vide d’un soi séparé ».

« Bhikkhus, les cinq agrégats sont les constituants de base d’une personne. La forme ne contient pas de soi car elle ne peut exister indépendamment. A l’intérieur de la forme, il y a des sentiments, des perceptions, des formations mentales et de la conscience. Il en est de même pour les sentiments. Les sentiments n’ont pas de soi car ils n’existent pas indépendamment. A l’intérieur des sentiments, on trouve la forme, les perceptions, les formations mentales et la conscience. Pareillement, aucun des trois autres agrégats n’est doté d’une identité séparée. Les cinq agrégats dépendent les uns des autres pour leur existence, donc, ils sont tous vides.

« Bhikkhus, les six organes, les six objets et les six consciences sensoriels sont également vides. Chaque organe, chaque objet, et chaque conscience sensoriels dépendent de tous les autres organes, objets et consciences sensoriels pour leur existence. Aucun organe sensoriel, aucun objet sensoriel, ni aucune conscience sensorielle ne possède une nature séparée et indépendante.

« Bhikkhus, je vais vous le répétez encore afin que vous le mémorisiez plus facilement. Ceci est donc cela est. Tous les dharmas dépendent les uns des autres pour leur existence. En conséquence, tous sont vides. Vide, ici, veut dire « vide d’un soi séparé et indépendant ».

Thich Nhat Hanh, Sur les traces de Siddharta, Paris, Pocket, 1998, p. 379-380

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