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Un samouraï demanda un jour au maître Zen Hakuin où il irait après sa mort.

Hakuin répondit : ‘Pourquoi devrais-je le savoir ?’

‘Comment pouvez-vous ne pas savoir ? Vous êtes un maître Zen !’ s’exclama le samouraï.

‘Certes, répondit Hakuin, mais un maître Zen vivant !’

 

Pour Maître Hakuin, tant que le samouraï est obsédé par ce qui survient après la mort, c’est en fait comme s’il était déjà mort. Sa crainte obsessionnelle de la vie après la mort l’empêche d’être présent dans l’instant. De ce fait, il est incapable de percevoir et de goûter les vibrations de la vie qui se manifeste tout autour de lui. Pourquoi se soucier d’une existence future si on n’est même pas capable d’apprécier celle-ci ? C’est pourquoi le Zen ne s’exprime guère sur la vie après la mort.

Il nous recommande au contraire de vivre chaque instant comme si c’était le dernier, ce qui nous encourage à vivre davantage dans la pleine conscience de ce que nous sommes occupés à faire ; et donc à créer moins de souffrance pour nous-même et ceux qui nous entourent. Nous pouvons vivre ainsi une vie spirituelle plus riche dont toute préoccupation ou crainte d’une éventuelle vie après la mort disparaîtra naturellement.

 

http://thebuddhistblog.blogspot.be/2011/09/life-after-death-zen-response.html

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« Nous avons vu qu’un être n’est qu’une combinaison de forces ou d’énergies physiques et mentales. Ce que nous appelons mort, c’est l’arrêt complet du fonctionnement de l’organisme physique. Ces forces, ces énergies prennent-elles fin absolument avec la cessation du fonctionnement de l’organisme ? Le bouddhisme dit : non. La volonté, le désir, la soif d’exister, de devenir, est une force formidable qui meut l’ensemble des vies, des existences, le monde entier. C’est la force la plus grande, l’énergie la plus puissante qui soit au monde. Selon le bouddhisme, elle ne cesse pas d’agir avec l’arrêt du fonctionnement de notre corps, qui pour nous est la mort, mais elle continue à se manifester sous une autre forme, produisant une re-existence qu’on appelle renaissance.

Il vient à l’esprit une autre question : s’il n’y a pas d’entité permanente, immuable, s’il n’y a pas une substance telle qu’un Soi ou Âme (ātman), qu’est-ce donc qui peut re-exister, renaître après la mort ? Avant d’en venir à la vie après la mort, considérons donc ce qu’est la vie présente, comment, maintenant, elle se continue. Ce que nous appelons vie, …, c’est la combinaison des cinq Agrégats, une combinaison d’énergies physiques et mentales. Celles-ci changent continuellement, elles ne restent pas identiques pendant deux instants consécutifs. Elles naissent et meurent à chaque instant. « Quand les Agrégats apparaissent, déclinent et meurent, ô bhikkhu, à chaque instant vous naissez, vous déclinez, vous mourez. »

Par conséquent, même pendant la durée de cette vie, nous naissons et mourons à chaque instant, et pourtant nous continuons d’exister. Si nous pouvons comprendre qu’en cette vie nous pouvons continuer à exister, sans qu’il y ait une substance permanente, immuable, telle qu’un Soi ou une Âme, pourquoi ne pouvons-nous pas comprendre que ces forces elles-mêmes puissent continuer à agir sans qu’il y ait en elles un soi ou une âme pour les animer après que l’organisme physique a cessé de fonctionner ?

Lorsque ce corps physique n’est plus capable de fonctionner, les énergies ne meurent pas avec lui, mais elles continuent à s’exercer en prenant une autre forme, que nous appelons une autre vie. Chez un enfant, toutes les facultés physiques, mentales et intellectuelles sont tendres et faibles mais elles possèdent en elles-mêmes la potentialité de produire un homme adulte. Les énergies physiques et mentales qui forment ce qu’on appelle un être sont douées en elles-mêmes du pouvoir de prendre une forme nouvelle, de croître graduellement et d’atteindre à leur pleine puissance.

Comme il n’y a pas de substance permanente, immuable, rien ne se transmet d’un instant à l’autre. Ainsi il est évident que rien de permanent, d’immuable ne peut passer ou transmigrer d’une vie à l’autre. C’est une série qui continue sans rupture, mais qui cependant change à chaque instant. La série à proprement parler n’est rien que du mouvement. C’est comme une flamme qui brûle pendant la nuit : ce n’est pas la même, ce n’en est pas non plus une autre. Un enfant grandit, il devient un homme de soixante ans. Il est évident que cet homme n’est pas le même que l’enfant né soixante ans auparavant, mais qu’aussi ce n’est pas une autre personne. De même un homme qui meurt ici et renaît ailleurs n’est ni la même personne ni une autre. C’est une continuité de la même série. La différence entre la mort et la naissance n’est qu’un instant dans notre pensée : le dernier instant de la pensée en cette vie conditionnera le premier dans ce qu’on appellera une vie suivante, qui n’est en fait que la continuation de la même série. Pendant cette vie-même un instant de la pensée conditionne le suivant. Ainsi, selon le point de vue bouddhiste, la question d’une vie après la mort ne constitue pas un grand mystère et un bouddhiste ne se préoccupe pas du tout de ce « problème ».

Tant qu’il y a là « soif » d’être et de devenir, le cycle de continuité (samsara) se poursuit. Il ne pourra prendre fin que lorsque la force qui le meut, cette « soif » même, sera arrachée, coupée, par la sagesse qui aura la vision de la Réalité, de la Vérité, du Nirvana. »

Walpola Rahula, L’enseignement du Bouddha d’après les textes les plus anciens, Points Sagesses, pp. 54-56

« En ce qui concerne la réincarnation, les gens demandent souvent : « S’il n’y a pas d’âme, comment peut-il y avoir renaissance ? Qu’est-ce qui se poursuit d’une vie sur l’autre, s’il n’y a pas d’âme ? » Il faut savoir que la notion de réincarnation n’est pas du tout bouddhique mais hindoue. La façon dont les Hindous conçoivent la réincarnation est que l’on passe d’un corps à un autre. Si on est né dans une caste inférieure, on doit attendre la prochaine réincarnation, la prochaine vie, pour avoir une chance de renaître dans une caste plus élevée.

Dans le bouddhisme, on appellerait cela de la superstition, d’une part parce qu’on ne peut pas le prouver et, d’autre part, parce que cela donnerait à penser que certaines classes sociales ou castes sont plus pures que d’autres. Or nous pouvons tous constater que certaines personnes nées dans la caste des brahmines sont tout aussi mauvaises, méchantes et impures que le plus méchant des intouchables, et que parmi les intouchables existent des personnes pures de cœur dont la vie est menée avec bonté et sagesse.

En réalité, le mot « brahmine » signifie « pur » ou « celui qui est purifié ». Le Bouddha a dit que ce mot se réfère à celui dont le cœur est pur. C’est une question de qualité mentale, pas de classe sociale ou de caste. (…) La pureté est donc une qualité mentale. Les bouddhistes n’utilisent pas du tout le terme « réincarnation ». Ils utilisent le mot « renaissance[1] » et la renaissance est mentale et non physique. Ainsi la compassion, la gentillesse, la générosité et la moralité sont le chemin qui mène à une renaissance dans une condition pure. »

Ajahn Sumedho, L’esprit et la Voie, Sully, Vannes 2007, p. 70-71

Les textes proposés par le blog de Shikantaza expriment avant tout l’opinion de leurs auteurs. Les lecteurs sont invités à les examiner avec l’esprit de libre arbitre prôné par le Bouddha dans le Kalamma Sutta.


[1] Cf. cette entrée

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