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Vous, nos Dieux, qui –peut-être– êtes aux cieux,

Quels que puissent être vos noms,

Que ceux-ci soient respectés,

Que vos apports soient reconnus,

Que vos paroles supposées imprègnent enfin la Terre.

Soyez remerciés –s’il vous est dû– pour notre pain quotidien

Et pardonnez-nous nos moments de défiance

Comme nous vous pardonnons ces siècles de silence.

Ne nous laissez plus succomber aux penchants de l’homme–roi

Et délivrez-nous de l’absence d’idéal.

Ainsi en serait-il,

Si nous le voulions bien…

Alain Régis, 27 octobre 2012 à 8h32, http://www.atramenta.net/lire/priere-laique/38255

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UNE PRIERE LAIQUE

Luc Ferry

« Nul, croyant ou incroyant, ne niera l’effet positif que peut avoir la prière sur celui / celle qui la pratique dans un certain esprit (Appelons le « juste ».). Toute personne honnête, quelles que soient par ailleurs ses convictions religieuses ou philosophiques, aura eu l’occasion, dans son enfance ou dans son expérience de vie de faire ce constat. Cela ne prouve rien. Cela est.

Encore enfant et croyant, j’ai fait l’expérience de cette prière qui nous réconcilie avec nous-même et nous aide, à l’occasion, à surmonter les moments difficiles de la vie. Mais les remises en questions de l’adolescence, le doute et l’agnosticisme qui finalement en résulta allèrent de pair avec la fin d’une pratique qui ne me paraissait bien évidemment compatible qu’avec la foi. Comment concilier ce dialogue, avec Dieu pensais-je alors, lorsque Dieu n’existe plus?

J’eus l’occasion de constater plus tard que la perte de la prière était une perte tragique car rien ne venait en prendre la place. Mon attitude était alors celle de ces gens qui reconnaissent avoir perdu la foi et, en même temps, quelque chose d’irremplaçable, mais comme le dit Comte-Sponville, « il se pourrait que la vérité fût tragique, or c’est la vérité qui importe ».

Mon intérêt pour la prière ne cessa jamais. Il m’arriva par exemple d’acheter des livres destinés prioritairement à des croyants pour essayer de comprendre ce qu’était profondément la prière, alors même qu’il était exclu pour moi d’en profiter. Je constatai aussi plus tard que mon parcours pourrait être interprété comme une longue recherche pour remplacer cette perte irrémédiable. L’agnostique que j’étais devenu devait-il définitivement « faire une croix » sur une dimension qui ne serait réservée qu’aux seuls croyants?

Mais de quelle dimension s’agit-il effectivement? Comment décrire, qualifier les bienfaits de la prière? Je ne parle pas de cette prière que certains croyants pratiquent lorsque tout va mal, que les difficultés s’amoncellent et que l’homme, en désespoir de cause, se tourne vers Celui dont il attend un secours. Décrire la prière de cette façon est évidemment caricatural, et ce n’est pas évidemment à moi de décrire ce qui fait la valeur d’une prière authentique. La prière dont je parle ici n’a rien à voir avec un appel de détresse au SAMU ou au corps de pompiers.

Comment, donc, eu égard à l’expérience que j’en ai, la prière « juste » agit-elle? Je dirais que le propre de la prière « juste » est de réconcilier l’être avec lui-même, de procurer une sérénité qui procède de l’unité retrouvée du corps et de l’esprit, par delà la demande qui, peut-être, fait l’objet de la prière, l’essentiel étant l’acceptation même de sa nature souffrante, permettant de « transcender » cette « souffrance » et d’atteindre à cette « réconciliation » intérieure que j’évoquais tout à l’heure.

Or ces bienfaits ne seraient dispensés qu’aux seuls croyants? Il y avait là pour moi sinon un scandale du moins un sentiment de regret profond.

Il me semblait aussi que, sans même les lire, les titres de certains ouvrages devaient directement ou indirectement faire écho à ces questions.

Cette sérénité me frappait également chez les bouddhistes dont les voies me paraissaient malheureusement tout aussi inaccessibles que celles de la religion chrétienne puisque l’accès à cette sagesse ne pouvait découler que d’une foi que je ne possède pas. (…)

Source inconnue, suite du texte manquante

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