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«  La voie qui mène à la fin de la souffrance, selon l’enseignement du Bouddha, est la cessation. Pour se libérer de la souffrance, il faut permettre à ce qui a émergé de cesser. C’est aussi simple que cela. Pour permettre à toute chose de cesser, il ne faut ni intervenir ni essayer de s’en débarrasser mais simplement la laisser partir d’elle-même. Cela sous-entend que nous devons être patients. Metta est donc aussi une forme de patience, c’est accepter d’exister avec des choses désagréables sans se dire qu’elles sont vraiment horribles ni se laisser piéger par le désir de s’en débarrasser immédiatement et sans délai.

Quand on a du metta envers soi, on commence par écouter ce que l’on pense vraiment de soi-même. Il ne faut pas avoir peur, être courageux et écouter les pensées déplaisantes ou les peurs qui nous passent par la tête. Parfois des tas de bêtises apparaissent, qui n’ont rien de très grave, de mauvais ou de répugnant ; ce ne sont que des bêtises sans queue ni tête. On peut se prendre pour quelqu’un de très sérieux, de sincère, à l’esprit pratique et raisonnable mais parfois les pensées et les sentiments qui nous agitent sont vraiment stupides et inutiles. Alors qu’on se dit qu’on aimerait partir dans le tiers-monde aider les pauvres, construire des latrines en Éthiopie, faire quelque chose d’utile… être assis en méditation à regarder des déchets remonter à la surface semble une perte de temps. Quant à moi, j’estime qu’être capable de rester assis à regarder remonter les déchets est le signe d’un niveau de pratique avancé. Il faut beaucoup de temps aux gens pour qu’ils permettent à leurs déchets de remonter comme cela.

Normalement on commence par penser à toutes les choses importantes qu’on pourrait être en train de faire au lieu d’être assis là. Mais combien de temps passez-vous dans votre vie à à courir dans tous les sens pour faire des choses terriblement importantes, pour faire en sorte que le monde continue de tourner, pour tout arranger, parce que vous ne pouvez pas supporter de regarder en face les déchets qui remonteraient si vous arrêtiez de courir ? En méditation, on crée volontairement une situation où il n’y a pas grand-chose à faire. C’est un façon de se donner l’occasion d’observer ce qui se passe quand on n’a pas des milliers de choses à faire pour occuper son temps.»

 

Ajahn Sumedho, L’esprit et la Voie, Sully, Vannes 2007, p. 62

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