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« COMME C’EST, CA VA ! » (Joshin Bachoux Sensei)

 « Un jour que Maître Baso était malade, un moine lui demanda : « Comment allez-vous ? Vous sentez-vous mieux ? » Baso répondit : « Bouddha au visage de soleil, Bouddha  au visage de lune. »

Le Bouddha au visage de soleil est censé vivre 1800 ans. Le Bouddha au visage de lune ne vit qu’un jour et une nuit. Mais peu importe. Quoi qu’il arrive, Baso peut accepter les « choses comme c’est », tandis que nous sommes incapables de tout accepter. Nous pouvons accepter une chose que nous estimons bonne, mais si nous n’aimons pas quelque chose, nous ne 1’accepterons pas. Et nous comparons : « Lui est un vrai maître zen, lui non » ; « Lui est un bon élève zen, moi non. » Etc.

L’essentiel est d’accéder au calme intégral. La pensée qui s’évertue à comparer ne vous sera d’aucun secours. Atteindre l’éveil signifie parvenir dans notre vie au calme intégral, sans distinction. Ce qui ne signifie pas s’attacher à l’attitude de non­distinction, qui resterait en fait une forme de distinction.

Quand je vivais au Japon, j’avais quelques élèves zen. Certains d’entre eux étaient riches et influents. D’autres étaient étudiants, charpentiers, ouvriers. J’ai toujours dit à mes élèves : « Si vous êtes un élève zen, vous devez tout oublier de votre rang social, de votre travail ou de vos titres. Sinon vous ne pourrez pratiquer véritablement zazen. »

Pendant zazen, il m’arrive de dire : « Ne pensez pas ! », autrement dit, « Ne jugez pas les choses en termes de ‘bon’ ou ‘mauvais’, ‘lourd’ ou ‘léger’ ». Acceptez seulement les choses comme c’est.

En zazen, vous devriez juste entendre le grand ou le petit bruit sans qu’il vous dérange. Cela peut sembler impossible, surtout pour un débutant, parce qu’au moment ou vous l’entendez, une réaction se déclenche. Mais si vous pratiquez zazen, si vous acceptez continûment les choses comme c’est, vous finirez par y arriver.

Nos problèmes surviennent parce que nous faisons l’effort d’atteindre quelque chose et cela limite notre activité. Dès lors nous ne parvenons à rien.

Nous devrions comprendre notre activité quotidienne de deux façons et être capables d’adopter aussi bien l’une que l’autre. La première est la conception dualiste – bon ou mauvais, juste ou erroné – et nous nous efforçons de comprendre les choses de cette façon. Mais nous devrions aussi être capables de nous déprendre de cette vision dualiste. Alors tout est un. C’est l’autre compréhension  des choses, la compréhension  de l’unité.

En fait, vous avez la liberté de passer d’une façon de comprendre à l’autre. Alors vous ne serez pas prisonniers de votre compréhension. Quoi que vous fassiez, ce sera l’activité intégrale de la pratique.

 Bouddha au visage de soleil, Bouddha au visage de lune – pas de problème.  Que je  sois à Tassajara ou à San Francisco, pas de problème. Même si je meurs, tout va bien pour moi et tout va bien pour vous. Et si ça ne va pas, vous n’êtes pas un élève zen. Tout va très bien. C’est cela le Bouddha. »

D’après : Shunryu Suzuki, Bouddha au visage de soleil, Bouddha au visage de lune, in : Sh.S., Libre de soi, libre de tout, Le Seuil 2011, pp. 180 – 183

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« Il y en a qui considèrent le Bouddha en lui prêtant les signes particuliers d’être pur, lumineux et libre, et les êtres vivants en leur prêtant les signes particuliers d’êtres impurs, obscurs et enchaînés au samsāra. Toutefois, ceux qui s’expliquent les choses de la sorte n’atteindront jamais l’Éveil même après d’innombrables kalpas, parce qu’ils s’attachent à des caractères particuliers.

Dans cet esprit un, donc, il ne reste plus la moindre réalité à trouver, car l’esprit est le Bouddha. De nos jours, les adeptes qui ne sont pas éveillés à cet esprit en sa substance ne font que produire pensée sur pensée, chercher le Bouddha à l’extérieur et pratiquer en s’attachant à des caractères particuliers. C’est là une mauvaise méthode et non la voie de l’Éveil. »

 

Houang-po, Entretiens, Présentation et traduction par Patrick Carré, Points Sagesse, p. 19

« Au loin dans la montagne sonne la cloche du grand temple. Vous entendez le son de la cloche se répercuter dans l’air du matin, et toutes vos pensées s’anéantissent. Vous, n’est plus rien. Tout est vous. Il n’y a plus que le son de la cloche qui emplit l’univers. »

(…)

Dans [cette] expérience, l’extérieur et l’intérieur ne font qu’un. Ceci est l’esprit du zen. »

Seung Sahn, source inconnue

La pompe du monastère zen où elle réside étant en panne, l’auteure est obligée, en plein cœur de l’hiver, de se rendre à la rivière pour s’approvisionner en eau.

« Je négocie la dernière partie du chemin, la plus raide, et voici la rivière : enserrée dans une gorge creusée au fil des millénaires, déboulant avec toute l’énergie du printemps et des glaciers, contournant les rochers dans un éclat de rire, elle brille de mille perles de glace qui renvoient l’éclat rose du soleil levant. Quelle joie ! Penser que si la pompe avait démarré, jamais je n’aurais fait l’effort de venir jusqu’ici et j’aurais manqué cela. On oublie peut-être trop souvent qu’il faut en nous un manque pour pouvoir recevoir. Que donner à celui qui a tout ? De même que le feu nous apprend le prix de la chaleur, la rivière aujourd’hui me fait cadeau de sa beauté, de sa force. Et j’ai envie de dire, avec le vieil ermite chinois Li Po :

« Nous nous asseyons ensemble, la rivière et moi

Jusqu’à ce qu’il ne reste plus que la rivière… »

Joshin Luce Bachoux, Journal de mon jardin zen, Desclée de Brouwer, Paris 2009, p.118-119

Les textes proposés sur le blog de Shikantaza expriment avant tout l’opinion de leurs auteurs. Les lecteurs sont invités à les examiner avec l’esprit de libre arbitre prôné par le Bouddha dans le Kalama Sutta.

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