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« Lors d’un enseignement du soir, maître Dōgen nous a dit :

Jadis, un général nommé Lu-zhong-lian vivait dans le pays dirigé par Pingyuan-jun, et il avait entièrement pacifié les ennemis du régime. Quand Pingyuan-jun voulut lui donner en récompense une grande quantité d’or et d’argent, le général Lu-zhong-lian eut l’audace de ne rien accepter en déclinant la faveur par ces paroles : ‘La voie d’un général ne consiste qu’à être habile à défaire l’ennemi. Il n’est pas question de vouloir en recevoir quoi que ce soit en prime.’ Lu-zhong-lian devint célèbre pour son intégrité.

Pour les gens du commun[1], évidemment, être sage consiste seulement à bien pratiquer soi-même sa propre voie. Ils n’en attendent rien en échange. Apprentis de l’Éveil, ayez la même circonspection. Ne pensez pas qu’en entrant dans la voie de bouddha, il pourrait y avoir quelque chose à obtenir en échange de toutes vos pratiques pour appréhender la Réalité de bouddha. Dans tous les enseignements bouddhiques et profanes, il ne s’agit que d’avancer sans rien chercher à atteindre. »

Dōgen Zenji, Shōbōgenzō Zuimonki, Tr. Kengan D. Robert, Sully, 2001, p. 85

[1] C.-à-d. nous tous qui lisons ce texte.

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« Une des erreurs que nous commettons souvent (…) est d’aborder la méditation comme une technique qui va nous rendre plus « fort », mieux à même de rencontrer les difficultés qui sont les nôtres.

 Lorsque les maîtres enseignent la pratique de « Mushotoku » (ne rien attendre) ou « Shikantaza » (seulement s’asseoir), c’est à une approche tout à fait différente qu’ils nous invitent.

 Il ne s’agit pas prioritairement de trouver dans la pratique des forces nouvelles, comme on prendrait des vitamines pour mieux affronter l’hiver, mais au contraire de rencontrer notre fragilité, de devenir intime avec elle, de l’accueillir, de nous poser au cœur même de cette fragilité, de la contempler et – en aucun cas – de vouloir la dépasser. »

 Barry Magid, in : Practice : you can’t do it wrong, Buddhadharma, Spring 2010, p. 38-39

Les textes proposés sur le blog de Shikantaza expriment avant tout l’opinion de leurs auteurs. Les lecteurs sont invités à les examiner avec l’esprit de libre arbitre prôné par le Bouddha dans le Kalama Sutta.

« Le grand maître du Zen Shunryu Suzuki est arrivé aux Etats-Unis en 1959. À toute manifestation d’intérêt pour le zen encore peu connu il répondait simplement : « Je pratique tous les matins à 5h45, venez me rejoindre. » Si quelqu’un se présentait, prêt à un tel effort, il l’accueillait, lui montrait la posture de la méditation, et lui désignait un coin pour s’asseoir dans la salle.

Cette exigence peu amène est une magnifique manière de préserver, en notre temps, l’esprit du Bouddha : elle est peu manipulable. « Quand vous essayez d’atteindre quelque chose, précise Shunryu Suzuki (…), votre esprit commence à vagabonder ailleurs. Quand vous n’essayez pas d’atteindre quelque chose, votre corps et votre esprit sont ici même.1 » Aussi, il n’invitait chacun qu’à venir s’asseoir. Pour rien. Cette insistance à laisser tomber tout espoir, toute recherche d’un bénéfice, cette décision de ne faire aucune promesse, ouvre un champ de transformation indéniable. Surtout elle coupe court au travers de l’obsession qui nous ravage. Elle remet l’homme face à l’abîme. »

Fabrice Midal, Quel bouddhisme pour l’Occident ?, Seuil, Paris 2006, p.206-207

1 Citation in : Shunryu Suzuki, Esprit zen, esprit neuf, Éditions du Seuil, Points Sagesse 1977, p.37

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