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« Une religion n’est juste que si elle sait qu’elle ne détient pas le sacré ou la vérité, mais ne peut qu’aider les hommes à le découvrir au cœur de leur propre existence. »

Fabrice Midal, L’écoute du ciel, Hermann, Pygmalion, Paris 2009, p. 23

Les textes proposés sur le blog de Shikantaza expriment avant tout l’opinion de leurs auteurs. Les lecteurs sont invités à les examiner avec l’esprit de libre arbitre prôné par le Bouddha dans le Kalama Sutta.

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«Le bouddhisme est marqué par une absence de toute opposition entre le corps et l’esprit. Il développe une pensée de l’être humain comme union du corps, de la parole – sentiment et souffle – et de l’esprit. Le corps, loin d’être le « tombeau de l’âme », comme pour Platon et à sa suite saint Augustin, est « l’arbre de l’Éveil ». La posture joue un rôle crucial dans la pratique de la méditation. Le pratiquant bouddhiste la cherche et apprend à l’habiter. Le maître Zen Shunryu Suzuki écrit ainsi: « Soyez assis droit comme si votre tête soutenait le ciel. Il ne s’agit pas là simplement de forme ou de respiration. Ceci est la clé du bouddhisme. C’est une expression parfaite de votre nature de Bouddha. Si vous voulez vraiment comprendre le bouddhisme, vous devriez pratiquer ainsi. Ces formes ne sont pas des moyens d’obtenir le juste état d’esprit. Être dans cette posture est le but même de notre pratique. Quand vous avez cette posture, vous avez le juste état d’esprit; aussi n’y a-t-il pas besoin d’atteindre quelque chose de spécial. » En découvrant le bouddhisme, nombre d’Occidentaux ont d’abord été frappés par ce souci d’ancrer toute expérience, tout enseignement dans le corps. Ce fut pour eux un soulagement et de nombreux contemplatifs chrétiens ont tenté de revivifier leur foi en s’inspirant de cette approche. Pour le bouddhisme, en effet, notre idée occidentale selon laquelle la spiritualité consiste à quitter la matière et donc à se détacher du corps pour s’élever est incompréhensible. »

Fabrice Midal, L’écoute du ciel, Pygmalion, Paris 2009, pp. 164-165

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«Le bouddhisme s’implante en Occident – le fait est incontestable: encore faut-il comprendre ce qu’il signifie et en mesurer la portée. Le succès du bouddhisme révèle peut-être en creux ce qui manque à l’Occident, ou en tout cas ce qu’il recherche aujourd’hui, au-delà ou en dehors des formes traditionnelles de religion. Mais, de ce fait, le bouddhisme est confronté à des questions nouvelles : la démocratie, la laïcité, le féminisme, le christianisme… Comment se situe-t-il par rapport à ces interrogations ? Peut-il apporter ses propres réponses ? De son côté, l’Occident, qui a lui-même une riche tradition religieuse, n’a que faire d’une religion de plus : c’est pourquoi il contraint le bouddhisme à dire simplement ce qu’il est, au-delà des rituels et des habitudes confessionnelles. La rencontre de ces deux univers est donc pour le bouddhisme l’occasion de se renouveler, mais surtout de se dévoiler. Ce livre décrit et interprète cette rencontre culturelle et spirituelle. Il s’adresse évidemment aux bouddhistes, mais surtout à tous ceux qui ne le sont pas.

Fabrice Midal est docteur en philosophie, titulaire d’un DEA d’histoire de l’art, chargé de cours à l’université Paris VIII. Il enseigne par ailleurs le bouddhisme dans de nombreuses institutions. Membre du conseil d’administration de l’Université bouddhiste européenne et directeur de collection chez Pocket, il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Trungpa, Mythes et Dieux tibétains, La Pratique de l’éveil, L’Esprit de la chevalerie…»

Cet ouvrage est en prêt à la bibliothèque du Centre

« Et dieu dans tout ça ? » le magazine des philosophies et des religions

RTBF.Be – La Première

Dimanche 31 octobre 2010

1ère diffusion de 11h00 à midirediffusion de 23h15 à minuit
Cette émission sera disponible en podcast ici pendant environ un mois.

Sujet principal :  Ésotérisme chrétien et franc-maçonnerie

A priori, la franc-maçonnerie semble être très éloignée du christianisme. Pourtant, les historiens sont unanimes à considérer que le développement de cette étrange société doit beaucoup à une approche particulière de l’héritage philosophique chrétien…C’est en tout cas le sujet d’un cycle de conférences qui commence en ce moment à l’ULB.

De la fin du XIXe siècle à la Seconde Guerre mondiale, l’ésotérisme connaîtra une vogue certaine et sera l’objet de nombreuses publications. Les années 1960 et suivantes verront également une certaine résurgence de ce courant, malgré les errances de certains de ses chefs de file en direction du fascisme et du nazisme. Curieusement, ce courant n’avait qu’assez peu mobilisé la recherche universitaire qui a eu longtemps tendance à n’y voir qu’un fatras de dangereuses élucubrations. Mais, derrière une façade qui se veut volontiers immuable, comment la « pensée ésotériste » a-t-elle évolué avec son temps ? Que nous dit-elle sur les nostalgies de l’homme d’aujourd’hui ? Et a-t-elle encore de l’influence sur un mouvement comme la franc-maçonnerie contemporaine ? C’est le sujet d’un cycle de conférences ouvertes au grand public qui est organisé par le Groupe de recherches et d’études des mouvements maçonniques et ésotériques (GREMME) au sein du Centre interdisciplinaire d’étude des religions et de la laïcité à l’ULB.

Avec Jean-Pierre Laurant, chargé de conférence à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales à Paris et biographe de René Guénon ; Olivier Santamaria,  chercheur en histoire des religions au CIERL/ULB, Sophie Pérenne, philosophe, auteure de « La Vision paradoxale » et de « L’Obscure lumière des sages – introduction à la voie ésotérique » (éd. Acarias)

Infos: http://gremmenews.blogspot.com/p/seminaire-2010.html

Sujet livre : « Et si de l’amour on ne savait rien ? » Rencontre avec Fabrice Midal.

Fabrice Midal est un philosophe français atypique : juif de naissance, bouddhiste d’adoption ; c’est aussi un remarquable philosophe des arts plastiques. Dans l’un de ses derniers livres en date, il revient sur ce qui est sans doute l’un des moteurs les plus fondamentaux de l’être humain : l’amour. Vaste entreprise, sans aucune doute, que de revisiter une notion qui a mobilisé les penseurs de tous les temps et de toutes les civilisations ! Mais Fabrice Midal, le fait avec une fraîcheur inédite, en décloisonnant joyeusement tous les champs du savoir et de la connaissance… Et il nous donne à voir soudain l’amour avec de nouveaux yeux. Ceux de Chimène ?

Fabrice Midal « Et si de l’amour on ne savait rien ? », éd. Albin Michel 2010

Site de Fabrice Midal : http://www.prajna-philia.com/

« Certes, les historiens ont raison de souligner que … le bouddhisme … est parfois devenu un ensemble de dogmes à accepter tels quels. Mais le geste du Bouddha, refusant de se plier à aucune règle établie, quittant son royaume, décidé à regarder par lui-même la nature de la réalité, sans dépendre pour cela d’aucun dieu, offre un exemple puissant de cet idéal de liberté [laïc]. Il importe aujourd’hui de le revivifier dans le cadre de la laïcité assumée.

L’épreuve de la laïcité est une chance pour une spiritualité authentique. Certes souvent la laïcité apparaît comme un anticléricalisme. C’est que ce projet a dû, historiquement, pour s’imposer, se confronter à l’Église catholique qui s’y est, avec tant de virulence, opposée. Mais en lui-même, tel n’est pas son propos qui ne se conçoit pas  dans une opposition. Remarquons que ce qui est anti-… reste, comme le remarque Heidegger, « inextricablement prisonnier de ce contre quoi il entreprend le combat[1] ». La laïcité est une perspective qui peut s’analyser à partir d’elle-même. Il est possible de la comprendre comme un véritable état d’esprit et non un simple cadre visant à la coexistence pacifique de communautés diverses voire opposées. Elle est, dans cette perspective, une invitation à se détacher des corporatismes dogmatiques où l’appartenance à un groupe prime l’exigence de responsabilité et de liberté propre à chacun.

Le bouddhisme a beaucoup à gagner à radicaliser son engagement dans la laïcité, ce qui nécessite une mise en œuvre d’une perspective d’études critiques de son corpus et de ses pratiques. Les rencontres entre tenants de diverses traditions bouddhiques confrontant leurs discours, les analyses historiques déplaçant certaines problématiques, le repérage de la collusion du spirituel et de la politique, la confrontation à la philosophie, à l’art et à la psychologie tels qu’ils sont vécus aujourd’hui, peuvent y concourir.

Ce travail peut certes être engagé avec l’arrogance méprisante et stérile de ce que Charles Péguy nomme le Parti intellectuel, mais il peut aussi, dans son mouvement, libéré de croyances naïves, engager l’homme à répondre de son existence. Le bouddhisme qui s’étend aujourd’hui en Occident, promu par Shunryu Suzuki, Deshimaru et les maîtres zen qui leur ont succédé, le Dalaï-Lama, Thich Nhat Hanh ou Chögyam Trungpa, ne repose sur aucun élément de croyance ; il ne craint nulle remise en cause de certaines doctrines tardives, de conventions ou éléments de superstition. Il peut au contraire, de cette confrontation, recevoir un recentrement sur son sens originel, son ambition d’aider chacun à se libérer. »

Fabrice Midal, Quel bouddhisme pour l’Occident ?, Seuil, Paris 2006, p. 253-254


[1] Martin Heidegger, cité et traduit par François Fédier dans Regarder Voir, Paris, Archimbaud/Les Belles Lettres, 1995, p. 280

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