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« Nous cherchons à vivre et pourtant la vie est toujours donnée. L’expérience du juste-s’asseoir nous renvoie à la dimension immédiate et présente de la vie. Tant que nous surimposons, que nous imposons quelque chose à la méditation, nous nous empêchons de réaliser sa dimension de plénitude. L’assise ne peut donc être une méditation que l’on qualifierait de thérapeutique ou même de spirituelle. Ajouter « juste » dans l’expression « juste s’asseoir, shikantaza, est une manière de briser tous les ajouts. C’est en osant laisser échapper toutes ses attentes que cette présence à soi, réelle, vivante, vivifiante, pourra surgir. Il ne s’agit même pas d’abandonner telle ou telle idée. Il s’agit réellement de s’abandonner en entier. La méditation est don pur. Le véritable don n’a aucune peur, il ne retient rien, il n’est entravé par rien. Il est amour. Il est ouverture. L’assise se réalise en tant qu’assise lorsque je m’engage totalement dans la dimension du don. « Totalement » signifie s’asseoir sans faux-semblant, sans arrière-pensée. Même les croyances sur la méditation, les espoirs devraient être abandonnés. L’intrépidité est ici requise, sinon la méditation restera morne, étouffée et l’on continuera à vivre dans le mondes de ses croyance. Il ne s’agit pas seulement de se défaire de ses attentes les plus grossières, les plus visibles, comme de vouloir soigner telle ou telle maladie, mais des attentes les plus subtiles, les plus invisibles. Celles que l’on doit finalement traquer au fond de soi pour les dépasser et se convertir au monde de la vie. »

Éric Rommeluère, Les bouddhas naissent dans le feu, Seuil, 2007, p. 90

Les textes proposés sur le blog de Shikantaza expriment avant tout l’opinion de leurs auteurs. Les lecteurs sont invités à les examiner avec l’esprit de libre arbitre prôné par le Bouddha dans le Kalama Sutta.

Eric Rommeluère, Les bouddhas naissent dans le feu, Seuil

Extrait de la quatrième de couverture :

« Le maître zen Yaoshan Weiyan écrivit le caractère ‘bouddha’ et demanda à son discipline Daowu: ‘Quel est ce caractère?’ Daowu répondit: ‘bouddha’. Le maître dit: ‘Quel bavard tu fais!’ De ces paroles vives et déroutantes des anciens maîtres zen, Eric Rommeluère, lui-même enseignant zen, régale son lecteur. Mais c’est pour le convier à entrer, page après page dans un langage moderne, original et surprenant, souvent paradoxal, au cœur de l’expérience fondamentale du bouddhisme: l’éveil. Celui-ci est, contrairement à une vision trop passive, partagée en Occident, audace de vivre, audace d’aimer, audace de grandir. Oui, les bouddhas naissent dans le feu: la maxime a toujours été pour ces maîtres zen une invitation à s’engager dans le feu bouillonnant de la vie. »

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