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Le Shin Jin Mei de Maître Sosan († 606), le 3è patriarche du zen en Chine, interpelle souvent le lecteur non averti.

La Voie Suprême n’est pas difficile,

Pour peu qu’on évite de choisir.

Mais qu’il n’y ait ni amour ni haine

Et elle vous apparaîtra clairement.

La lutte entre le pour et le contre,

C’est là la maladie de l’esprit.

Ce texte soulève souvent des questions bien légitimes.

S.N. Goenka est un maître spirituel indien qui enseigne la méditation Vipassanâ.

Dans un contexte qui n’a a priori rien à voir avec celui du zen, il donne à la question d’un étudiant la réponse suivante :

« Question : Certains désirs ou certaines aversions ne peuvent-ils être positifs – par exemple, haïr l’injustice, désirer la liberté, craindre le mal physique ?

« S.N. Goenka : Les aversions et les désirs ne peuvent jamais être positifs. Ils vous rendront toujours tendus et malheureux. Si vous agissez avec du désir avide ou de l’aversion dans l’esprit, votre but vaut peut-être la peine, mais vous employez un mauvais moyen de l’atteindre. Bien sûr, vous devez vous protégez du danger. Vous pouvez le faire en proie à la peur, mais développer ainsi un complexe de peur qui finira par vous nuire. Ou bien, la haine à l’esprit, vous réussirez peut-être à combattre l’injustice, mais cette haine deviendra un complexe mental nuisible. Vous devez combattre l’injustice, vous protéger du danger, mais vous devez le faire avec un esprit équilibré, sans tension. Et dans l’équilibre, vous pouvez travailler à accomplir quelque chose de bon, par amour pour les autres. »

William Hart, L’art de vivre, Méditation Vipassanâ

enseignée par S.N. Goenka, Points Sagesse 126, p. 79-80

«La véritable compassion doit être libre des entraves de l’attachement (…). La condition préalable à une compassion sincère est d’avoir un sentiment d’équanimité à l’égard de tous les êtres sensibles.

Notre état d’esprit ordinaire est fortement entaché de partialité. Nous sommes distants vis-à-vis des personnes que nous jugeons inamicales ou hostiles, et nous éprouvons un sentiment disproportionné de proximité ou d’attachement envers ceux que nous considérons comme nos amis. Nous voyons bien combien notre réaction émotionnelle envers autrui est fluctuante et partiale. Tant que nous n’avons pas dominé ces préjugés, nous n’avons aucune possibilité de développer une authentique compassion. Quand bien même nous serions capables de ressentir une certaine compassion à l’égard d’autrui, elle restera entachée de partialité tant qu’elle n’est pas fondée sur une profonde équanimité, car il s’y mêle de l’attachement.

(…)

Si vous examinez attentivement la nature de la compassion, vous constaterez (…) que la véritable compassion peut s’étendre à vos ennemis – ceux qui vous semblent hostiles. En revanche, la compassion mêlée d’attachement ne peut rayonner sur quelqu’un que vous considérez comme un ennemi.»

Dalaï-Lama, Le Dalaï-Lama parle de Jésus, Éditions J’ai lu, Paris 1998, p. 115-117

Les textes proposés sur le blog de Shikantaza expriment avant tout l’opinion de leurs auteurs. Les lecteurs sont invités à les examiner avec l’esprit de libre arbitre prôné par le Bouddha dans le Kalama Sutta.

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