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«… les positions relèvent de la jungle des spéculations et des dogmes …

… elles vont de pair avec la souffrance et ne mènent

ni à la paix intérieure, ni à la connaissance directe, ni à la libération.»

MN 72

«Souvent, on nous demande quelle est la position du bouddhisme sur certaines questions éthiques et sociales. Et il nous est toujours difficile d’expliquer que le bouddhisme n’a pas vraiment de position.

Au cours de leur histoire, les différentes traditions bouddhistes ont, de tout temps, appelé à la prudence vis-à-vis des positions. Prendre position est souvent davantage une source de souffrance que de libération. En cela, les traditions bouddhistes se démarquent autant des religions révélées que de nombreux courants philosophiques.

Par ailleurs, le bouddhisme est hétérogène et non confessionnel. Il n’existe rien de tel que « le » bouddhisme. Personne ne peut parler pour le bouddhisme dans son ensemble.

Les propos tenus dans le cadre des enseignements bouddhistes n’ont de sens que dans le contexte où ils sont tenus. Tout propos est tributaire de la personne qui l’a tenu et de la personne ou du groupe de personnes auquel il s’adresse, ainsi que du contexte historique et culturel dans lequel il est tenu. Il n’a en aucun cas une portée universelle.

Cela ne signifie pas pour autant que le bouddhisme ne puisse pas prendre part au dialogue interconvictionnel. Mais il est important de comprendre que le bouddhisme ne vient pas y apporter son lot de positions supplémentaires.

Ce qui unit les traditions bouddhistes, c’est l’enseignement de la sagesse et de la compassion. Ce que nous espérons, c’est que le bouddhisme puisse apporter un peu de cette sagesse et de cette compassion, d’ouverture et de réconciliation au dialogue interconvictionnel.»

Edel Maex, Positions du bouddhisme, site web de l’Union Bouddhique Belge, www.buddhism.be

Texte en exergue: http://www.canonpali.org/tipitaka/suttapitaka/majjhima/mn072.html

Les textes proposés sur le blog de Shikantaza expriment avant tout l’opinion de leurs auteurs. Les lecteurs sont invités à les examiner avec l’esprit de libre arbitre prôné par le Bouddha dans le Kalama Sutta.

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« Certes, les historiens ont raison de souligner que … le bouddhisme … est parfois devenu un ensemble de dogmes à accepter tels quels. Mais le geste du Bouddha, refusant de se plier à aucune règle établie, quittant son royaume, décidé à regarder par lui-même la nature de la réalité, sans dépendre pour cela d’aucun dieu, offre un exemple puissant de cet idéal de liberté [laïc]. Il importe aujourd’hui de le revivifier dans le cadre de la laïcité assumée.

L’épreuve de la laïcité est une chance pour une spiritualité authentique. Certes souvent la laïcité apparaît comme un anticléricalisme. C’est que ce projet a dû, historiquement, pour s’imposer, se confronter à l’Église catholique qui s’y est, avec tant de virulence, opposée. Mais en lui-même, tel n’est pas son propos qui ne se conçoit pas  dans une opposition. Remarquons que ce qui est anti-… reste, comme le remarque Heidegger, « inextricablement prisonnier de ce contre quoi il entreprend le combat[1] ». La laïcité est une perspective qui peut s’analyser à partir d’elle-même. Il est possible de la comprendre comme un véritable état d’esprit et non un simple cadre visant à la coexistence pacifique de communautés diverses voire opposées. Elle est, dans cette perspective, une invitation à se détacher des corporatismes dogmatiques où l’appartenance à un groupe prime l’exigence de responsabilité et de liberté propre à chacun.

Le bouddhisme a beaucoup à gagner à radicaliser son engagement dans la laïcité, ce qui nécessite une mise en œuvre d’une perspective d’études critiques de son corpus et de ses pratiques. Les rencontres entre tenants de diverses traditions bouddhiques confrontant leurs discours, les analyses historiques déplaçant certaines problématiques, le repérage de la collusion du spirituel et de la politique, la confrontation à la philosophie, à l’art et à la psychologie tels qu’ils sont vécus aujourd’hui, peuvent y concourir.

Ce travail peut certes être engagé avec l’arrogance méprisante et stérile de ce que Charles Péguy nomme le Parti intellectuel, mais il peut aussi, dans son mouvement, libéré de croyances naïves, engager l’homme à répondre de son existence. Le bouddhisme qui s’étend aujourd’hui en Occident, promu par Shunryu Suzuki, Deshimaru et les maîtres zen qui leur ont succédé, le Dalaï-Lama, Thich Nhat Hanh ou Chögyam Trungpa, ne repose sur aucun élément de croyance ; il ne craint nulle remise en cause de certaines doctrines tardives, de conventions ou éléments de superstition. Il peut au contraire, de cette confrontation, recevoir un recentrement sur son sens originel, son ambition d’aider chacun à se libérer. »

Fabrice Midal, Quel bouddhisme pour l’Occident ?, Seuil, Paris 2006, p. 253-254


[1] Martin Heidegger, cité et traduit par François Fédier dans Regarder Voir, Paris, Archimbaud/Les Belles Lettres, 1995, p. 280

Les textes proposés sur le blog de Shikantaza expriment avant tout l’opinion de leurs auteurs. Les lecteurs sont invités à les examiner avec l’esprit de libre arbitre prôné par le Bouddha dans le Kalama Sutta.

Le 26 avril prochain, Michel Deprèay, Président de l’Union Bouddhique Belge et responsable du centre Shikantaza, donnera, à l’initiative de la Commission diocésaine pour le dialogue interreligieux de l’Évêché de Tournai, une conférence sur le thème «Unum est necessarium (Luc 10, 38-42) – L’indispensable unité».

«L’expérience de l’unité – unité intérieure d’une part, unité avec un « par-delà du soi » d’autre part – est une expérience accessible à l’homme indépendamment de ses convictions religieuses ou philosophiques et de sa culture.

Les pratiques qui mènent à cette expérience de l’unité existent dans toutes les grandes traditions, théistes ou non théistes. C’est sur cette base que s’est noué un dialogue extrêmement fécond entre traditions monastiques d’Orient et d’Occident.

D’où cette question:

L’expérience des moines ne pourrait-elle inspirer une nouvelle forme de dialogue entre pratiquants laïcs de convictions différentes visant à une « unité » au-delà des dogmes et des doctrines inconciliable?»

Quand ?
Le lundi 26 avril 2010 à 19h30

Où ?
Au séminaire de Tournai
Rue des Jésuites 28
7500 Tournai

PAF libre

Renseignements :
069/646 242
genevieve.frere@evechetournai.be

Diffusion le mardi 20 avril 2010 vers 22h45 sur «la deux»

Nouvelles diffusions  sur « la deux » dans la boucle de nuit du jeudi 22 au vendredi 23 avril à partir de 1h10.

noms  de  dieux

Edmond  Blattchen

reçoit

Père Pierre-François de BETHUNE

Entre Jésus et Bouddha

C’est un moine bénédictin et un acteur majeur du dialogue entre les religions que reçoit Edmond Blattchen.

Né en 1936 en Belgique, Pierre-François de BETHUNE est entré en 1955 au monastère Saint-André, d’ abord à Bruges, puis à Clerlande (Ottignies – Louvain-La-Neuve) où il a été Prieur de 1989 à 2004.

Après des études théologiques à Rome, il entreprend un travail missionnaire pendant huit ans au Congo-Kinshasa. De retour en Europe au début des années 70, il découvre le bouddhisme et il effectue plusieurs longs séjours au Japon où il est initié par d’authentiques maîtres de la tradition zen. Loin de l’éloigner de Jésus, Bouddha l’en rapproche. Le Père de BETHUNE découvre ainsi les vertus de  « l’hospitalité sacrée » et du dialogue des religions.

C’est donc tout naturellement qu’il devient Secrétaire Général des commissions pour le DIM, le Dialogue Interreligieux Monastique (de 1985 à 2007), puis « Consulteur » au Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux (de 1985 à 2001).

Pierre-François de BETHUNE a publié « L’Hospitalité sacrée entre les religions » en 2007 chez Albin Michel.

Présentation-production : Edmond Blattchen

Réalisation : Jacques Dochamps

Chargée de recherches : Catherine Firket

Une production de l’Unité des Magazines Culturels de la RTBF

Dimanche 7 février2010

1ere diffusion de 11h00 à midirediffusion de 23h15 à minuit
Cette émission sera disponible en podcast ici pendant environ un mois.

Sujet principal« Du Christ à Bouddha : vers une nouvelle synthèse ? »

En Europe, aujourd’hui, le bouddhisme est à la mode, c’est un fait évident. Mais ce qui l’est moins c’est que de nombreux chrétiens n’hésitent plus à faire un bout de chemin en direction de cette religion/philosophie orientale qui est pourtant, a priori, bien différente…

Ils sont de plus en plus nombreux à oser le voyage. Un voyage souvent immobile mais qui n’en n’est pas moins long et compliqué. Parfois, le voyage devient bien concret et on les voit alors s’envoler régulièrement vers le Japon ou l’Inde et s’en revenir avec les yeux qui pétillent et le cœur un peu plus léger. En tout cas, de plus en plus de religieux catholiques, hommes et femmes, n’hésitent plus à tenter l’expérience concrète du bouddhisme. Dans certains cas, il s’agit d’un intérêt documentaire et le but est d’apprendre des techniques inédites en chrétienté occidentale. Mais dans certains cas l’expérience va plus loin et elle renouvelle alors fondamentalement les modalités du cheminement spirituel. Depuis 50 ans, des religieux chrétiens tâtent le terrain mais ils n’ont pas toujours été compris de leur collègues ni de leur hiérarchie. En est-il autrement aujourd’hui ?

Avec Jacques Scheuer, SJ ; professeur d’histoire des religions asiatiques à l’UCL et auteur de « Un chrétien dans les pas du Bouddha » (ed. Lessius) ; Pierre-François de Béthune, moine bénédictin au monastère de Clerlande et auteur de « L’Hospitalité sacrée entre les religions » (ed. Albin-Michel 2007) Dennis Gira, directeur de l’Institut de science et théologie des religions (ISTR) de l’Institut catholique de Paris et auteur de « Le bouddhisme en 50 clés » (ed. Bayard)

Sujet secondaire – Conférence: « Carnaval : quand le passé fait la nique au présent » – Une rencontre avec Charles Henneghien.

Charles Henneghien est un photographe belge talentueux qui, depuis de nombreuses années, produit des livres de photos remarquables. Mais c’est aussi un conférencier hors pair. En ce moment, calendrier oblige, il tourne en Wallonie avec une conférence sur les carnavals d’Europe qui était également le sujet d’un des ses derniers livres. L’occasion de revenir sur ces festivités toujours extrêmement populaires – et pas qu’à Binche –  qui font peut-être bien partie des derniers pieds de nez que la tradition immémoriale fait à notre présent hyper-moderne…

Charles Henneghien,  » Les plus beaux carnavals d’Europe  » Ed. CPE

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