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« Former le vœu que tous nos semblables soient  délivrés

 de la souffrance, telle est la compassion. » S.S. le Dalaï-Lama

L’empathie

La première étape vers la compassion constitue à développer notre empathie, notre intimité avec les autres. Nous devons aussi reconnaître la gravité de leurs souffrances. Plus nous sommes proches d’une personne, moins nous tolérons de la voir souffrir. L’intimité dont je parle n’est pas d’ordre physique, ni nécessairement émotionnel. Elle s’apparente plutôt à un sentiment de responsabilité, d’intérêt envers autrui. Pour développer une telle intimité nous devons réfléchir sur la nécessité de chérir le bien-être d’autrui ; nous découvrons alors que cette disposition apporte bonheur intérieur et paix de l’esprit. Une telle attitude envers autrui nous assure l’amour et le respect de nos semblables. Examinons les inconvénients de l’égoïsme, responsables de nos attitudes non vertueuses, et reconnaissons que notre bonheur présent n’est possible, bien souvent, qu’au détriment de ceux qui sont moins favorisés par le sort.

Il est d’autre part important que nous réfléchissions à la bonté que nous témoignent nos semblables. Cette prise de conscience est également le fruit d’un approfondissement de notre empathie. Nous devons reconnaître ce que notre bonheur doit à la contribution et aux efforts de nos semblables. Si nous jetons un rapide coup d’œil autour de nous, nous constatons que les immeubles où nous vivons et travaillons, les routes que nous empruntons, les vêtements que nous portons, les aliments que nous mangeons, tout cela nous est procuré par le dur travail d’autrui. Nous ne pourrions jouir de tous ces bienfaits sans la bonté de tant d’inconnus. Cette prise de conscience renforce notre estime pour nos semblables ainsi que notre empathie et notre intimité avec eux. »

S.S. le Dalaï-Lama, L’art de la compassion, Éditions J’ai lu, Paris 2002, pp. 67-68

« Je pense qu’entre les traditions chrétienne et bouddhiste, il existe une convergence exceptionnelle et un potentiel d’enrichissement mutuel par le dialogue, surtout dans les domaines de l’éthique et de la pratique spirituelle – ainsi des pratique de la compassion, de l’amour, de la méditation et du progrès dans la tolérance. Je pense aussi que ce dialogue peut aller très loin et atteindre un niveau très profond de compréhension. Quant au dialogue philosophique ou métaphysique, je pense que nous devons nous séparer. Toute la conception bouddhique du monde repose sur une position philosophique centrée sur le principe de l’interdépendance, selon lequel toute chose ou événement est un pur produit d’interactions entre des causes et des conditions. Il est quasiment impossible, dans cette vision du monde, de faire une place à une vérité atemporelle, éternelle et absolue. Il n’est pas possible non plus d’y intégrer le concept de Création divine. Réciproquement, pour un chrétien dont toute la conception métaphysique du monde est fondée sur la croyance en la Création et en un Créateur divin, il est impossible d’accommoder l’idée que toute chose ou événement naît de la simple interaction de causes et de conditions. Ainsi, au plan métaphysique, à partir d’un certain point le dialogue devient problématique et les deux traditions divergent. »

(…)

Alors qu’en métaphysique les points de vue chrétiens et bouddhistes sont si éloignés l’un de l’autre, ils peuvent l’un et l’autre contribuer à créer des êtres humains également bons, spirituellement matures et éthiquement sains. Ces différences, par conséquent, ne doivent pas nous diviser. »

Dalaï-Lama, Le Dalaï-Lama parle de Jésus, Éditions J’ai lu, Paris 1998, p. 135-137

Les textes proposés sur le blog de Shikantaza expriment avant tout l’opinion de leurs auteurs. Les lecteurs sont invités à les examiner avec l’esprit de libre arbitre prôné par le Bouddha dans le Kalama Sutta.

« Je crois qu’il convient d’établir une distinction importante entre religion et spiritualité. J’associe la religion avec la croyance au salut tel que le promet telle ou telle confession, en accord avec l’acceptation d’une réalité métaphysique ou surnaturelle pouvant éventuellement inclure l’idée de paradis ou de nirvana, et comprenant l’enseignement de dogmes, de rites et de prières. J’associe la spiritualité avec ces qualités de l’esprit humain – amour et compassion, patience, tolérance, pardon et sens de la responsabilité – qui apportent le bonheur à autrui en même temps qu’à soi-même. Alors que, tout comme les rites et les prières, les questions de nirvana et de salut sont directement liées à la foi religieuse, il n’en va pas nécessairement de même pour ces qualités intérieures. Aussi n’y a-t-il aucune raison pour que l’individu ne puisse les développer, même à un haut degré, sans avoir recours à aucun système de croyance religieux ou métaphysique. C’est pourquoi il m’arrive de dire que la religion est peut-être quelque chose dont on peut se passer. Ce qui, en revanche, est indispensable, ce sont ces qualités spirituelles fondamentales.

Ceux qui pratiquent une religion sont bien sûr en droit de prétendre que ces qualités, ou vertus, sont les fruits d’un effort religieux authentique, et que leur religion s’emploie à les développer à travers la pratique spirituelle. Pourtant, ce en quoi cette pratique consiste est un sujet de confusion parmi les croyants aussi bien que les non-croyants. Le souci du bien-être d’autrui est l’élément unificateur des qualités que je qualifie de « spirituelles ». En tibétain, nous parlons de shen pen kyi sem, qui signifie « idée d’aider les autres ». Or, si l’on y réfléchit, on se rend compte que les qualités dont il est question traduisent toutes le souci implicite du bien-être des autres. De plus, ceux qui pratiquent l’amour, la patience, le pardon et la tolérance reconnaissent dans une certaine mesure l’effet potentiel des actions individuelles sur autrui, et règlent leur conduite en conséquence. Ainsi, la pratique spirituelle conforme à ces données implique d’une part d’agir dans le souci du bien-être d’autrui, et d’autre part de se transformer soi-même pour être mieux disposé à le faire. En parler autrement est dénué de sens. »

Dalaï-Lama, Sagesse ancienne, monde moderne, Paris, Le Livre de Poche, 2004, p. 32-32

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