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« La compassion, dans le bouddhisme,

n’est pas la pitié. Elle ne comporte aucun

sentiment de supériorité à l’égard de

celui qui souffre, car elle est conscience

que nous sommes tous logés à l’enseigne

de la souffrance et de la frustration,

même si leurs formes diffèrent selon les êtres.

Le Dalaï-Lama raconte qu’un moine âgé, qui n’avait pu le suivre dans son exil, fut emprisonné par les occupants chinois. Libéré au bout de vingt ans, il rejoignit son monastère en exil, à Dharamsala, dans le nord de l’Inde.

« Nous avons parlé de son expérience passée, de ses vingt ans d’emprisonnement. Il m’a dit alors que pendant sa vie en prison, il n’avait affronté qu’un seul danger. Je lui ai demandé lequel – je pensais à un danger pour sa vie. Sa réponse a été : « Le danger de perdre la compassion envers les Chinois… »

Et le Dalaï-Lama ajoute : « Si nous nous laissons aller à la haine, au désespoir et à la violence, nous nous abaisserons nous-mêmes au niveau de nos oppresseurs. »

Jean Vernette, Contes et paraboles de sagesse du bouddhisme,

Presses de la Renaissance, Paris, 2002, p. 82

« Former le vœu que tous nos semblables soient  délivrés

 de la souffrance, telle est la compassion. » S.S. le Dalaï-Lama

 

Reconnaître la souffrance d’autrui

« Il est – après l’empathie et le développement de l’intimité – une autre pratique importante dans le développement de la compassion. Elle consiste à reconnaître la nature de la souffrance. Notre compassion pour toutes les créatures sensibles est issue de notre reconnaissance de leur souffrance. La contemplation de la souffrance a une caractéristique bien particulière : elle gagne en puissance et en efficacité si nous nous concentrons sur notre propre souffrance pour ensuite étendre cette reconnaissance à la souffrance d’autrui. La compassion envers nos semblables croît avec notre perception de leur souffrance.

Nous sympathisons tous spontanément avec un être qui endure une douleur manifeste – qu’il souffre d’une maladie grave ou qu’il ait perdu un être cher. Le bouddhisme a une expression pour ce type de souffrance : la souffrance de la souffrance.

Il est plus difficile d’éprouver de la compassion pour quelqu’un qui fait l’expérience de ce que les bouddhistes appellent la souffrance du changement, laquelle désigne souvent une expérience agréable, comme la célébrité ou la richesse. Il s’agit là d’une seconde espèce de souffrance. Face à une personne ayant brillamment réussi, nous ressentons souvent de l’admiration ou de l’envie, au lieu d’éprouver de la compassion, alors que nous connaissons le caractère éphémère de ce succès et les cruelles désillusions que réserve souvent l’avenir. Si nous connaissions vraiment la nature de la souffrance, nous réaliserions le caractère éphémère de la célébrité ou de la richesse et des joies qu’elles procurent, et celui, inéluctable, de la souffrance qui leur succédera.

Il existe enfin un troisième niveau d’affliction, plus profond et aussi plus subtil. Nous en faisons constamment l’expérience, parce que ce type de souffrance est un corollaire du cycle des existences. La nature cyclique de l’existence nous condamne à subir l’emprise perpétuelle d’émotions et de pensées négatives. Aussi longtemps qu’elles nous gouvernent, notre existence entière est placée sous le signe de l’affliction. (…)

Dès que nous sommes capables de combiner empathie pour les êtres humains et compréhension profonde de la souffrance qu’ils éprouvent, nous sommes alors tout aussi capables d’une authentique compassion envers eux. À condition toutefois d’y travailler sans relâche. Cette démarche est comparable à celle qui consiste à allumer un feu en frottant deux bouts de bois l’un contre l’autre. Pour que le bois s’enflamme, la température doit rejoindre peu à peu le point de fusion grâce à une friction continue. Pour accroître nos qualités morales telles que la compassion, nous devons procéder de la même façon – nous devons appliquer avec constance les techniques mentales requises pour obtenir l’effet désiré. (…)

S.S. le Dalaï-Lama, L’art de la compassion, Éditions J’ai lu, Paris 2002, pp. 68-70

« Former le vœu que tous nos semblables soient  délivrés

 de la souffrance, telle est la compassion. » S.S. le Dalaï-Lama

L’empathie

La première étape vers la compassion constitue à développer notre empathie, notre intimité avec les autres. Nous devons aussi reconnaître la gravité de leurs souffrances. Plus nous sommes proches d’une personne, moins nous tolérons de la voir souffrir. L’intimité dont je parle n’est pas d’ordre physique, ni nécessairement émotionnel. Elle s’apparente plutôt à un sentiment de responsabilité, d’intérêt envers autrui. Pour développer une telle intimité nous devons réfléchir sur la nécessité de chérir le bien-être d’autrui ; nous découvrons alors que cette disposition apporte bonheur intérieur et paix de l’esprit. Une telle attitude envers autrui nous assure l’amour et le respect de nos semblables. Examinons les inconvénients de l’égoïsme, responsables de nos attitudes non vertueuses, et reconnaissons que notre bonheur présent n’est possible, bien souvent, qu’au détriment de ceux qui sont moins favorisés par le sort.

Il est d’autre part important que nous réfléchissions à la bonté que nous témoignent nos semblables. Cette prise de conscience est également le fruit d’un approfondissement de notre empathie. Nous devons reconnaître ce que notre bonheur doit à la contribution et aux efforts de nos semblables. Si nous jetons un rapide coup d’œil autour de nous, nous constatons que les immeubles où nous vivons et travaillons, les routes que nous empruntons, les vêtements que nous portons, les aliments que nous mangeons, tout cela nous est procuré par le dur travail d’autrui. Nous ne pourrions jouir de tous ces bienfaits sans la bonté de tant d’inconnus. Cette prise de conscience renforce notre estime pour nos semblables ainsi que notre empathie et notre intimité avec eux. »

S.S. le Dalaï-Lama, L’art de la compassion, Éditions J’ai lu, Paris 2002, pp. 67-68

«La véritable compassion doit être libre des entraves de l’attachement (…). La condition préalable à une compassion sincère est d’avoir un sentiment d’équanimité à l’égard de tous les êtres sensibles.

Notre état d’esprit ordinaire est fortement entaché de partialité. Nous sommes distants vis-à-vis des personnes que nous jugeons inamicales ou hostiles, et nous éprouvons un sentiment disproportionné de proximité ou d’attachement envers ceux que nous considérons comme nos amis. Nous voyons bien combien notre réaction émotionnelle envers autrui est fluctuante et partiale. Tant que nous n’avons pas dominé ces préjugés, nous n’avons aucune possibilité de développer une authentique compassion. Quand bien même nous serions capables de ressentir une certaine compassion à l’égard d’autrui, elle restera entachée de partialité tant qu’elle n’est pas fondée sur une profonde équanimité, car il s’y mêle de l’attachement.

(…)

Si vous examinez attentivement la nature de la compassion, vous constaterez (…) que la véritable compassion peut s’étendre à vos ennemis – ceux qui vous semblent hostiles. En revanche, la compassion mêlée d’attachement ne peut rayonner sur quelqu’un que vous considérez comme un ennemi.»

Dalaï-Lama, Le Dalaï-Lama parle de Jésus, Éditions J’ai lu, Paris 1998, p. 115-117

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