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Dans son livre Le Zen et la Bible, le jésuite japonais J. K. Kadowaki écrit : « Lors de mes études théologiques, j’étais troublé par le manque d’équilibre entre mes connaissances intellectuelles et mon expérience religieuse. Le Zen m’a enseigné comment résoudre ce problème. »[1]

Maître Deshimaru disait souvent : « Le zen, c’est la religion d’avant les religions ». J’ai longtemps trouvé cette phrase dérangeante, irrespectueuse à l’égard des autres traditions. Grâce à Kakichi Kadowaki, je crois mieux comprendre aujourd’hui ce qu’il voulait dire. La méditation sans objet nous mène au cœur même de l’expérience religieuse. Celle-ci n’a rien à voir avec les croyances. Que nous soyons chrétien ou bouddhiste, croyant ou non, cela ne change fondamentalement pas grand-chose. Pierre de Béthune déclarait au micro d’Edmond Blattchen : « Je dirais que la pratique du zen m’a conforté dans ma vocation de moine bénédictin. »[2] Pour Maître Tôkuda, il est essentiel de transmettre cette pratique méditative. « Je pense, dit-il, que cela est vital pour l’avenir de l’humanité. »[3]


[1] J. K. Kadowaki s.j., Le Zen et la Bible, Espaces libres, Albin Michel, 1992, p. 56-57

[2] RTBF1, Noms de dieux, 20 avril 2010

[3] Émission Voix bouddhistes, FR2. Lien sur www.shikantaza.be

Les textes proposés sur le blog de Shikantaza expriment avant tout l’opinion de leurs auteurs. Les lecteurs sont invités à les examiner avec l’esprit de libre arbitre prôné par le Bouddha dans le Kalama Sutta.

« Je pense qu’entre les traditions chrétienne et bouddhiste, il existe une convergence exceptionnelle et un potentiel d’enrichissement mutuel par le dialogue, surtout dans les domaines de l’éthique et de la pratique spirituelle – ainsi des pratique de la compassion, de l’amour, de la méditation et du progrès dans la tolérance. Je pense aussi que ce dialogue peut aller très loin et atteindre un niveau très profond de compréhension. Quant au dialogue philosophique ou métaphysique, je pense que nous devons nous séparer. Toute la conception bouddhique du monde repose sur une position philosophique centrée sur le principe de l’interdépendance, selon lequel toute chose ou événement est un pur produit d’interactions entre des causes et des conditions. Il est quasiment impossible, dans cette vision du monde, de faire une place à une vérité atemporelle, éternelle et absolue. Il n’est pas possible non plus d’y intégrer le concept de Création divine. Réciproquement, pour un chrétien dont toute la conception métaphysique du monde est fondée sur la croyance en la Création et en un Créateur divin, il est impossible d’accommoder l’idée que toute chose ou événement naît de la simple interaction de causes et de conditions. Ainsi, au plan métaphysique, à partir d’un certain point le dialogue devient problématique et les deux traditions divergent. »

(…)

Alors qu’en métaphysique les points de vue chrétiens et bouddhistes sont si éloignés l’un de l’autre, ils peuvent l’un et l’autre contribuer à créer des êtres humains également bons, spirituellement matures et éthiquement sains. Ces différences, par conséquent, ne doivent pas nous diviser. »

Dalaï-Lama, Le Dalaï-Lama parle de Jésus, Éditions J’ai lu, Paris 1998, p. 135-137

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