COVID 19 ET LUMEÇON

Un message de Stéphane Olivier, Directeur Général du CHU Ambroise Paré

Dans la Cité du Lumeçon, on aime, par tradition, le Combat.

En ce moment-même, les équipes de nos hôpitaux en livrent trois en même temps.

Le premier de ces combats est un rude corps-à-corps contre une maladie méconnue et fourbe. L’efficacité des médicaments est incertaine. L’évolution des malades surprend parfois : un patient qu’on croyait sorti d’affaire meurt en deux heures, sans qu’on sache pourquoi. A chaque fois, c’est une claque pour l’équipe. Les Saint-Georges de cette bataille sont les infectiologues. Leurs chinchins: des infirmiers, des aides-soignants, des médecins issus des spécialités les plus diverses.

Il y a aussi le combat contre l’ennemi invisible, le virus. Malgré le manque révoltant de masques et de blouses, les collègues font de leur mieux pour protéger de la bestiole leurs patients les plus vulnérables, leurs collègues, leurs familles, eux-mêmes. Plusieurs ont été presque terrassés, fiévreux, alités, puis se sont remis sur pieds et ont rejoint l’arène. Dans ce deuxième combat, les personnages essentiels sont les hygiénistes, les acheteurs et surtout les techniciens de surface.

Le troisième combat est peut-être le plus discret et le plus terrible à la fois. C’est la lutte pour préserver l’humanité des soins. Quand les visites sont interdites, quand les cadavres sont contagieux, les équipes font face à d’horribles dilemmes éthiques. A cette vieille dame qui va mourir, faut-il autoriser la visite d’un mari fragile ? Ce linceul pestilentiel, faut-il l’ouvrir, au risque de contaminer un collègue, pour permettre à la famille de voir une dernière fois un visage abîmé ? Ici, les héros sont des psychologues, des assistants sociaux ou encore des ergothérapeutes.

D’autres héros de l’hôpital sont ceux qui habillent, équipent, informent, nourrissent ou coordonnent les collègues. Et en guise de chambourlettes, nous sommes heureux et fiers d’accueillir les amis experts de MSF.

Notre Lumeçon contre le virus n’est donc pas belliqueux, mais solidaire. Chacun y joue un rôle indispensable et se sent galvanisé par les encouragements du grand public, même si la foule est confinée plutôt que massée sur notre belle Grand’Place.

Je n’ai jamais été aussi fier de mes collègues. Et les Montois, ouais, et les Montois ne périront pas !