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Retrouvez le calendrier de nos activités pour le premier semestre 2018 (avec descriptif) sur notre site web ainsi que dans notre agenda !

Horaire des méditations :

Mardi : 12h15 à 12h45 – 19h à 20h30

Mecredi : 12h15 à 12h45 – 19h à 19h40

Jeudi : 12h15 à 12h45 – 19h à 20h30

Vendredi : 12h15 à 12h45

 

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« Depuis plusieurs années, j’ai une pratique que je trouve très efficace pour le travail avec la colère : une fois par semaine, je consacre une journée entière à pratiquer ce que j’appelle « la non-manifestation d’émotions négatives ». Depuis l’instant où je me réveille jusqu’au moment où je m’endors, je fais l’effort conscient de ne pas exprimer d’émotions négatives, extérieurement ou intérieurement. Il ne s’agit pas d’un nouveau diktat pour inciter à avoir un comportement vertueux ; en fait, son efficacité n’a rien à voir avec la morale. Si cette pratique est tellement efficace, c’est parce qu’elle permet de voir la racine même de la colère. Comme je suis particulièrement attentif à ne pas exprimer de colère, il y a de grandes chances pour que mon attention intervienne dès l’instant où un sentiment négatif fait mine d’apparaître. Je vois donc ainsi le point charnière où, en temps normal, je pourrais choisir de croire mes pensées, alimentant ainsi l’expression de la colère. Je peux aussi choisir de ne pas m’attacher à la pensée, niant ainsi sa solidité, sa véracité. Je pratique la non-identification au « moi » – avec ses désirs et ses jugements – en pénétrant dans un sentiment plus vaste de l’instant. C’est là que je peux demeurer directement dans les manifestations physiques de la colère, dans la nature même de la colère. Parfois, à ce moment-là, la colère se dissout rapidement, laissant très peu de résidus.

Il m’est arrivé récemment d’être arrêté par un policier pour n’avoir pas marqué suffisamment longtemps un stop. Je me suis aussitôt senti prêt à bondir pour me défendre avec une vertueuse indignation. J’ai senti la chaleur m’envahir et le début d’une poussée d’adrénaline…, puis je me suis souvenu que c’était ma journée de non-manifestation d’émotions négatives. Immédiatement, j’ai vu à quel point je souhaitais défendre mes pensées, mon « moi ». J’ai aussi ressenti une peur sous-jacente, la peur de perdre le contrôle. J’ai ressenti dans mon corps ce qui se passait au fond, et j’ai choisi de changer d’attitude. Quand le policier a commencé à me verbaliser, j’ai même pu être aimable avec lui.

Si nous voyons clairement comment la colère surgit du simple fait que la vie ne correspond pas à nos représentations, il n’est pas difficile de la lâcher. Ce qui est difficile à lâcher, c’est notre désir d’être en colère ! Mais cette pratique hebdomadaire permet de comprendre ce qu’il est possible de faire. Nous voyons que notre colère vient de nos représentations non réalisées et de notre désir de justifier notre réaction. Nous voyons aussi que, quand la colère surgit, nous ne sommes pas obligés de l’exprimer, ni même de la justifier, en défendant les pensées auxquelles nous croyons.

Il arrive que l’on s’imagine qu’il faut être en colère pour s’engager dans la vie. On peut penser que certaines situations exigent que l’on prenne position et que, sans colère, on n’agirait pas. Ainsi, quand nous sommes témoins d’une injustice flagrante, la colère n’est-elle pas le catalyseur des mesures que nous allons prendre pour remédier à la situation ? Si nous n’étions pas en colère, qu’est-ce qui nous motiverait à apporter des changements positifs ?

Du point de vue de la pratique spirituelle, la colère n’est jamais justifiée, même si nous sommes sûrs d’être dans notre bon droit. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas agir quand la situation l’exige. Cela veut dire que nous pouvons parfaitement agir sans l’aspect négatif de la colère. Tant que nous alimentons cette négativité en croyant ce que disent nos pensées, nous nous empêchons d’agir avec une vision claire des choses. Tant que nous sommes poussés par la puissante énergie négative de la colère, nous fermons notre cœur à double tour. Dans la plupart des cas, nous sommes encore entre les griffes de la peur, qui nous fait considérer la vie – sous les traits d’une personne, d’un groupe ou d’une institution – comme l’ennemi. Cette attitude nous enracine fortement dans un sentiment étriqué du « moi ». Quand nous justifions ainsi notre colère, nous avons complètement perdu la vue d’ensemble, notre unité fondamentale. »

Ezra Bayda, Vivre le Zen, Marabout, 2014, pp.120-123 ; Trad. de l’anglais : J. Schut

 

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