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« En général, quand la colère se manifeste, nous suivons simplement l’une des deux voies que l’on nous a apprises pour y faire face.
Dans le premier cas (…) nous refoulons notre ressenti. (…) Il n’est pas rare que des méditants répriment maladroitement leur colère pour essayer de correspondre à une image idéale d’eux-mêmes, fruit de leur conditionnement. Pourtant, que nous contournions les difficultés et fassions diversion par la méditation, la nourriture ou la télévision, refouler notre colère au point de ne plus en avoir conscience ne nous en libère pas. Elle continue à nous marquer de son empreinte en s’infectant de l’intérieur, comme une blessure mal soignée. Que ce soit sous la forme d’une maladie, d’une dépression, d’une agressivité passive ou d’une explosion de rage, un jour ou l’autre elle ressortira.
Dans le second cas, plus courant, nous traitons la colère en l’exprimant : soit intérieurement, en ruminant notre mécontentement ou en nous complaisant dans notre indignation ; soit extérieurement, en blâmant les autres. Le problème est qu’en exprimant la colère, d’une manière ou d’une autre nous croyons à notre réaction et à toutes les justifications qui l’accompagnent. Nous sommes déterminés à avoir raison et à gagner, même si c’est seulement dans notre tête.
Que nous réprimions notre colère ou que nous l’exprimions, dans les deux cas nous n’y voyons jamais clair et nous ne faisons pas vraiment l’expérience directe de son ressenti. Même quand nous sommes au beau milieu d’une colère librement exprimée, nous sommes rarement en contact avec son énergie. Nous nous délectons tellement en croyant à la véracité de nos pensées et en blâmant les autres que nous ne ressentons pas pleinement la colère. Mieux : l’une des fonctions de cette réaction semble consister à nous permettre d’éviter de faire face à ce qui se passe vraiment. Que cherchons-nous à éviter ? Peut-être des émotions plus douloureuses encore… une blessure, un chagrin. Peut-être les peurs profondément enracinées qui sous-tendent presque toujours notre colère. Il est tellement plus facile d’être en colère – surtout quand on peut s’en délecter – que blessé, peiné ou effrayé. Il n’est guère surprenant que nous passions tellement de temps à nous complaire dans la colère ! Pourtant, même quand nous sentons l’énergie et le plaisir d’être en colère, d’avoir raison, nous fermons la porte à la vie et enfermons notre cœur. »

Ezra Bayda, Vivre le Zen, Marabout, 2014, pp. 111-113. Trad. de l’anglais : J. Schut

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