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A côté des quatre nobles vérités, de l’octuple sentier, des cinq agrégats, de la production conditionnée, du karma et du samsara, la notion d’anatta (non-soi) est à la fois l’une des plus subtiles et l’une des plus fondamentales du bouddhisme.


La notion d’anatta concerne les idées de « soi », « moi », d’ « être » et de « principe éternel ». Pour le bouddhisme, il n’y a pas de tels principes. Rien ne dure, rien ne perdure, rien ne persiste, tout se désagrège et se réaggrège sous d’autres formes et sous d’autres combinaisons, tout disparaît, tous les états sont purement transitoires.


Pour le bouddhisme, la notion de moi est une illusion. Il n’y a pas de prise possible de moi-même sur quoi que ce soit qui puisse durer ou se maintenir tel quel dans le temps et par-delà le temps et la mort. Les prolongements de cette illusion d’une appropriation à soi-même de biens, de choses, de personnes, que se soit sous la forme de l’attachement, de l’envie, de la possession matérielle ou de l’idéologie (mon, ma, mes, le mien, mien, miens, à moi, …) sont non seulement parfaitement illusoires, mais sont aussi la principale source de tous les conflits, depuis l’altercation bénigne jusqu’aux conflits graves.


La notion d’anatta s’exprime dans chacun des grands concepts du bouddhisme et en est indissociable. Par exemple, quand on définit l’individu comme un ensemble de cinq agrégats, on dit deux choses. On dit tout d’abord qu’il n’y a rien d’autre pour définir le sujet que les cinq agrégats, il n’y a rien au-delà, il n’y a rien au-dessus, il n’y a rien de plus. On ne trouvera nulle part de super ego caché derrière le sujet, on ne trouvera pas d’instance au-dessus du sujet, de soi (Soi) qui orchestrerait le tout. Ce Soi, cet ego (qui reflète une réalité psychologique, mais qui ne doit être pris que comme un outil dans l’élaboration psychophysique d’un individu), n’est à son tour qu’une illusion. (Il ne s’agit pas évidemment de le nier, mais de le reconnaître simplement pour ce qu’il est.) On dit ensuite que ces cinq agrégats sont en perpétuelle mutation à la fois dans leur mode de combinaison, dans leur fonctionnement, dans leur réactivité aux stimulations, dans leur intensité, dans leur impact sur la conduite du sujet … Il n’y a donc rien qui puisse être identique deux instants consécutifs. Il n’y a rien qui puisse être stoppé, gardé et conservé immuablement. Cet ego, c’est justement cette illusion d’une permanence d’un soi. Un tel état ne se rencontre pas, chez aucun sujet, nulle part.


Pour aller plus loin : Anattalakkhana Sutta

http://www.oocities.org/teravada.geo/anatta.html

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