You are currently browsing the daily archive for 19 mai 2017.

« COMME C’EST, CA VA ! » (Joshin Bachoux Sensei)

 « Un jour que Maître Baso était malade, un moine lui demanda : « Comment allez-vous ? Vous sentez-vous mieux ? » Baso répondit : « Bouddha au visage de soleil, Bouddha  au visage de lune. »

Le Bouddha au visage de soleil est censé vivre 1800 ans. Le Bouddha au visage de lune ne vit qu’un jour et une nuit. Mais peu importe. Quoi qu’il arrive, Baso peut accepter les « choses comme c’est », tandis que nous sommes incapables de tout accepter. Nous pouvons accepter une chose que nous estimons bonne, mais si nous n’aimons pas quelque chose, nous ne 1’accepterons pas. Et nous comparons : « Lui est un vrai maître zen, lui non » ; « Lui est un bon élève zen, moi non. » Etc.

L’essentiel est d’accéder au calme intégral. La pensée qui s’évertue à comparer ne vous sera d’aucun secours. Atteindre l’éveil signifie parvenir dans notre vie au calme intégral, sans distinction. Ce qui ne signifie pas s’attacher à l’attitude de non­distinction, qui resterait en fait une forme de distinction.

Quand je vivais au Japon, j’avais quelques élèves zen. Certains d’entre eux étaient riches et influents. D’autres étaient étudiants, charpentiers, ouvriers. J’ai toujours dit à mes élèves : « Si vous êtes un élève zen, vous devez tout oublier de votre rang social, de votre travail ou de vos titres. Sinon vous ne pourrez pratiquer véritablement zazen. »

Pendant zazen, il m’arrive de dire : « Ne pensez pas ! », autrement dit, « Ne jugez pas les choses en termes de ‘bon’ ou ‘mauvais’, ‘lourd’ ou ‘léger’ ». Acceptez seulement les choses comme c’est.

En zazen, vous devriez juste entendre le grand ou le petit bruit sans qu’il vous dérange. Cela peut sembler impossible, surtout pour un débutant, parce qu’au moment ou vous l’entendez, une réaction se déclenche. Mais si vous pratiquez zazen, si vous acceptez continûment les choses comme c’est, vous finirez par y arriver.

Nos problèmes surviennent parce que nous faisons l’effort d’atteindre quelque chose et cela limite notre activité. Dès lors nous ne parvenons à rien.

Nous devrions comprendre notre activité quotidienne de deux façons et être capables d’adopter aussi bien l’une que l’autre. La première est la conception dualiste – bon ou mauvais, juste ou erroné – et nous nous efforçons de comprendre les choses de cette façon. Mais nous devrions aussi être capables de nous déprendre de cette vision dualiste. Alors tout est un. C’est l’autre compréhension  des choses, la compréhension  de l’unité.

En fait, vous avez la liberté de passer d’une façon de comprendre à l’autre. Alors vous ne serez pas prisonniers de votre compréhension. Quoi que vous fassiez, ce sera l’activité intégrale de la pratique.

 Bouddha au visage de soleil, Bouddha au visage de lune – pas de problème.  Que je  sois à Tassajara ou à San Francisco, pas de problème. Même si je meurs, tout va bien pour moi et tout va bien pour vous. Et si ça ne va pas, vous n’êtes pas un élève zen. Tout va très bien. C’est cela le Bouddha. »

D’après : Shunryu Suzuki, Bouddha au visage de soleil, Bouddha au visage de lune, in : Sh.S., Libre de soi, libre de tout, Le Seuil 2011, pp. 180 – 183

Entrez votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par e-mail.

mai 2017
L M M J V S D
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293031