«  La question du libre arbitre (libre volonté) a occupé une place importante dans la pensée et la philosophie occidentales, mais du fait de la Production conditionnée cette question ne se pose pas, et ne peut pas se poser dans la philosophie bouddhiste. Si la totalité de l’existence est relative, conditionnée, et interdépendante, comment, seule, la volonté pourrait-elle être libre ? La volonté, comme toute autre pensée, est conditionnée. La prétendue ‘liberté’ elle-même est une chose conditionnée et relative. S’il y a le libre arbitre, il est aussi conditionné et relatif.[1] Il ne peut y avoir quoi que ce soit d’absolument libre physiquement ou mentalement, étant donné que toute chose est interdépendante et relative. Le libre arbitre implique une volonté indépendante de conditions, indépendante de cause et d’effets. Comment une volonté, ou n’importe quelle chose, pourrait-elle apparaître sans conditions, en dehors de cause et d’effets, alors que la totalité de l’existence est conditionnée, relative et soumise à la loi de cause et d’effet ? Ici encore l’idée de libre arbitre est, à la base, en relation avec les idées de Dieu, Âme, Justice, récompense et punition. Non seulement ce qui est appelé libre arbitre n’est pas libre mais l’idée même de libre arbitre n’est pas libre de conditions. »

Walpola Rahula, L’enseignement du Bouddha d’après les textes les plus anciens, Points sagesses, p. 78

[1]Such a conditionned and relative “Free Will” is not denied.’ (version originale)