« Le 18 septembre 1225, Ju-ching remit à Dôgen la certification officielle de la succession dans la lignée Chen-hsieh[1] de l’école Ts’ao-tung (Sôtô). Le temps du véritable apprentissage pouvait dès lors commencer. Ainsi l’avait montré Ho-tse Shen-hui (686-760), le grand disciple de Huei-Nêng, le sixième patriarche :

Vous qui étudiez la Voie, vous devez être éveillés subitement [et ensuite] vous cultiver graduellement et, sans quitter [la pratique] obtenir la délivrance. Une mère ne met-elle pas subitement son enfant au monde ? Et ensuite, elle lui donne le sein et peu à peu le nourrit, ainsi la sagesse de l’enfant s’accroît spontanément. De même en va-t-il de l’Éveil soudain, de la vue subite de la nature de Bouddha, et Prajñā [la sagesse] s’accroît ensuite spontanément peu à peu.[2]

Dôgen resta donc encore deux ans auprès de son maître. »

Jacques Brosse, Maître Dôgen, Spiritualités vivantes, 2009, p. 69

[1] Cette lignée procédait de maître Chen-hsieh Ch’ing-liao (en japonais Shingetsu Shôryô), l’un des deux successeurs dans le Dharma de Tan-hsia Tzu-ch’un (en japonais Tanka Shijun, mort en 1119) et le condisciple de Hung-chih Chêng-chueh (en japonais, Wanshi Shôgaku, 1091-1157).

[2] J. Gernet, Entretien du maître de dhyâna Chen-Houei du Hotsô (668-760), Paris, 1977, p. 92