Éthique religieuse élémentaire

« Toutes les religions du monde préconisent de cultiver bonté et compassion. En ce qui concerne la vie de tous les jours, elles recommandent de se garder des mauvaises actions. Que ce soit dans le secret de son cœur ou dans l’action quotidienne en relation aux autres, l’enseignement essentiel est à chaque fois la compassion.

Je me suis rendu compte qu’il a trois étapes principales dans les enseignements éthiques des grandes religions.

1) L’éthique de la retenue : c’est le niveau de base ; il faut se retenir des mauvaises actions, envers soi comme envers les autres.

2) L’éthique de la compassion : il faut cultiver l’empathie et avoir du respect pour l’autre, exprimer amour et compassion.

3) Le pur altruisme : c’est le service désintéressé ou abnégation, sans attente du moindre retour ou bénéfice.

 

L’éthique de la retenue est largement partagée par toutes les grandes religions. Elle  constitue un cadre général de moralité qui incite à la retenue, à réfréner ses élans négatifs, cupidité ou aversion par exemple. Dans le judaïsme, les Dix Commandements prohibent notamment : le meurtre, l’adultère, le vol, le faux témoignage, la convoitise – tous appartiennent à l’éthique de la retenue. Le christianisme, qui approuve aussi les Dix Commandements, évoque ‘sept péchés capitaux’ que sont la luxure, la gourmandise, l’avarice, la paresse, la colère, l’envie et l’orgueil.

De même, en plus des Dix Commandements, l’islam parle de soixante-dix péchés capitaux majeurs, tels que le meurtre, l’adultère et ainsi de suite. Dans l’hindouisme et le jaïnisme, tout comme dans le bouddhisme, la notion de karma négatif entache l’âme ou l’esprit d’une personne : celle-ci se fourvoie et se réincarne perpétuellement, sans jamais pouvoir atteindre l’illumination.

Dans ma propre foi, l’éthique élémentaire bouddhiste évoque ‘dix actions malsaines’ dont il faut se garder : trois actions physiques (meurtre, vol et inconduite sexuelle), quatre actions verbales (mensonge, calomnie, agression verbale et paroles oiseuses) et les trois actions mentales (convoitise, animosité et fausseté de vues). Ensemble, ces dix actions sont considérées comme appartenant à la famille des actions physiques, verbales et mentales malsaines issues des ‘Trois Poisons de l’esprit’ : avidité, colère, ignorance.

En regardant bien, on s’aperçoit qu’il existe une Règle d’Or sous-tendant ces enseignements éthiques – et particulièrement les impératifs de retenue. Voici l’idée : une personne doit se comporter comme elle voudrait qu’autrui se comporte avec elle. On doit se garder des actions dont on ne voudrait pas qu’autrui use envers nous. »

 

Le Dalaï-Lama, Islam, Christianisme, Judaïsme… Vers la Fraternité des religions,

Editions J’ai lu, 2011, pp. 136-138 / Traduction de l’anglais (USA) : Julien Thèves

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