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« Avant de clôturer cette partie de l’exposé, je voudrais consacrer quelques instants au principe d’epikeia, le choix entre le moindre de deux maux. L’éthique bouddhique reconnaît-elle un tel principe, ou les règles morales sont-elles considérées comme des lois inviolables, sans concessions possibles ? Alors qu’il y a une tendance à privilégier cette dernière attitude, le bouddhisme affirme également qu’en ce qui concerne les conséquences karmiques de nos actes, la motivation d’un acte est plus importante que l’acte lui-même. C’est pourquoi le bouddhisme tend à accepter que dans certaines situations, une intention morale juste permet, voire exige, une action violant certaines règles morales. Particulièrement dans le cadre de la gouvernance de l’État en conformité avec l’éthique bouddhique, il fut nécessaire d’aborder des questions telles que la légitimité de peines infligées aux personnes malfaisantes (leur causant par là même de la souffrance) ou la défense du pays nécessitant de tuer des êtres vivants. Même le Milanda Panha, l’un des plus anciens traités bouddhiques, affirme que des actes ne peuvent être moralement mauvais s’ils sont accomplis avec une intention bienveillante au bénéfice d’autrui – même s’ils impliquent des actes qui créent de la douleur, comme par exemple dans le cas d’un traitement médical douloureux mais nécessaire (Mph 4:1:33). Cette insistance sur la prééminence de l’intention bonne a des répercussions très larges sur l’éthique sociale et politique. »

  1. Schmidt–Leukel, Understanding Buddhism, Dunedin Academic

Press, Edinburgh, 2006, Chapter 7, Buddhist Ethics, pp. 66-67

Tr. Michel Mokusho Deprèay

 

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