« 6.1.          Dans le monastère, nous devrions suivre le conseil du psaume qui dit : ‘Je surveillerai ma conduite, afin de ne pas pécher par ma langue. J’ai mis une garde à ma bouche, je me suis tu dans l’humilité et me suis même abstenu des paroles bonnes.’ Ici le psalmiste montre que, si l’on doit parfois se retenir de paroles bonnes par souci du silence, combien plus doit-on renoncer aux paroles mauvaises à cause des souffrances que nous vaut ce genre de péchés. De fait, il est si important de cultiver le silence que, même pour les sujets concernant les valeurs sacrée et les conseils spirituels, la permission de parler ne sera que rarement accordée aux disciples parfaits car il est écrit : ‘Dans le flot des paroles, tu n’évitera pas de tomber dans le péché.’ Le même livre nous rappelle ailleurs : ‘La mort et la vie sont au pouvoir de la langue’. Il revient, en effet, au maître de parler et d’enseigner ; se taire et écouter convient au disciple.

« 6.2.          C’est pourquoi, s’il y a des choses à demander au supérieur, qu’on le fasse avec respect et déférence. Quant aux facéties, aux paroles oiseuses ou portant à rire, nous les condamnons et bannissons en tout temps et en tout lieu. Que le disciple ouvre la bouche pour de tels propos, nous ne le permettons pas. »

La Règle de Saint Benoît in P. Henry (éd.), Le Dharma de Saint Benoît, Kunchab 2002, p.181