« Parler moins ou garder le silence, renoncer à certaines conversations, pratiquer la solitude mentale, sont d’un grand bienfait. Le Bouddha a mentionné à de nombreuses reprises la parole juste, une étape du Noble Chemin Octuple. C’est (aussi) un des cinq préceptes (…). Le Bouddha a consacré un discours entier à la parole : L’exposition de l’absence de conflit. Il a développé ce sujet pour montrer que par un usage inconsidéré la parole est génératrice de conflits.

(…)

Dans L’exposition de l’absence de conflit, le Bouddha utilise et enseigne une formule extrêmement utile. « Si vous voulez dire quelque chose qui pourrait être désobligeant et qui n’est pas vrai, ne le dites pas. Si vous voulez dire quelque chose qui est aimable et qui n’est pas vrai, ne le dites pas. Si vous savez quelque chose, ou voulez dire quelque chose qui pourrait blesser et qui est vrai, ne le dites pas. Et si vous savez quelque chose qui pourrait être aimable et qui est vrai, trouvez le moment pour le dire ». Parfois ce moment adéquat se présentera dix minutes plus tard, voire dix jours ou dix mois plus tard. »

Ayya Khema, être une île, Éditions Dharma, St Michel-en-L’Herm 1997, pp. 36-38

 

Quelqu’un vint, un jour, trouver Socrate et lui dit :

– Sais-tu ce que je viens d’apprendre sur ton ami ?

– Un instant, répondit Socrate. Avant que tu me racontes, j’aimerais te faire passer un test, celui des trois passoires.

– Les trois passoires ?

– Mais oui, reprit Socrate. Avant de raconter toutes sortes de choses sur les autres, il est bon de prendre le temps de filtrer ce que l’on aimerait dire. C’est ce que j’appelle le test des trois passoires. La première passoire est celle de la vérité. As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai ?

– Non… J’en ai seulement entendu parler…

– Très bien. Tu ne sais donc pas si c’est la vérité. Essayons de filtrer autrement en utilisant une deuxième passoire, celle de la bonté. Ce que tu veux m’apprendre sur mon ami, est-ce quelque chose de bien ?

– Ah! Non. Au contraire.

– Donc, continua Socrate, tu veux me raconter de mauvaises choses sur lui et tu n’es même pas certain qu’elles soient vraies. Tu peux peut-être encore réussir le test, car il reste une passoire, celle de l’utilité. Est-il utile que tu m’apprennes ce que mon ami aurait fait ?

– Non… Pas vraiment.

– Alors, conclut Socrate, si ce que tu as à me raconter n’est ni vrai, ni bien, ni utile, pourquoi vouloir me le dire ?

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