Les conséquences du karma

« Bien que l’idée de base de la loi du karma soit simple, des causes positives entraînant des effets positifs, des causes négatives entraînant des effets négatifs, le karma est en soi assez complexe.

D’une part, le karma peut se développer (ou mûrir) de nombreuses façons différentes. Par exemple, prenez une action extrêmement négative comme l’assassinat brutal et avec colère de quelqu’un. Si l’auteur de cet acte ne se purifie pas de cette puissante négativité, autrement dit, s’il ne purifie pas ce karma, il en subira les conséquences de l’une ou l’autre des façons suivantes :

– Au cours de cette même vie, il se peut qu’il ressente des émotions douloureuses et violentes telles que la culpabilité, la terreur et encore plus de fureur. Et à cause de la négativité qu’il projette, il devient plus probable qu’il soit lui-même victime d’un acte de violence.

– Après cette vie, il est possible qu’il renaisse dans un royaume de souffrance extrême.

– Lorsqu’il renaîtra comme humain, il est possible qu’il ait une vie courte marquée par la maladie et d’autres tourments.

– Dans sa vie future en tant qu’humain, son environnement ne sera pas favorable à une bonne santé. Par exemple, la nourriture aura une faible valeur nutritionnelle, et les médicaments n’auront pas le pouvoir de guérir.

– Même en temps que jeune enfant dans une vie future, il aura peut-être une nature sadique, c’est-à-dire qu’il prendra plaisir à tuer de petits animaux, par exemple. Avec ce type de prédisposition négative à nuire aux autres, il continuera de planter les graines qui causeront davantage de souffrance à l’avenir. Parmi tous les résultats du karma négatif, c’est celui-là le pire, parce qu’il ne cesse de reproduire le malheur, à la fois pour la personne concernée et pour les autres.

 

Une autre raison qui peut rendre la loi du karma difficile à comprendre, c’est le décalage dans le temps entre la cause et son effet. Ce délai explique pourquoi des gens cruels et corrompus peuvent réussir et prospérer (du moins temporairement), alors que des personnes dont la conduite est morale et empreinte de compassion peuvent souffrir. Il peut se passer beaucoup de temps entre votre action (par exemple : vous trompez quelqu’un) et la réaction que vous subissez (quelqu’un vous trompe).

 

La même idée s’applique aussi aux actions positives : les résultats prendront peut-être du temps à se manifester. Bien que certains effets karmiques mûrissent assez rapidement, la plus grande partie du résultat des actions d’une personne donnée pendant une vie donnée ne se manifesteront pas dans la même vie, mais dans la suivante ou dans plusieurs autres. Autant dire que vous pouvez vous lever matin pour espérer voir les résultats de tous vos actes ! Comme un maître bouddhiste adore le répéter, si c’était votre propre colonne vertébrale qui commençait à se briser au moment même où vous écrasez une bestiole, personne n’aurait besoin de vous dire de vous arrêter. La relation entre la cause et l’effet serait évidente, et vous changeriez naturellement votre comportement. Malheureusement, la loi du karma n’entraîne pas forcément de réactions aussi immédiates. »

 

  1. Landaw, S. Bodian, Le bouddhisme pour les Nuls, Éd. First, Paris 2005, pp. 271-272.