« Selon le bouddhisme, la conscience se joint à l’ovule fécondé à l’instant de la conception, ce qui fait de l’embryon un être vivant à part entière. La grossesse non désirée est une situation difficile, et nous devons penser de manière créative à des manières d’aider les gens qui s’y trouvent confrontés. Il n’y a pas de réponse toute faite ; chaque situation est unique. Mais quel que soit le choix que l’on fasse, la souffrance ne peut être niée.

Actuellement [2001] un grand débat sur l’avortement fait rage aux États-Unis, et les deux côtés veulent avoir raison. Cependant, je vois beaucoup de colère et très peu de compassion dans les deux camps. Quoi qu’il en soit, c’est de compassion qu’ont besoin les parents et l’enfant impliqués dans une grossesse non désirée. Nous devons essayer de trouver la ‘meilleure’ solution dans un cas où il n’existe aucune solution parfaite, et il nous faut considérer aussi bien les effets à court terme qu’à long terme, à la fois pour les parents et pour l’enfant. Par exemple, l’avortement peut mettre fin à la grossesse et résoudre le problème immédiat, mais les parents peuvent rester par la suite devant des problèmes affectifs non résolus, et le karma qu’eux-mêmes et le médecin auront créé influencera de manière défavorable leur bonheur à venir.

Il faut une meilleure éducation et une meilleure qualité de conseil sur le contrôle des naissances, surtout pour les adolescents. Les jeunes ont besoin également d’une éducation réaliste en ce qui concerne leurs [relations amoureuses]. (…)

Le contrôle des naissances est-il autorisé dans le bouddhisme ?

Oui, mais cela dépend de la méthode. Les méthodes contraceptives qui empêchent la conception sont permises. Mais une fois que la conception a eu lieu et que la conscience est entrée dans l’ovule fécondé, la situation est tout autre. Donc, les pilules du lendemain, les stérilets[1], et autres méthodes de ce type sont déconseillés. »

 

Thubten Chödrön, Bouddhisme pour les débutants, Kunchab, Huy 2001, pp. 122-123


[1] Le DIU (dispositif intra-utérin, stérilet) au cuivre (à fil de cuivre) peut être utilisé comme contraception d’urgence pour prévenir la grossesse, jusqu’à cinq jours après le rapport sexuel à risque.