« Cet été-là, on déplora plusieurs suicides au monastère de Vesali. L’Éveillé en demanda les causes et apprit que ces moines avaient manifesté une forte aversion envers leur corps et s’étaient montré las de vivre après une méditation sur la nature impermanente et corruptible du corps.

Fort attristé, le Bouddha convoqua une assemblée de tous les bhikkhus et déclara :

– Bhikkus, nous méditons sur l’impermanence et la disparition de tous les dharmas afin d’en discerner la véritable nature et ne plus être leur esclave. L’Illumination et la Libération ne peuvent être atteintes en échappant au monde mais en regardant en profondeur la véritable nature de tous les dharmas. Ces frères n’ont pas compris cela et ont commis l’acte insensé de s’enfuir. Ils ont violé le précepte intimant de ne pas tuer.

Bhikkhus, une personne libérée ne s’attache ni ne ressent de dégoût envers les dharmas. L’attachement et l’aversion sont deux entraves qui nous lient. Une personne libre les transcende afin de demeurer dans la paix et le bonheur et ne se cramponne pas à des vues limitées sur l’impermanence et le non-soi. Bhikkhus, étudiez et pratiquez l’enseignement intelligemment dans un esprit de non-attachement.

Et le Bouddha leur enseigna la pratique de la respiration consciente pour les aider à se régénérer. »

 

Thich Nhat Hanh, Sur les traces de Siddharta, POCKET, pp. 327-328

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