« Dans le bouddhisme, comme avec le moi freudien, « l’ego » se caractérise par deux fonctions : il se fixe au plaisant et expulse le déplaisant. Toutefois, les ressemblances s’arrêtent là, car les bouddhistes soutiennent une idée absente de la psychanalyse : la possibilité d’une perception sans ego, d’une attention pure (sati). Dans cette optique, l’attention a un rôle d’observation impersonnel, neutre et détaché. Elle agit comme un témoin impartial. Elle assiste au spectacle de la vie psychique sans rejet ni fixation, regarde sans états d’âme le défilé des émotions, pensées, souvenirs. »

(…) « Quand nous méditons, résume Thich Nhat Hanh[1], il semble que nous ayons deux soi. L’un est constitué de la rivière des pensées et des sentiments, et l’autre est le soleil de la pleine conscience qui brille sur ceux-ci. »

 

Éric Vartzbed, Le Bouddhisme au risque de la psychanalyse,

Le Seuil, Paris 2009, pp. 38-39.


[1] in La vision profonde, Paris, Albin Michel, 1995, p. 22