« La compassion, dans le bouddhisme,

n’est pas la pitié. Elle ne comporte aucun

sentiment de supériorité à l’égard de

celui qui souffre, car elle est conscience

que nous sommes tous logés à l’enseigne

de la souffrance et de la frustration,

même si leurs formes diffèrent selon les êtres.

Le Dalaï-Lama raconte qu’un moine âgé, qui n’avait pu le suivre dans son exil, fut emprisonné par les occupants chinois. Libéré au bout de vingt ans, il rejoignit son monastère en exil, à Dharamsala, dans le nord de l’Inde.

« Nous avons parlé de son expérience passée, de ses vingt ans d’emprisonnement. Il m’a dit alors que pendant sa vie en prison, il n’avait affronté qu’un seul danger. Je lui ai demandé lequel – je pensais à un danger pour sa vie. Sa réponse a été : « Le danger de perdre la compassion envers les Chinois… »

Et le Dalaï-Lama ajoute : « Si nous nous laissons aller à la haine, au désespoir et à la violence, nous nous abaisserons nous-mêmes au niveau de nos oppresseurs. »

Jean Vernette, Contes et paraboles de sagesse du bouddhisme,

Presses de la Renaissance, Paris, 2002, p. 82