« Former le vœu que tous nos semblables soient  délivrés

 de la souffrance, telle est la compassion. » S.S. le Dalaï-Lama

L’empathie

La première étape vers la compassion constitue à développer notre empathie, notre intimité avec les autres. Nous devons aussi reconnaître la gravité de leurs souffrances. Plus nous sommes proches d’une personne, moins nous tolérons de la voir souffrir. L’intimité dont je parle n’est pas d’ordre physique, ni nécessairement émotionnel. Elle s’apparente plutôt à un sentiment de responsabilité, d’intérêt envers autrui. Pour développer une telle intimité nous devons réfléchir sur la nécessité de chérir le bien-être d’autrui ; nous découvrons alors que cette disposition apporte bonheur intérieur et paix de l’esprit. Une telle attitude envers autrui nous assure l’amour et le respect de nos semblables. Examinons les inconvénients de l’égoïsme, responsables de nos attitudes non vertueuses, et reconnaissons que notre bonheur présent n’est possible, bien souvent, qu’au détriment de ceux qui sont moins favorisés par le sort.

Il est d’autre part important que nous réfléchissions à la bonté que nous témoignent nos semblables. Cette prise de conscience est également le fruit d’un approfondissement de notre empathie. Nous devons reconnaître ce que notre bonheur doit à la contribution et aux efforts de nos semblables. Si nous jetons un rapide coup d’œil autour de nous, nous constatons que les immeubles où nous vivons et travaillons, les routes que nous empruntons, les vêtements que nous portons, les aliments que nous mangeons, tout cela nous est procuré par le dur travail d’autrui. Nous ne pourrions jouir de tous ces bienfaits sans la bonté de tant d’inconnus. Cette prise de conscience renforce notre estime pour nos semblables ainsi que notre empathie et notre intimité avec eux. »

S.S. le Dalaï-Lama, L’art de la compassion, Éditions J’ai lu, Paris 2002, pp. 67-68