« En ce qui concerne la réincarnation, les gens demandent souvent : « S’il n’y a pas d’âme, comment peut-il y avoir renaissance ? Qu’est-ce qui se poursuit d’une vie sur l’autre, s’il n’y a pas d’âme ? » Il faut savoir que la notion de réincarnation n’est pas du tout bouddhique mais hindoue. La façon dont les Hindous conçoivent la réincarnation est que l’on passe d’un corps à un autre. Si on est né dans une caste inférieure, on doit attendre la prochaine réincarnation, la prochaine vie, pour avoir une chance de renaître dans une caste plus élevée.

Dans le bouddhisme, on appellerait cela de la superstition, d’une part parce qu’on ne peut pas le prouver et, d’autre part, parce que cela donnerait à penser que certaines classes sociales ou castes sont plus pures que d’autres. Or nous pouvons tous constater que certaines personnes nées dans la caste des brahmines sont tout aussi mauvaises, méchantes et impures que le plus méchant des intouchables, et que parmi les intouchables existent des personnes pures de cœur dont la vie est menée avec bonté et sagesse.

En réalité, le mot « brahmine » signifie « pur » ou « celui qui est purifié ». Le Bouddha a dit que ce mot se réfère à celui dont le cœur est pur. C’est une question de qualité mentale, pas de classe sociale ou de caste. (…) La pureté est donc une qualité mentale. Les bouddhistes n’utilisent pas du tout le terme « réincarnation ». Ils utilisent le mot « renaissance[1] » et la renaissance est mentale et non physique. Ainsi la compassion, la gentillesse, la générosité et la moralité sont le chemin qui mène à une renaissance dans une condition pure. »

Ajahn Sumedho, L’esprit et la Voie, Sully, Vannes 2007, p. 70-71

Les textes proposés par le blog de Shikantaza expriment avant tout l’opinion de leurs auteurs. Les lecteurs sont invités à les examiner avec l’esprit de libre arbitre prôné par le Bouddha dans le Kalamma Sutta.


[1] Cf. cette entrée

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