« Un mandala est une représentation symbolique de l’univers et des êtres, sous la forme d’un lieu parfait et de déités qui y résident. Les « déités » ne sont pas des dieux, car (…) le bouddhisme n’est pas plus un polythéisme qu’un monothéisme. Ce sont des archétypes, des aspects de la nature de bouddha. La méditation sur le mandala est un entraînement à ce qu’on appelle « la vision pure », c’est-à-dire à la perception de la nature de bouddha présente en tous les êtres. Ces techniques de visualisation permettent de transformer notre perception ordinaire du monde – un mélange de pur et d’impur, de bien et de mal – en une réalisation de la perfection fondamentale du monde phénoménal. En nous visualisant nous-même, ainsi que les êtres qui nous entourent, sous la forme de ces archétypes parfaits que sont les « déités » du panthéon tibétain, on s’habitue à l’idée que la nature de bouddha est présente en chaque être. On cesse par conséquent de discriminer entre les modalités extérieures des êtres – laids ou beaux, amis ou ennemis. En bref, ces techniques sont des moyens habiles pour retrouver la perfection inhérente à nous-même et à chaque être. Enfin, il faut également souligner qu’aux yeux des maîtres tibétains, les rituels n’ont qu’une importance toute relative, et les ermites qui se consacrent exclusivement à la méditation abandonnent toute forme de rituel. Certains, comme le grand yogi Milarépa, vont même jusqu’à dénigrer ouvertement l’usage des cérémonies et des rites. La vérité des techniques spirituelles répond ainsi à la variété des disciples et relève de différents niveaux de pratique spirituelle. »

 

Jean-François Revel, Matthieu Ricard, Le moine et le philosophe, Nil, Paris, 1997, P. 298 s.

À consulter également : http://fr.wikipedia.org/wiki/Mandala