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« L’interdépendance, protéger la vie, la bienveillance aimante sont trois des enseignements les plus importants du Bouddha. L’interdépendance renvoie au fait que les phénomènes sont en interrelation. Dans ce cadre, les êtres sensibles et l’environnement dépendent l’un de l’autre pour survivre, et donc il est de l’intérêt des êtres humains de protéger l’environnement. Traditionnellement, les bouddhistes soutiennent la non-violence et la protection de la vie. Parce que les êtres humains, les animaux et les insectes sont des formes de vie, le bouddhisme soutient la protection des espèces en voie de disparition. De plus, en tant qu’expression de la bienveillance aimante pour nous-mêmes, les générations futures et tous les êtres, le bouddhisme insiste sur la protection non seulement de la terre dont nous dépendons tous, mais aussi de tout ce qui y vit.

L’attachement prédateur est l’une des causes majeures de l’exploitation de l’environnement par l’humanité. Notre soif de toujours plus et de toujours meilleur est cause que nous prenons de la terre tout ce que nous pouvons, et que nous refusons de voir les conséquences que ces actes produiront à long terme. Si nous diminuons notre attachement en cultivant le contentement de ce que nous avons, nous serons capables de vivre plus harmonieusement avec notre environnement et avec les autres êtres qui le partagent avec nous. »

Thubten Chödrön, Bouddhisme pour les débutants, Kunchab, Huy 2001, p. 118

Les textes proposés sur le blog de Shikantaza expriment avant tout l’opinion de leurs auteurs. Les lecteurs sont invités à les examiner avec l’esprit de libre arbitre prôné par le Bouddha dans le Kalamma Sutta.

« L’un des faits les plus probants de l’histoire multiconfessionnelle de l’Inde est la quasi-absence de guerres explicitement interreligieuses pendant plusieurs millénaires. Après sa fameuse conquête de Kalinga, le premier empereur indien Ashoka embrassa la foi bouddhiste. Mais il fit en sorte que l’État lui-même demeure pleinement tolérant envers les trois grandes religions indiennes de l’époque : le bouddhisme, le jaïnisme et l’hindouisme. Dans sa cour, comme parmi ses principaux ministres, il y avait des membres des trois grandes religions. Tout l’héritage de l’exemplaire tolérance indienne en matière religieuse est contenu dans le douzième édit d’Ashoka, gravé sur la pierre avant le début de notre ère. »

S.S. le Dalaï-Lama, Islam, Christianisme, Judaïsme, Paris, J’ai lu, 2011, p. 52-53

Douzième édit d’Asoka :

« Le roi ami des dieux au regard amical honore toutes les sectes, les samanes et les laïques, tant par des libéralités que par des honneurs variés. Mais ni aux libéralités ni aux honneurs l’ami des dieux n’attache autant de prix qu’au progrès dans l’essentiel de toutes les sectes. Le progrès de l’essentiel est de diverses sortes : mais le fond, c’est la retenue du langage, de façon qu’on s’abstienne d’honorer sa propre secte ou de dénigrer les autres sectes hors de propos ; et dans telle ou telle occasion, que ce soit légèrement. Il faut même rendre honneur aux autres sectes à chaque occasion. En faisant ainsi, on grandit sa propre secte en même temps qu’on sert l’autre. En faisant autrement, on nuit à sa propre secte en même temps qu’on dessert l’autre.

Quiconque en effet rend honneur à sa propre secte ou en dénigre une autre, toujours par foi à sa propre secte, dans l’idée de la mettre en bonne lumière, celui-là au contraire nuit le plus à sa propre secte. C’est la réunion qui est bonne, de façon qu’on écoute la Loi les uns des autres et qu’on y obéisse.

C’est là en effet ce que veut l’ami des dieux, pour que toutes les sectes soient instruites et enseignent à bien agir. Partout les dévots doivent dire : l’ami des dieux n’attache ni aux libéralités ni aux honneurs autant de prix qu’au progrès dans l’essentiel de toutes les sectes.

Nombreux sont ceux employés à cet objet ; surintendants de la Loi, surintendants surveillants des femmes, préposés aux fermes, et d’autres corps d’agents. Le résultat en est le progrès de la secte propre à chacun et la mise en lumière de la Loi. »

Jules Bloch, Les inscriptions d’Asoka, Paris, Les Belles Lettres, 2007,

p. 121-124 (Traduction 1943)

Les textes proposés sur le blog de Shikantaza expriment avant tout l’opinion de leurs auteurs. Les lecteurs sont invités à les examiner avec l’esprit de libre arbitre prôné par le Bouddha dans le Kalamma Sutta.

« Le bonheur ne se trouve pas avec effort et volonté,

Mais réside là, tout près, dans la détente et l’abandon.

Ne t’inquiète pas, il n’y a rien à faire.

Tout ce qui s’élève dans l’esprit n’a aucune importance

Parce que dépourvu de toute réalité.

Ne t’attache pas aux pensées, ne les juge pas,

Laisse le jeu de l’esprit se faire tout seul,

S’élever et retomber sans rien changer,

Et tout s’évanouit et recommence à nouveau, sans cesse,

Seule cette recherche du bonheur nous empêche de le voir.

C’est comme un arc-en-ciel qu’on poursuit, sans jamais le rattraper,

Parce qu’il n’existe pas, parce qu’il a toujours été là

Et parce qu’il t’accompagne à chaque instant.

Ne crois pas à la réalité des expériences bonnes ou mauvaises,

Elles sont semblables aux arcs-en-ciel.

A vouloir saisir l’insaisissable, on s’épuise en vain.

Dès lors qu’on relâche cette saisie,

L’espace est là, ouvert, hospitalier et confortable.

Alors profites-en. Ne cherche plus. Tout est déjà tien.

A quoi bon aller traquer dans la jungle inextricable l’éléphant

Qui demeure tranquillement à la maison.

Rien à faire,

Rien à forcer,

Rien à vouloir,

Et tout s’accomplit spontanément… »

Lama Gendun Rinpoché

« Si vous apprenez à calmer le mental, vous commencez à ressentir une qualité de présence consciente qui est ferme, stable et continue. Elle est simplement basée sur la connaissance de ce qui est et la vigilance, non sur des concepts, des idées, des opinions et des émotions qui ne font que passer. Vous commencez à réaliser que les choses sont ainsi. Ce sentiment de connaissance correspond à ce que l’on décrit parfois comme « êtreté » ou « ainséité » et il est basé dans l’instant présent, tel qu’il est maintenant. Voyez ce qui se passe dans votre esprit quand je dis : « C’est ainsi que sont les choses maintenant. » Je ne vous dis pas ce que vous devriez ressentir ; je n’indique ni un objet précis ni rien du tout, je ne décris aucune expérience. Je dis seulement : « C’est ainsi que sont les choses maintenant » – l’ainséité : ce qui est maintenant. Quand j’ai cette pensée, mon esprit s’ouvre, je me sens davantage dans l’instant présent, réceptif à ce qui se passe au lieu de chercher un objet auquel attacher mon esprit. Je n’essaye pas de décrire l’instant, simplement de m’y ouvrir. Alors le mental peut se désemplir, (…) et l’esprit s’ouvre. C’est ainsi. Avec cette présence consciente, nous pouvons réfléchir à ce qui est en ce moment : il y a la respiration, il y a un corps ici, il y a des sensations dans ce corps. Et il y a le silence. Le moment est maintenant et le lieu est ici – voilà ce qui est.

Quand nous étudions de plus près ce qui est, plutôt que d’utiliser des concepts et des théories, nous utilisons notre capacité à percevoir de façon à aller au-delà de la perception et jusqu’à la présence consciente. Pour la plupart d’entre nous, l’esprit n’est pas formé à faire cela. Normalement nous sommes formés pour fonctionner à partir d’idées toutes faites, de théories et d’opinions arrêtées. Par exemple, si vous croyez en Dieu, vous partez du principe qu’il existe un Dieu créateur qui nous a faits et de là vont s’ensuivre toutes sortes de conjectures. Ce n’est pas qu’une telle doctrine soit erronée mais, si nous partons d’une conjecture, nous ne faisons jamais réellement l’expérience des choses telles qu’elles sont et nous n’en obtenons pas la connaissance. Nous nous contentons de croire et d’accepter ce que les autres nous disent.

Quand le Bouddha a enseigné les Quatre Nobles Vérités, il enseignait aux êtres humains à ouvrir leur esprit. Il nous aidait à être conscient des fonctionnements de la nature, non au moyen de théories scientifiques ou psychologiques ni d’une vision philosophique mais grâce à une attention soutenue à ce qui est. Nous utilisons ce dont nous disposons. Nous n’essayons pas de créer des idées et des théories intéressantes sur ce qui est ; nous observons les choses à partir des situations les plus simples que nous considérons généralement comme allant de soi.

L’esprit fabrique nombre de théories intéressantes. Nous parlons par exemple des différences entre les sexes : les hommes sont comme ceci, les femmes sont comme cela. Nous avons l’habitude de nous exprimer en termes conceptuels mais, en réalité, ces différences sont basées sur des éléments qui changent, qui ne sont ni figés ni permanents. Même si notre corps est masculin ou féminin, ces particularités varient en fonction de toutes sortes d’autres facteurs. Si nous ne faisons pas cas de l’interdépendance des conditions, nous nous figeons dans des attitudes d’homme, de femmes, d’Anglais ou d’Américains, comme s’il s’agissait là de vérités ultimes. Ce que nous voyons là ne sont que des réalités conventionnelles mais nous pouvons passer notre vie entière à fonctionner en préjugeant que ces choses sont réelles. Les gens parlent des « réalités du monde » mais les réalités dont ils parlent ne sont pas réelles, ce ne sont que des apparences adoptées par convention. C’est la façon dont les choses semblent être en fonction de la manière dont nous avons été conditionnées à les percevoir. »

Ajahn Sumedho, L’esprit et la Voie, Sully, Vannes 2007, p. 90-91

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