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[Le jeune Meghiya ] se leva de son siège, salua le Bhagava et (…) partit

pour le bois de manguiers. À son arrivée, il  (…) s’assit sous un arbre

pour [méditer]. Mais alors qu’il séjournait dans ce bois de manguiers,

trois types de pensées mauvaises (…) l’assaillirent : des pensées

de sensualité, des pensées de malveillance et des pensées de violence.

Alors il pensa : « C’est vraiment étrange et étonnant.

J’ai quitté mon foyer pour la vie sans foyer par conviction,

et pourtant je suis harcelé par ces trois types de pensées mauvaises (…) :

des pensées de sensualité, des pensées de malveillance et des pensées

de violence. Il alla voir le Bhagava et, l’ayant salué, il lui raconta

ce qui s’était produit.

 

Meghya Sutta (Anguttara Nikaya 9.3)

http://www.ipitaka.fr/sutta/anguttara/09/an09-003.html

 

« En méditation, nous permettons aux choses que nous avons évitées ou rejetées de prendre une forme consciente. Pour y parvenir, nous devons développer metta, cette attitude de patience et de bonté, envers nos peurs et nos doutes refoulés comme envers notre colère intérieure.

Jusqu’à mon ordination, je m’imaginais être quelqu’un doté d’une bonne nature, qui se mettait rarement en colère et ne haïssait personne. Mais après, quand j’ai commencé à méditer, j’ai vu émerger en moi une haine terrible envers tout le monde. J’ai même pensé que cette méditation était en train de me transformer en monstre. J’avais cru qu’aller méditer seul dans la jungle allait me rendre parfaitement calme, que j’allais pouvoir communiquer avec des êtres célestes et demeurer dans un état élevé de béatitude et, au lieu de cela, mes deux premiers mois de noviciat ne furent que pure aversion. Je détestais toutes les personnes auxquelles je pensais. Je détestais même les personnes que j’aimais et je me détestais moi-même.

J’ai commencé à prendre conscience qu’il s’agissait là d’un aspect de moi qui avait été refoulé, expulsé de ma conscience par l’image idéale de moi à laquelle j’avais essayé de m’agripper. Je n’avais jamais permis à un véritable sentiment de haine, d’aversion, de déception ou de désespoir d’être pleinement conscient. J’y avais toujours réagi par le refoulement. Avant mon ordination, je ressentais une grande lassitude doublée de désespoir par rapport aux situations sociales, car je n’avais vécu qu’au niveau des sourires et des salutations de convenance. Je m’étais bien débrouillé, socialement parlant, mais de manière superficielle, de sorte que je n’avais jamais permis aux peurs et aux doutes de prendre une forme consciente. En méditation, par contre, il m’était impossible de les retenir plus longtemps et tous ces sentiments refoulés ont commencé à émerger au niveau du conscient.

Bien entendu, il y avait beaucoup de résistance au début car c’est ainsi que j’avais toujours géré ces situations : « Comment vais-je bien pouvoir faire pour m’en débarrasser ? Comment les arrêter ? Oh ! Je ne devrais pas avoir ce genre de sentiments ; c’est répugnant ! Après tout ce qu’ils ont fait pour moi, c’est terrible de les détester encore ! » Je me haïssais moi-même d’éprouver cela. Mais, au lieu d’essayer d’arrêter ce flot, j’ai dû apprendre à l’accepter et ce n’est que par l’acceptation que l’esprit a été capable de dépasser cette espèce de catharsis dans laquelle toute la négativité s’est manifestée… puis s’est envolée. »

 

Ajahn Sumedho, L’esprit et la Voie, Sully, Vannes 2007, p. 61

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