« Si vous vous efforcez d’observer les préceptes, ce n’est pas la véritable observation des préceptes. Observer les préceptes sans intention d’observer les préceptes, c’est la véritable observation des préceptes. Notre nature la plus profonde peut nous aider. Quand nous comprenons les préceptes comme une expression de notre nature la plus profonde, c’est la Voie comme c’est. Alors, il n’y a plus de préceptes. Quand nous observons notre nature la plus intime, aucun précepte n’est nécessaire, donc nous n’en observons pas. Mais nous avons aussi la nature contraire qui nous pousse à observer nos préceptes : nous sentons que la nécessité de les observer nous aidera. Quand nous comprenons les préceptes en ce sens négatif, celui d’une interdiction, il faut aussi y voir l’épanouissement de notre vraie nature. Nous avons donc deux options dans l’observation des préceptes, l’une négative et l’autre positive. Par ailleurs, quand nous avons le sentiment qu’il nous est impossible d’observer tous les préceptes, nous pouvons choisir ceux avec lesquels nous estimons pouvoir travailler.

Les préceptes ne sont pas des règles édictées par quelqu’un. Comme notre vie est l’expression de notre vraie nature, si cette expression est inappropriée, le Bouddha nous dit que ce n’est pas la Voie. Alors, nous prenons les préceptes. Ce qui est premier, c’est l’événement ou le fait, et non les règles. Il appartient donc à la nature des préceptes que nous ayons la possibilité de les choisir. Si vous empruntez une direction, vous prendrez certains préceptes et, si vous en suivez une autre, vous en choisirez d’autres. Il vous revient de décider quel chemin emprunter. »

Shunryu Suzuki, Libre de soi, libre de tout, Seuil, Paris 2011, p. 112-113

Les textes proposés sur le blog de Shikantaza expriment avant tout l’opinion de leurs auteurs. Les lecteurs sont invités à les examiner avec l’esprit de libre arbitre prôné par le Bouddha dans le Kalama Sutta.