«La véritable compassion doit être libre des entraves de l’attachement (…). La condition préalable à une compassion sincère est d’avoir un sentiment d’équanimité à l’égard de tous les êtres sensibles.

Notre état d’esprit ordinaire est fortement entaché de partialité. Nous sommes distants vis-à-vis des personnes que nous jugeons inamicales ou hostiles, et nous éprouvons un sentiment disproportionné de proximité ou d’attachement envers ceux que nous considérons comme nos amis. Nous voyons bien combien notre réaction émotionnelle envers autrui est fluctuante et partiale. Tant que nous n’avons pas dominé ces préjugés, nous n’avons aucune possibilité de développer une authentique compassion. Quand bien même nous serions capables de ressentir une certaine compassion à l’égard d’autrui, elle restera entachée de partialité tant qu’elle n’est pas fondée sur une profonde équanimité, car il s’y mêle de l’attachement.

(…)

Si vous examinez attentivement la nature de la compassion, vous constaterez (…) que la véritable compassion peut s’étendre à vos ennemis – ceux qui vous semblent hostiles. En revanche, la compassion mêlée d’attachement ne peut rayonner sur quelqu’un que vous considérez comme un ennemi.»

Dalaï-Lama, Le Dalaï-Lama parle de Jésus, Éditions J’ai lu, Paris 1998, p. 115-117

Les textes proposés sur le blog de Shikantaza expriment avant tout l’opinion de leurs auteurs. Les lecteurs sont invités à les examiner avec l’esprit de libre arbitre prôné par le Bouddha dans le Kalama Sutta.