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« Je pense qu’entre les traditions chrétienne et bouddhiste, il existe une convergence exceptionnelle et un potentiel d’enrichissement mutuel par le dialogue, surtout dans les domaines de l’éthique et de la pratique spirituelle – ainsi des pratique de la compassion, de l’amour, de la méditation et du progrès dans la tolérance. Je pense aussi que ce dialogue peut aller très loin et atteindre un niveau très profond de compréhension. Quant au dialogue philosophique ou métaphysique, je pense que nous devons nous séparer. Toute la conception bouddhique du monde repose sur une position philosophique centrée sur le principe de l’interdépendance, selon lequel toute chose ou événement est un pur produit d’interactions entre des causes et des conditions. Il est quasiment impossible, dans cette vision du monde, de faire une place à une vérité atemporelle, éternelle et absolue. Il n’est pas possible non plus d’y intégrer le concept de Création divine. Réciproquement, pour un chrétien dont toute la conception métaphysique du monde est fondée sur la croyance en la Création et en un Créateur divin, il est impossible d’accommoder l’idée que toute chose ou événement naît de la simple interaction de causes et de conditions. Ainsi, au plan métaphysique, à partir d’un certain point le dialogue devient problématique et les deux traditions divergent. »

(…)

Alors qu’en métaphysique les points de vue chrétiens et bouddhistes sont si éloignés l’un de l’autre, ils peuvent l’un et l’autre contribuer à créer des êtres humains également bons, spirituellement matures et éthiquement sains. Ces différences, par conséquent, ne doivent pas nous diviser. »

Dalaï-Lama, Le Dalaï-Lama parle de Jésus, Éditions J’ai lu, Paris 1998, p. 135-137

Les textes proposés sur le blog de Shikantaza expriment avant tout l’opinion de leurs auteurs. Les lecteurs sont invités à les examiner avec l’esprit de libre arbitre prôné par le Bouddha dans le Kalama Sutta.

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«Question : Certains disent (…) que l’esprit est par nature éternel. Cela veut dire en substance que bien que votre corps, en tant qu’il est né, soit condamné à disparaître, il en va tout autrement de votre essence spirituelle. Si vous comprenez que votre corps renferme une essence spirituelle non soumise à la naissance et à la mort, vous faites de celle-ci votre nature foncière. Ainsi, le corps n’est qu’une forme éphémère, il meurt ici pour renaître là, indéfiniment. L’esprit par contre est éternel, immuable dans le passé, le présent et le futur. (…) Cet enseignement correspond-il vraiment aux paroles des Buddhas et des patriarches?

 Réponse: la vue que vous venez d’exposer n’a absolument rien à voir avec la loi bouddhique. C’est la vue de l’hérésie Senika. Selon cette vue, (…) lorsque le corps disparaît, (la) nature spirituelle, se dépouillant [de son enveloppe corporelle], renaît autre part. (…) Elle est donc dite immortelle et permanente. Telle est cette vue hérétique.

Ainsi donc, étudier cette vue en la faisant passer pour la Loi bouddhique est plus absurde que de prendre des morceaux de tuile ou des cailloux pour un trésor. L’indignité qui résulte de cette erreur stupide n’a pas d’équivalent. C’est contre elle que le maître dynastique chinois Huizhong mettait fortement en garde ses disciples. N’est-il pas absurde d’assimiler à la Loi profonde des Bouddhas cette vue perverse selon laquelle l’esprit est permanent tandis que les caractères spécifiques périssent? (…) Sachez que ce n’est là que la vue fausse de l’hérésie Senika, et abstenez-vous d’y prêter l’oreille.»

Dôgen, Bendôwa (« Propos sur le discernement de la Voie »), in:

Bernard Faure, Dôgen, La vision immédiate, Le Mail, 1987, pp. 95-96

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Vendredi 29 avril 2011 à 19 heures

«Le bouddhisme, une spiritualité laïque?» par Michel DEPREAY à la Maison de la Laïcité, 43, rue du Fief à Pâturages

Un «bouddhisme occidental» peut-il contribuer à l’émergence en Occident d’une spiritualité sans croyance ?
Partant de la définition des termes «religion» et «spiritualité» donnée par le Dalaï Lama, le conférencier tentera de préciser la place de notions telles que «vérité», «libre examen», «raison», «intuition» dans un cadre bouddhiste.
Le conférencier se propose de voir avec le public dans quelle mesure une telle approche peut entrer en dialogue avec le souci d’une «spiritualité sans Dieu» à laquelle André Comte-Sponville a consacré un ouvrage en 2006.

Entrée libre

M
usée royal de Mariemont



Journée du bouddhisme

8 mai 2011

Cette journée débutera dans le parc du Domaine par l’inauguration officielle de la statue monumentale du Bouddha Amida récemment restaurée et se poursuivra dans l’auditorium du Musée par des projections, des conférences et des rencontres. Le programme complet de la journée est disponible sur notre site Internet.

Nous nous permettons d’attirer votre attention sur cette manifestation qui, au-delà de son aspect festif, permettra d’aborder des thèmes d’actualité comme celui de la place du bouddhisme dans notre société. Tous ceux qui s’intéressent au bouddhisme, à son histoire et à son rayonnement en Occident sont les bienvenus. Aucune connaissance préalable n’est nécessaire pour participer aux activités !

La journée du 8 mai sera aussi le point de départ de « Rencontres bouddhiques » semestrielles  à Mariemont dont le programme 2011 – 2012 sera alors disponible.

Un dossier pédagogique sur le bouddhisme sera disponible en format PDF sur le site Internet du Musée à partir de fin avril 2011.

Pour en savoir plus…





«On voit avec le Mahâyâna apparaître un nouvel idéal, celui du Bodhisattva, pratiquant qui cherche à obtenir l’éveil ou qui l’a déjà trouvé. Le but ultime du bouddhisme, l’éveil, n’implique plus, comme auparavant le nirvâna, que l’on se retire du monde des sens – au contraire. Le terme Bodhisattva a donc subi un glissement de sens, puisqu’il ne signifie plus simplement un futur Bouddha, par exemple Sâkyamuni dans ses vies antérieures ou Maitreya maintenant, mais bien un être d’ores et déjà éveillé, mais vivant en ce monde (ou dans d’autres).

L’idéal du Bodhisattva est venu concurrencer celui de l’Ahrat : on passe ainsi de l’ascète hors du monde au saint dans le monde. Ce nouvel idéal implique évidemment une critique de l’ancien. A en croire les tenants du Mahâyâna, l’Ahrat ne pratiquait que pour lui-même, pour atteindre le nirvâna le plus rapidement possible; tandis que le Bodhisattva, dans sa grande compassion, n’aspire à devenir Bouddha que pour pouvoir guider tous les êtres vers l’éveil et refuse le salut s’il n’est qu’individuel. On insiste maintenant non plus sur une sorte de sainteté passive, marquée par le renoncement, mais sur des vertus actives (les Six Perfections: le don, la patience, l’énergie, la moralité, la concentration, la sagesse) plus adaptées aux besoins des individus ordinaires. Du coup, la « carrière » de Bodhisattva n’est plus limitée aux moines, mais ouverte aux laïcs, hommes et femmes. Le but ultime, lui aussi, s’est modifié : ce n’est plus la sainteté débouchant sur le nirvâna, mais l’éveil suprême et parfait qui permet d’œuvrer en ce monde pour le salut de tous.

Selon certains textes Mahâyâna comme le Sûtra du Lotus, le chemin du Bodhisattva est le seul chemin véritable: tous les autres ne sont que des expédients, de pieux mensonges pour aider les êtres à prendre conscience de cette réalité unique. Il n’y a donc qu’un seul « véhicule », le Grand Véhicule: tous les autres ne sont qu’illusion. Il y a deux temps forts dans la « carrière » d’un Bodhisattva: la production initiale de l’esprit d’éveil (bodhicitta) et l’obtention finale de l’éveil suprême. Bien que ces deux moments puissent être séparés par un intervalle de temps parfois fort long (à l’échelle de nombreuses vies), le moment final est déjà contenu dans le moment initial. Ce dernier est donc extrêmement important, puisque c’est alors que le croyant fait vœu, non seulement d’atteindre l’éveil, mais de retarder cet éveil jusqu’à ce que tous les êtres soient sauvés. C’est cet esprit de compassion qui va le porter dans toute sa pratique, aplanissant toutes les difficultés.»

Bernard Faure, Le Bouddhisme, Dominos / Flammarion, 1996, pp. 36-37

Cf. aussi entrée THERAVÂDA / MAHÂYÂNA !

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