« On connaît cette expérience scientifique où on plonge un poisson dans un aquarium en lui permettant d’abord de le parcourir de long en large. Puis on le retire et on place au milieu de l’espace un panneau transparent, de manière à le couper en deux parties. On replonge le poisson dans l’une des parties. Il tente de nager vers l’autre bout, qu’il voit de loin, mais n’y parvient plus, se heurtant à la plaque verticale. Il persiste encore un certain temps à essayer, mais se cogne chaque fois. Probablement découragé, il finit par rester d’un seul côté de l’aquarium. On le retire à nouveau ; et on retire aussi le panneau. Puis on replonge le poisson là où il était. Désormais, il y restera, sans plus tenter de rejoindre l’autre côté. »

Yves Wellens, D’outre-Belgique, Le grand miroir, Bruxelles, 2007, p. 105

« Puissé-je demeurer dans le cœur ouvert

Puissé-je être conscient de ce qui obscurcit le cœur

Puissé-je m’éveiller à l’instant présent tel qu’il est

Puisse le cœur ouvert s’étendre à tous les êtres vivants »


Étroit, limité, compartimenté, replié sur lui-même, compliqué

ou, au contraire,

serein, libéré, vaste, illimité :

dans la méditation, nous faisons l’expérience de ces deux états de l’esprit,

tantôt ouvert, tantôt fermé.

Les deux textes ci-dessus évoquent l’un et l’autre de ces états. Le premier n’a rien de bouddhiste. Le deuxième serait d’origine tibétaine. Tous deux nous renvoient à notre pratique de méditation. Leur confrontation nous invite à ne pas laisser l’esprit s’enferrer dans les compartiments étriqués du mental.

Les textes proposés sur le blog de Shikantaza expriment avant tout l’opinion de leurs auteurs. Les lecteurs sont invités à les examiner avec l’esprit de libre arbitre prôné par le Bouddha dans le Kalama Sutta.