« Comme on le sait, le zen a exercé une profonde influence sur l’art, surtout au Japon, qu’il s’agisse de la peinture, de la calligraphie, de la poésie, du théâtre Nô, de la réunion de thé, de l’arrangement des fleurs, du jardin zen, etc. L’art tel qu’il est conçu selon l’esprit du zen n’est ni décor ni agrément de la vie, ni représentation du réel, ni expression de soi, mais il doit être l’expression même de la Vision de l’Éveillé, c’est-à-dire, la Vision de la vision. Comme le « rêve », l’art ne figure ni dans la sphère du doute ni dans le champ de l’observation. Les œuvres d’art n’appartiennent ni au domaine du vrai ni du faux, ni du réel ni de l’irréel, ni de l’être ni du ne-pas-être. L’art est un lieu par excellence de l’expression du non-dualisme ; il outrepasse les frontières entre le moi et les autres, l’universel et le particulier, l’esprit et la matière, le visible et l’invisible, le dicible et l’indicible, etc. »

Yoko Orimo, L’expérience esthétique et l’avènement du non-moi, in : Shôbôgenzô, Traduction intégrale, Tome 2, Sully, Vannes 2006, p. 263

Les textes proposés sur le blog de Shikantaza expriment avant tout l’opinion de leurs auteurs. Les lecteurs sont invités à les examiner avec l’esprit de libre arbitre prôné par le Bouddha dans le Kalama Sutta.