C’est salutaire, les retraites. Comme un grand nettoyage de printemps pour le corps et l’esprit. Ma dernière «sesshin» remontait au mois de juillet dernier, et ses bienfaits n’étaient déjà plus, pour la plupart (mais pas pour l’essentiel!), qu’un lointain souvenir.

Celle du week-end dernier a eu lieu à l’Abbaye de Maredret, dont les vieilles pierres et l’environnement verdoyant offrent un cadre propice au recueillement.

Une sesshin, c’est l’occasion de se retrouver, avec et face à soi-même. Et cette rencontre n’est jamais anodine. Souvent, elle est pour moi synonyme de «résistances» qui lâchent, la fatigue et l’accumulation des zazens aidant. Je me retrouve alors avec le corps et l’esprit nettoyés de toutes leurs tensions, comme lavés par une pluie bienfaisante. Cela se fait tantôt dans la douleur, dans la colère et dans les larmes de rage, et tantôt dans la douceur, avec une joie profonde et le sentiment d’entrer – enfin? – en contact avec ma vraie nature, mon vrai «moi».

Cette fois, au bout de tant de mois passés à courir après le temps et après je-ne-sais-quoi d’autre, les larmes de rage étaient au rendez-vous. La joie profonde aussi. Joie du calme retrouvé après la tempête intérieure. Joie de ces moments de partage avec mes compagnons de zendo, que j’apprends à mieux connaître à travers le silence. C’est fou ce qu’on entend mieux dans le silence. On entend les regards, les sourires.

Il y a l’enseignement, aussi, toujours plus intensif et mieux reçu pendant les retraites. Ce week-end, il portait sur les Quatre Nobles Vérités, concept fondamental du bouddhisme pourtant trop souvent négligé ou banalisé. Or, s’il y a bien une chose qui guide nos actes, ce sont elles. De même qu’elles constituent la pierre angulaire de notre pratique. Mais j’espère pouvoir revenir plus tard aux quelques réflexions que les teishos m’ont inspirées.

Enfin, pour la première fois, au cours de ce week-end, j’ai vraiment eu le sentiment de faire partie d’une «sangha», d’une communauté de pratiquants. Jusque là, je ne me rendais pas compte que j’utilisais ce mot sans en percevoir le sens profond. Être ensemble, c’est tellement plus que d’être à douze!

En conclusion : merci, les amis. Et vivement la prochaine! Là, je dois filer, la «vie» m’appelle!

Françoise

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