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« Dans le Mahayana, l’enseignant est considéré comme un « ami spirituel » qui montre la voie. Il est semblable à un médecin très compétent qui connaît le remède à notre mal-être chronique. Roland Rech, qui a longtemps présidé l’Association Zen Internationale fondée par son maître Taisen Deshimaru, et transmet l’enseignement et la pratique du zen, insiste sur l’importance de ce rôle : « Si la nécessité de suivre un maître dans la voie du bouddhisme zen n’est pas ressentie par tous, c’est qu’actuellement la tendance générale est de vouloir faire l’économie de cette démarche, ce qui constitue à mon avis une grave erreur […]. Nous avons besoin d’un miroir objectif, qui ne peut être représenté par notre propre ego trop limité par nos conditionnements. Zazen peut jouer le rôle du miroir comme le maître mais, contrairement à lui, il peut aussi être récupéré par l’ego[1]. »

Dans le Zen, une réflexion sur le fait que le maître est aussi un être humain ordinaire a été longuement développée et donne à cette fonction un relief particulièrement touchant et concret. Le maître n’est pas nécessairement un être éveillé, mais quelqu’un qui, par le chemin qu’il a accompli, peut transmettre de cœur à cœur l’esprit du Bouddha que sans lui nous ne reconnaîtrions que difficilement et sans en avoir une réelle assurance. Nous avons besoin d’un point de référence que l’ego ne peut pas manipuler, qui soit hors de ma volonté, qui échappe à mon intention, présent sous la forme d’un être vivant, réel, nous faisant face de la manière la plus concrète […].

Le rapport au maître n’est pas le moins du monde, comme on le pense souvent en Occident, un rapport de soumission aveugle […]. Tout au contraire, dans la tradition bouddhiste le maître nous rend libres de nos conditionnements habituels :

Puisque la pure conscience de l’instant présent est le véritable Bouddha,

Par l’ouverture et le contentement, j’ai trouvé le lama[2] en mon cœur.

Lorsque nous réalisons que cet esprit naturel et sans limites est la nature même du lama,

Il n’est plus besoin de lamentations, de prières avides et tenaces ni de plaintes artificielles.

En nous détendant simplement dans cet état inaltéré, ouvert et naturel,

Nous recevons la grâce où tout ce qui s’élève se libère sans objet [3].

Le maître est, comme le montre ce texte, la dimension non conceptuelle et ouverte de la réalité ; sa présence physique n’est là que pour nous le rendre plus sensible. Notre amour pour lui n’est que l’expression de notre amour pour l’Éveil. Développer notre esprit pour lui, c’est intensifier notre amour pour une ouverture non obstruée de l’ego – et tel est le sens de la dévotion.

Au sens courant, comme l’écrit Chögyam Trungpa : « celui qui éprouve de la dévotion se sent peu sûr de lui, pas suffisamment entier et ferme. Il a le sentiment de manquer de quelque chose, et c’est pourquoi il a de la dévotion envers quelqu’un ou quelque chose d’autre[4]. » Un tel culte introduit une séparation inutile avec ce que nous sommes. La dévotion au sens bouddhiste n’a pas du tout ce sens. L’admiration que nous avons pour le maître nous fait partager, sur-le-champ, sa vision. M’ouvrir à lui, c’est m’ouvrir au monde. L’admiration que nous éprouvons pour lui ne prend sens qu’en tant qu’expérience du non-ego qui conduit à ne plus distinguer le guru de soi-même. »

Fabrice Midal, Quel bouddhisme pour l’Occident, Paris, Éditions du Seuil, 2006, p. 384-387


[1] Roland Rech, Moine zen en Occident, Paris, Albin Michel, 1994, p. 26-27

[2]Lama (tibétain) correspond ici au terme de guru (sanskrit). Il était traditionnellement donné à un maître de méditation autorisé à transmettre les enseignements à des disciples. Aujourd’hui il n’est plus souvent qu’une dénomination conventionnelle adressée à un simple pratiquant ou enseignant.

[3] Dudjom Rinpoché, dans Sogyal Rinpoché, Le Livre tibétain de la vie et de la mort, Paris, La Table ronde, 1993, p. 74.

[4] Chögyam Trungpa, Le cœur du sujet, trad. Stéphane Bédard, Paris, Éd. Du Seuil, 1993, p.88

Les textes proposés sur le blog de Shikantaza expriment avant tout l’opinion de leurs auteurs. Les lecteurs sont invités à les examiner avec l’esprit de libre arbitre prôné par le Bouddha dans le Kalama Sutta.

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« L’accent est mis [dans le bouddhisme Theravada] sur la voie individuelle vers la libération. » Combien de temps devrons-nous entendre encore cette erreur grossière concernant le Theravada ? Dans les textes les plus anciens, on peut lire que la voie vise toujours à la fois le bonheur personnel et le bonheur d’autrui.

Edel Maex, secrétaire général de l’Union Bouddhique Belge, dans une lettre, non éditée, adressée à l’auteur d’un article sur le bouddhisme paru dans la revue flamande Kerk en Leven

Les textes proposés sur le blog de Shikantaza expriment avant tout l’opinion de leurs auteurs. Les lecteurs sont invités à les examiner avec l’esprit de libre arbitre prôné par le Bouddha dans le Kalama Sutta.

Un pratiquant du Centre nous communique cette initiative intéressante, que nous relayons bien volontiers.

« En collaboration avec les Amis de la Terre, ainsi que la Chaire Hoover d’éthique économique et sociale et la Maison de l’Ecologie, L’ASBL TETRA organise un FORUM sur la SIMPLICITE VOLONTAIRE.

Cheminer vers plus de cohérence, c’est vouloir que nos actes, comportements et modes de vie correspondent à nos valeurs. C’est espérer que notre richesse intérieure puisse se traduise à l’extérieur, et c’est chercher des moyens de convertir notre désir de changement intérieur en des mutations visibles et bénéfiques. Quand nous entamons un travail sur nous-mêmes, nous espérons qu’il aura un impact dans notre vie quotidienne, dans nos relations aux autres. Inversement, les changements que nous opérons dans notre environnement et dans nos habitudes visent souvent à trouver un meilleur équilibre intérieur. De nombreuses sagesses suggèrent que l’une des marques extérieures de notre avancement personnel est la capacité à vivre avec moins : la simplicité. Que peut nous apprendre la simplicité, et en quoi peut-elle être liée à une démarche de spiritualité ou de développement personnel ? En quoi la « vie simple » est-elle importante aujourd’hui pour chacun de nous, mais également pour la collectivité et pour la planète ? Car comme le disait si bien Gandhi, se changer soi peut avoir des conséquences plus grandes que notre seul bien-être individuel. Mais sommes-nous prêts à traduire à l’extérieur ces changements intérieurs et à adapter en conséquence nos modes de vie ? Quelles sont les illusions, les compromissions à éviter sur le chemin du changement intérieur de « simplification » ? Entre témérité et saine prudence, entre enthousiasme et indispensable discernement, ce forum proposera à la fois des réflexions de fond et des orientations concrètes pour nous mettre sur la voie du changement.

Date : 27/2/2010
Horaires : 9h 30 – 18h 30
Lieu : UCL – Auditoires Montesquieu, Rue Montesquieu, 32, 1348 Louvain-la-Neuve

Prix : entre 15 et 30€ en fonction de vos moyens

Renseignements et réservations : Tetra asbl Tel : 02-771.28.81 info@tetra-asbl.be

Programme :

CONFERENCES PLENIERES (9h 30 – 12h 30) – Introduction : Thierry Verhelst (modérateur) – Thomas d’Ansembourg : Monde nouveau, Conscience nouvelle – Marc Halévy : Quatre vertus vers la simplicité – Christian Arnsperger : Comment concilier développement personnel et justice sociale ?

EXPOSES/TEMOIGNAGES (14h – 14h 45) – Emeline De Bouver (UCL Chaire Hoover) – Isabelle Cassiers (UCL) – Eric Furnémont (Architecte-Philosophe) – Ezio Gandin (Amis de la Terre) – Charlotte Luyckx (UCL) – Patrick Olczyk (Amis de la Terre) – Veronika Paenhuyzen (Amis de la Terre) – Pierre Pradervand (Vivre Autrement) – Marcel Roberfroid (Amis de la Terre)…

ATELIERS (15h – 16h 30) La simplicité comme chemin de vie – Les groupes de simplicité volontaire et les Villes en Transition – Résilience, responsabilité, réappropriation sur le chemin de la simplicité – La dimension spirituelle de la simplicité volontaire – simplicité volontaire, un acte subversif ? – L’objection de croissance… »

Le film réalisé pour l’Union Bouddhique Belge, intitulé «Bouddhisme en Belgique: présence et impact sociétal», est à présent visible on-line !

Pour le visionner, il vous suffit de cliquer ici ou de vous rendre sur YouTube (voir liens ci-dessous). Le film est néanmoins toujours disponible à la vente, au prix de 10€ (+ frais de port). Il sera alors accompagné d’un second DVD, consacré à la présentation des seize associations membres de l’Union Bouddhique Belge.

Pour commander ce double DVD, vous pouvez vous adresser à l’Union Bouddhique Belge, en indiquant vos coordonnées et le nombre d’exemplaire désiré.

Le Bouddhisme en Belgique : présence et impact sociétal 1/6

Le Bouddhisme en Belgique : présence et impact sociétal 2/6

Le Bouddhisme en Belgique : présence et impact sociétal 3/6

Le Bouddhisme en Belgique : présence et impact sociétal 4/6

Le Bouddhisme en Belgique : présence et impact sociétal 5/6

Le Bouddhisme en Belgique : présence et impact sociétal 6/6

Pour rappel, l’ouvrage «Le bouddhisme en Belgique: Actes des premiers États-Généraux de l’Union Bouddhique Belge» est lui aussi toujours disponible, en français et en néerlandais, auprès de l’Union Bouddhique Belge, au prix de 7 €.

À la demande de plusieurs pratiquants du Centre, nous avons décidé d’organiser une retraite de week-end. Celle-ci aura lieu à l’Abbaye de Maredret (près de Maredsous, plan) du vendredi 19 mars au soir au dimanche 21 mars après-midi.

Vous trouverez le « programme » provisoire de cette retraite ci-dessous.

La matinée de zazen du samedi 13 mars au Centre est néanmoins maintenue.

Pour tout renseignement, contactez-nous à l’adresse info[@]shikantaza.be.

Horaire Sesshin Maredret

Vendredi

17h00 – 18h00 Arrivée et installation

18h30 – 19h00 Introduction à la sesshin

19h00               Dîner

20h30 – 21h00 Zazen

Samedi

07h30 – 8h00 Zazen (facultatif)

08h05 – 8h15 Cérémonie (facultatif)

08h15 Déjeuner

09h15 – 09h50 Zazen

09h50 – 10h00 Kin hin

10h00 – 10h35 Zazen

10h40 Pause Café – Thé

11h15 – 11h50 Zazen

11h55 – 12h30 Teisho (enseignement)

13h00 Déjeuner

15h00 – 15h35 Zazen

15h35 – 15h45 Kin hin

15h45 – 16h30 Teisho

16h35 Pause Café – thé

17h10 – 17h45 zazen

17h45 – 17h55 kin hin

17h55 – 18h30 zazen

19h00 Dîner

20h30 – 21h00 zazen

Dimanche

07h30 – 8h00 Zazen (facultatif)

08h05 – 8h15 Cérémonie (facultatif)

08h15 Déjeuner

09h15 – 09h50 Zazen

09h50 – 10h00 Kin hin

10h00 – 10h35 Zazen

10h40 Pause Café – Thé

11h15 – 11h50 Zazen

11h55 – 12h30 Teisho (enseignement)

13h00 Déjeuner

14h30 – 15h05 Teisho

15h05 – 15h15 Kin hin

15h15 – 15h45 Zazen

16h00 Café – thé?


ation

18h30 – 19h00 Introduction à la sesshin

19h00               Dîner

20h30 – 21h00 Zazen

Samedi

07h30 – 8h00 Zazen (facultatif)

08h05 – 8h15 Cérémonie (facultatif)

08h15 Déjeuner

09h15 – 09h50 Zazen

09h50 – 10h00 Kin hin

10h00 – 10h35 Zazen

10h40 Pause Café – Thé

11h15 – 11h50 Zazen

11h55 – 12h30 Teisho (enseignement)

13h00 Déjeuner

15h00 – 15h35 Zazen

15h35 – 15h45 Kin hin

15h45 – 16h30 Teisho

16h35 Pause Café – thé

17h10 – 17h45 zazen

17h45 – 17h55 kin hin

17h55 – 18h30 zazen

19h00 Dîner

20h30 – 21h00 zazen

Dimanche

07h30 – 8h00 Zazen (facultatif)

08h05 – 8h15 Cérémonie (facultatif)

08h15 Déjeuner

09h15 – 09h50 Zazen

09h50 – 10h00 Kin hin

10h00 – 10h35 Zazen

10h40 Pause Café – Thé

11h15 – 11h50 Zazen

11h55 – 12h30 Teisho (enseignement)

13h00 Déjeuner

14h30 – 15h05 Teisho

15h05 – 15h15 Kin hin

15h15 – 15h45 Zazen

16h00 Café – thé?

Update

Le coût total du séjour est de 65 EUR, qui seront à verser sur le compte de l’ASBL Shikantaza. Notez que la location des draps de lit n’est pas comprise dans le prix de la pension (+ 7,5 EUR, à payer sur place le cas échéant).

Il est possible de s’inscrire jusqu’à une semaine avant la retraite, sous réserve que des chambres soient encore disponibles à ce moment.

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