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« Les récents propos de Mgr Léonard sur l’homosexualité ont fait beaucoup de bruit ces derniers jours. En tant que bouddhistes, nous avons assisté à ces passes d’armes avec étonnement. Mais de quoi, bon dieu, est-il question ici ?

Il n’est pas rare que l’on nous demande le point du vue du bouddhisme sur le sujet. Et nous sommes alors amenés à décevoir notre auditoire. Le bouddhisme, par essence rétif aux « points de vue », n’a pas de point de vue sur la question…

Cela voudrait-il dire que le bouddhisme n’a rien à dire sur la sexualité ? Bien sûr que non ! Mais il s’exprime de préférence de manière quelque peu plus nuancée que ce que nous avons pu lire dernièrement dans la presse.

Pour commencer, le bouddhisme ne s’intéresse pas à ce qui est permis ou pas. Nous n’avons du reste aucun être suprême ou autre critère ultime pour en décider. Ce qui préoccupe le bouddhisme, ce sont les causes de la souffrance et du bonheur.

Il est clair que la sexualité peut être un moteur important de l’une et de l’autre. Il y a malheureusement beaucoup de violence sexuelle. La presse s’en fait régulièrement l’écho, et ce n’est là que la partie émergée de l’iceberg. Mais les êtres humains peuvent aussi être parfaitement heureux dans une relation sexuelle.

Ceci n’a en soi rien à voir avec la nature homosexuelle ou hétérosexuelle de la relation. Étant moi-même psychiatre, j’ai entendu d’innombrables récits poignants d’abus sexuels cachés dans le cadre de relations parfaitement légitimes entre couples hétérosexuels mariés.

La souffrance ou le bonheur ne sont pas déterminés par la nature du désir sexuel mais par la manière dont ce désir est géré. Il n’y a rien de mal en soi dans le désir. Ce n’est que lorsque le désir devient une exigence dans le cadre de laquelle l’autre n’est plus respecté en tant que personne, lorsque l’autre doit se soumettre à mes exigences, que mon désir devient une source de souffrance.

Ne pourrions-nous donc pas cesser de nous perdre dans des questions accessoires ? Il y a suffisamment de souffrance comme cela. Et si nous faisions plutôt passer un message positif de respect et de compassion ? »

Edel Maex
psychiatre
Secrétaire-Général de l’Union Bouddhique Belge

in : La Libre Belgique, 02.02.2010

Les textes proposés sur le blog de Shikantaza expriment avant tout l’opinion de leurs auteurs. Les lecteurs sont invités à les examiner avec l’esprit de libre arbitre prôné par le Bouddha dans le Kalama Sutta.

Synopsis : Dans un temple bouddhiste en bois au milieu d’un lac, vivent un vieux maître zen et son jeune disciple. Les cinq saisons annoncées dans le titre correspondent à cinq chapitres du film où le jeune disciple a respectivement 10, 20, 30, 40 et 50 ans (approximativement). Au fil des saisons, l’élève apprend à vivre par ses erreurs et ses fuites.

Le jeudi 21 janvier prochain, à 19h30, aura lieu à la Maison de la laïcité Hypathia d’Ottignies-LLN, une rencontre avec Bhante Ananda, moine bouddhiste indien dans la tradition théravāda et vice-président de l’ONG « Mahabodhi Society » de Bangalore. La participation à cette soirée est gratuite.

Informations : http://www.olln.be/fr/soiree-rencontre-avec-un-moine-bouddhiste-indien.html?cmp_id=12&news_id=1905&vID=1

Il pourrait sembler, parce qu’elle ne se signale pas par son discours sur l’au-delà de la mort (ou si peu: le bouddhisme zen, fidèle en cela à l’attitude du Bouddha, n’aborde guère la question des renaissances) que l’école zen n’a rien à dire sur la question.

C’est évidemment faux.

La démarche des maîtres consiste davantage à poser des questions qu’à apporter des réponses. Et à nous laisser nous débrouiller avec çà… Il ne s’agit pas de cynisme. Ils nous proposent tout simplement une voie vers la sagesse qui passe non par le discours, mais par l’expérience, celle de la pratique et – bien sûr – de la méditation.

Si les réponses doivent venir de nous, les questions, souvent, viennent aussi de nous. En l’absence de réponse clé-sur-porte, ces questions deviennent nos koans personnels et nous sommes invités à les résoudre dans le cadre de la pratique.

Le maître zen ne nous encourage pas à lire 1000 traités pour trouver au bout du compte un avis qui nous éclaire. Il nous invite à nous asseoir. Les questions importantes demandent du temps.

Et la mort?

Elle garde son mystère.

Et pourtant s’il est bien une question à laquelle nous serons tôt ou tard confrontés, c’est bien celle-là.

Le mystère est là pourtant et subsistera. Le bouddhisme zen ne propose pas de réponse – me semble-t-il – mais une attitude à cultiver tant dans la manière d’aider ceux qui nous précèdent dans cette voie que dans la manière d’aborder notre propre mort.

Je vous recommande de consulter les pages en lien ci-dessous tirées du site de Kengan Denis Robert, l’auteur du livre Enseignements du maître zen Dôgen, Shôbôgenzo Zuimonki.

http://www.denshinji.fr/accompagnement.html

http://www.denshinji.fr/attitude.html

Je vous propose en conclusion ce Haiku que je trouve personnellement très beau et interpellant:

« Sans savoir pourquoi

J’aime ce monde

Où nous sommes venus pour mourir. »

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« Nous cherchons à vivre et pourtant la vie est toujours donnée. L’expérience du juste-s’asseoir nous renvoie à la dimension immédiate et présente de la vie. Tant que nous surimposons, que nous imposons quelque chose à la méditation, nous nous empêchons de réaliser sa dimension de plénitude. L’assise ne peut donc être une méditation que l’on qualifierait de thérapeutique ou même de spirituelle. Ajouter « juste » dans l’expression « juste s’asseoir, shikantaza, est une manière de briser tous les ajouts. C’est en osant laisser échapper toutes ses attentes que cette présence à soi, réelle, vivante, vivifiante, pourra surgir. Il ne s’agit même pas d’abandonner telle ou telle idée. Il s’agit réellement de s’abandonner en entier. La méditation est don pur. Le véritable don n’a aucune peur, il ne retient rien, il n’est entravé par rien. Il est amour. Il est ouverture. L’assise se réalise en tant qu’assise lorsque je m’engage totalement dans la dimension du don. « Totalement » signifie s’asseoir sans faux-semblant, sans arrière-pensée. Même les croyances sur la méditation, les espoirs devraient être abandonnés. L’intrépidité est ici requise, sinon la méditation restera morne, étouffée et l’on continuera à vivre dans le mondes de ses croyance. Il ne s’agit pas seulement de se défaire de ses attentes les plus grossières, les plus visibles, comme de vouloir soigner telle ou telle maladie, mais des attentes les plus subtiles, les plus invisibles. Celles que l’on doit finalement traquer au fond de soi pour les dépasser et se convertir au monde de la vie. »

Éric Rommeluère, Les bouddhas naissent dans le feu, Seuil, 2007, p. 90

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